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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


NSA, une histoire très secrète

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 9 Juin 2016, 11:27am

Catégories : #International, #Politique, #Economie

NSA, une histoire très secrète

Omniprésente dans l'histoire des Etats-Unis depuis les années 1950, la National Security Agency n'avait jusqu'ici pas fait l'objet d'une synthèse en français. C'est chose faite grâce à Claude Delesse, spécialiste du renseignement.

NSA, comme «No Such Agency»: «Une telle agence n'existe pas», répondaient les initiés, passés à «Nothing Sacred Anymore» («Plus rien de sacré») quand les médias en firent leurs gros titres. Mais la plus grande agence de renseignement électronique demeure le chantre du «No Say Anything» («N'en parlez pas»), quitte à redoubler de mensonges et à camoufler les chiffres de son budget comme le nombre de ses recrues, encouragées à se marier entre elles.

Créée en 1952 par une directive présidentielle secrète, la NSA a pour «père» Ralph Canine, un général quinquagénaire «coriace» que «son personnel adule». En cinq années, il développe une structure active dans la plupart des décisions de politique internationale américaine. Pour le pire, comme au Vietnam ou face à Al-Qaida, ou le meilleur, notamment lors de la crise des missiles de Cuba.

Incapable de casser les codes soviétiques malgré l'aide de spécialistes nazis, la NSA peine d'abord à justifier son existence. Le président Eisenhower, ancien commandant des forces alliées, sait néanmoins ce qu'il devait aux interceptions des messages de l'Axe. Il ordonne donc que plus de la moitié du budget du renseignement soit alloué à la NSA, toujours dirigée par un militaire et dépendante du Pentagone.

L'agence a d'emblée vocation à tout écouter. Mission impossible? Ses scientifiques et les petits génies recrutés à la sortie des universités bénéficient des avancées de Bell, IBM et consorts. Ordinateurs surpuissants, piratage et désormais intelligence artificielle accroissent les capacités des postes d'interception, navires, avions, etc. et d'une constellation de satellites espions… dont les premiers exemplaires sont dirigés sur la France gaullienne.

A l'époque, Jane Fonda, Joan Baez, Martin Luther King, Malcolm X et 1600 militants des droits civiques sont également surveillés, victimes d'une tradition née dans l'entre-deux-guerres, lorsque les télégrammes envoyés via la Western Union et ses concurrents étaient littéralement achetés par les services. En 1978, le démocrate Carter bride la NSA mais, sous Reagan et face à «l'empire du mal», les crédits affluent de nouveau.

La fin de la guerre froide et ses coupes budgétaires n'entament en rien le rêve d'une «surveillance massive».Le réseau d'espionnage planétaire Echelon, créé avec le Royaume-Uni en 1946, et symbolisé par ces haies de radômes sur de vastes terrains interdits, reste plus que jamais actif: en 1990, l'espionnage économique est érigé en«priorité nationale» par le président Bush.

Malmenée, la NSA communique, ouvre un musée, une bibliothèque, inaugure des mémoriaux… Malgré l'inefficacité des ruineux programmes de surveillance que révèle le 11 septembre 2001, la «guerre contre le terrorisme» autorise la NSA et son directeur, Keith Alexander alias «Keith le geek», à intensifier une stratégie hyper-intrusive, aidée par la révolution numérique. C'est ici qu'intervient le programme Prism, que révélera Edward Snowden.

Forte d'un budget annuel qui dépasse depuis les années 2000 les 10 milliards de dollars, connectée aux serveurs des géants américains des communications et de l'informatique, la NSA engloutit «massivement des données» pour ses analyses. En 2007, sa facture d'électricité s'élève à 60 millions de dollars… Les 40.000 recrues de cet «empire du renseignement» se répartissent entre le quartier général de Fort Meade, dans le récent Utah Data Center de 100.000 mètres carrés, où la NSA entend«ficher la population mondiale», divers centres régionaux mais aussi au sein de petites antennes permanentes ou mobiles.

Le XXIe siècle aura donc permis «la construction secrète d'un système de surveillance étatique hypertrophié et omniprésent, invisible et hors de contrôle», souligne Delesse. «Qu'adviendrait-il si l'Amérique était aux mains d'un dictateur ou d'un gouvernement militaire extrémiste?» s'interroge l'auteur. La question mérite d'être posée.

Maxime Laurent

NSA. National Security Agency,
par Claude Delesse,
Tallandier, 512 p., 23,90 euros.

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