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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Pour le GPS de l'armée congolaise, Kanyesheza n'est pas au Rwanda

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 17 Juin 2014, 16:10pm

Catégories : #Actualite

Selon le GPS du capitaine congolais à la tête des commandos qui se sont affrontés avec l'armée rwandaise les 11 et 12 juin, il n'y a pas doute : la colline de Kanyesheza se trouve bien en République démocratique du Congo.

Le système de localisation indique que la frontière internationale entre la RDC et le Rwanda est à un kilomètre environ de sa position. On aperçoit pourtant des soldats rwandais à l'orée du bois d'eucalyptus à cinq cents mètres et plus près encore, sur la colline voisine, même s'ils tentent de se cacher.

Ils sont revenus à la faveur des derniers combats, explique le lieutenant Barabas (un surnom), du 391e bataillon commando, formé par les Etats-Unis.

Kanyesheza n'est qu'une butte au bout du plateau de savane herbeuse de Kibaya, qui s'étend à environ 2.000 m d'altitude au pied du volcan Nyiragongo. Le village congolais le plus proche est à une petite heure de marche. A vol d'oiseau, la ville de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu se trouve à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest.

Le 10 juin à l'aube, "le chef de section a vu une compagnie rwandaise qui avançait là", à quelques dizaines de mètres, indique le lieutenant Barabas, "ils disaient que la colline leur appartient". Mais le petit effectif congolais ne se démonte pas et les soldats rwandais finissent par partir.

Echaudés par l'incident, les militaires congolais décident de placer deux hommes en poste d'observation avancé, mais toujours en territoire congolais, assurent-ils.

Le lendemain à l'aube, selon eux, l'un des deux éclaireurs est "capturé". L'autre parvient à s'enfuir et c'est alors qu'éclatent les premiers combats, à l'arme automatique.

- Anciens frères d'armes -

Après une trêve, la situation dégénère en affrontements à l'arme lourde dans l'après-midi. L'armée congolaise et des témoins accusent les Rwandais d'avoir alors ouvert le feu sur une délégation de soldats et de civils venus parlementer.

Après un nouvel et bref échange de tirs d'armes lourdes le jeudi 12 au matin, le calme est revenu et un corps, celui du soldat en poste d'observation avancé qui n'avait pas pu se replier, a été rendu à l'armée congolaise.

"On se parle de nouveau" de part et d'autre de la frontière, dit le lieutenant Barabas.

Ironie de l'histoire, les hommes qui viennent de croiser le feu, sont de vieux compagnons d'armes pour certains.

En face, il y a un adjudant rwandais, John. "Il est entré au Congo avec l'AFDL. On le connaît. On a vécu avec lui à Kinshasa, il a même épousé une Kinoise", dit le capitaine.

L'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) est le mouvement rebelle de Laurent-Désiré Kabila (père de l'actuel président de la RDC, Joseph Kabila), qui, avec l'aide du Rwanda, a chassé du pouvoir, en 1997, le dictateur Mobutu Sese Seko.

Joint au téléphone par l'AFP, l'adjudant John confirme avoir participé à la campagne de l'AFDL et vécu à Kinshasa, mais refuse de parler des derniers incidents de frontière.

Entre la RDC de Kabila et Kigali, c'est d'abord la lune de miel : le chef d'état-major de la nouvelle armée congolaise est James Kabarebe, aujourd'hui ministre de la Défense du Rwanda, et de nombreux soldats rwandais stationnent à Kinshasa.

Mais en 1998, Laurent-Désiré Kabila renvoie ses conseillers militaires rwandais. Eclate alors la deuxième guerre du Congo, qui saignera un pays déjà à bout de souffle jusqu'en 2003. Pendant le conflit, Goma et ses environs seront administrés par une milice soutenue par Kigali.

Depuis la fin de la guerre, plusieurs autres milices congolaises, à dominante tutsi et soutenues par le Rwanda, ont pris la place de l'Etat dans la région jusqu'à la chute de la dernière d'entre elles, le Mouvement du 23 Mars (M23), en novembre 2013, dont les hommes du 391e bataillon, bien équipés, occupent désormais les positions le long de la frontière.

Le capitaine congolais, qui ne veut pas donner son nom, fait écouter la conversation téléphonique qu'il a enregistrée samedi avec l'adjudant John. On se chamaille : "Ici c'est chez nous." "Non, c'est chez nous." On ne se met pas d'accord mais on finit par convenir qu'"il faut se voir et se parler comme avant."

Par Marc JOURDIER

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