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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


AU-DELA DE L’OBJECTION DU CARDINAL MOSENGO : C’EST UN REMODELAGE DU REGIME QUI S’IMPOSE !

Publié par Mjrrdcongo sur 10 Janvier 2011, 11:45am

211317-1-.jpgLe débat sur l’élection présidentielle à un tour a plongé l’arène politique congolaise en transe. Avec une pertinence légitime, le Cardinal Mosengo a opté pour la modalité actuelle qui assurerait une plus large légitimité au candidat victorieux. Cependant, au regard des tendances mondiales, et à la lumière de l’ingéniorat politique et donc au-delàs d’une problématique situationniste, je soutiens que la République a plutôt besoin d’un véritable remodelage du régime. A cet effet, j’explore le paradoxe des élections en Afrique et la question de l’efficacité de l’organisation du pouvoir exécutif dans sa configuration actuelle au Congo. En conclusion, je propose un regard sur le paradigme sud-africain qui fournit quelques ingrédients de solution. 1. Le Dilemme des élections couteuses et conflitogènes en Afrique Dans les années 1950 déjà, l’un des colosses académiques de la Science Politique aux USA, Seymour Martin Lipset (1959), avait théorisé la conditionnalité économique de la démocratie. Après lui, Przeworsky, et actuellement Larry Diamond, relèvent ce rapport. Les politologues marxistes eux, soulignent que la démocratie n’est, en réalité, que la superstructure du mode d’organisation de la production matérielle de type capitaliste. Si dans tous ces prismes l’accent a été placé sur la vertu des sociétés économiquement développées à générer le foisonnement intellectuel (le développement humain, selon Diamond) propice à l’enracinement de la démocratie, en Afrique ce problème se pose surtout au niveau de l’asphyxie des finances publiques par les couts des élections. Dans cette optique, la grave difficulté dans un pays comme le Congo, qui a embrassé la démocratie avec des élites au mental pre-républicain, et, plus grave, dans le contexte d’un Etat affaissé et une économie délabrée, c’est l’incapacité de financer les élections sur fonds propres. Au Congo, les opérations électorales de 2006 coutèrent plus de $500 millions, près de ¼ du budget national de cette année. Si on y intègre le cout extrapolé de l’appui logistique et sécuritaire de l’ONU, de l’EUFOR et de toute l’aide internationale collatérale, on peut atteindre les $ 1 milliard. Force est de souligner que l’ensemble des budgets de l’Etat de 2003 à 2006 (toute la transition), atteignait à peine $5 milliards (en 2003 c’était à peine $ 1 milliard !). La faiblesse de l’Etat Congolais dans cette situation apparait encore plus gravement lorsque l’on relève le fait qu’il ne finançait son budget national qu’à moitié. L’autre portion étant couverte par l’aide internationale. C’est-à-dire qu’en réalité, le montant extrapolé de $ 1 milliard est équivalant de près de 45% toutes les finances publiques propres du Congo ($2,5 milliard) de 2003 à 2006. Maintenant, les élections de 2011 vont couter $700 million. La situation est un peut différente car l’Etat Congolais a la prétention budgétaire de $7 milliard (l’économie ayant dépassé le cape de $10 milliard). Mais, ca fait quand même 10% du budget national. On aurait pu mettre de coté $140 million par an depuis 2007, pourrait on rétorquer. Oui, mais, les bailleurs de fonds, eux, privilégiaient le service de la dette. Et l’opposition n’en avait pas fait une priorité de sa lutte depuis 2006 ! Il ne reste plus que 10 mois pour les élections : les $700 millions sortiront d’où ? Et plus grave, à l’incapacité de l’Etat de financer ses opérations électorales par un revenu interne, correspond l’indigence des partis politiques. Les partis majoritaires en Afrique comptent sur les apports de leurs cadres ministres et députés (et aussi leur prise sur l’Etat). Les partis de l’opposition sont généralement miséreux. Sauf lorsqu’ils sont soutenus par l’extérieur comme c’est fut le cas pour Morgan shvangari au Zimbabwe et Ouattara en Cote d’Ivoire. En 2006, au Congo, les partis politiques ont pu massivement participer aux élections essentiellement grâce au partage du pouvoir. Un parti comme le RCD a du dépenser plus de $2 million pour le matériel de campagne (je fus secrétaire général de ce parti en ce temps là). Et c’est sans compter le cout de la location des Antonov pour le transport du matériel de campagne, et d’un jet privé sud-africain (piloté par un équipage de trois Blancs) pour toute la durée de la campagne. Cela dans un pays plus vaste que toute l’Europe Occidentale, où pour aller d’une ville à une autre dans une même province, il faut revenir à Kinshasa et louer un Antonov -- le seul capable d’atterrir sur les pistes herbeuses et sablonneuses de Luebo, Kamituga, ou Banalia. Dans ce contexte, où les réserves du partage du pouvoir se sont évaporées, combien de partis politiques sont capables de financer toute la gamme des élections à tous les niveaux (législatives nationales et provinciales, présidentielles à 2 tours, sénatoriales, celle des gouverneurs, locales). Cela va sans dire que dans un contexte de pauvreté, l’indigence de l’opposition abouti aux revirements et aux trahisons, par des pseudo-leaders véreux et opportunistes. On ne le réalise pas, mais les élections sont des opérations politiques de souveraineté. Peut-on consolider la démocratie véritable dans une situation d’aliénation politique internationale découlant de la sujétion financière dans le processus de désignation des dirigeants d’une nation? Par ailleurs, quelles sont les possibilités d’une alternance soutenable dans la durée avec une opposition impécunieuse qui ne peut éventuellement gagner que par une alliance contre nature, vouée aux guerres intestines, comme ce fut le cas au Kenya ? Ce questionnement indique que la démocratie en Afrique, et au Congo en particulier, est minée par l’indigence financière de l’Etat et des partis. L’un des défis cruciaux, comme je l’explore dans mon essai intitulé « Joseph Kabila et la Reconstruction Réinventrice du Congo», est le déploiement d’un géni politique novateur pour concevoir un paradigme économique capable d’aider le Congo à produire les richesses additives. Celles-ci vont couvrir les dépenses vitales de la reconstruction et laisser une marge de manœuvre suffisante pour financer les élections sans asphyxier l’Etat. Et aussi, les richesses nouvelles permettront aux membres des partis de payer leurs cotisations, rendant ces formations politiques capables de financer leurs opérations électorales et de réaliser la démocratie interne. Sur le plan de la reconstruction et du développement, les élections dans les pays pauvres constituent un paradoxe. A ce sujet, dans une publication de l’Institut Gorée, le Professeur Ismaela Madior FALL et Mathias HOUNKPE (Gorée Institute, 2010 :23) observent que « les élections, moyen de légitimation des institutions de gouvernance, constituent l’un des principaux éléments qui sont à l’origine des violences et de l’insécurité en Afrique ». Autant elles absorbent d’immenses ressources pouvant être allouées au financement de la recomposition sociétale autant elles sont devenues périlleuses. Le moment des élections est celui de tous les dangers. La Cote d’Ivoire, la Guinée, le Kenya, le Zimbabwe, et au Congo, dans la suite du deuxième tour en 2006, fournissent autant d’exemples des élections tragiques. 2. La problématique du régime politique : quelles leçons avons nous tirées de ce présidentialisme ? Notre histoire constitutionnelle est sinueuse. De 1960 à ce jour, nous avons organisé deux referendums (1964 et 2005). Nous avons presqu’expérimenté tous les régimes et toutes les formes de l’Etat. De Joseph Kasa Vubu, élu indirectement par les deux chambres du Parlement, et qui a géré l’Etat dans un régime parlementaire classique et un fédéralisme émietté en une vingtaine de provinces, en passant par Joseph Mobutu dans un régime présidentiel mué en régime présidentialoide (et non présidentialiste comme certains le soutiennent erronément !) et un Etat centralisé puis privatisé, à Joseph Kabila, élu au suffrage universel direct, dans un régime semi-présidentiel, dirigeant un Etat unitaire à teneure fédéraliste, il n’y pas eu des percées étincelantes. Pour une simple raison : nous sommes une société dont les élites sont généralement amnésiques. Les révisions constitutionnelles aussi sont généralement orientées par des enjeux de pouvoir et non par des raisons plus fondamentales de réorganisation managériale de l’Etat pour plus d’efficacité dans la réalisation de la reconstruction et du développement. L’expérience de la dispensation constitutionnelle de la Troisième République a démontré au moins deux faits indubitables. Le premier est que nous n’avons pas encore suffisamment développé un degré de culture politique séculaire capable de taire nos élans égotistes et accumulatifs pour gérer un régime à deux pôles de pouvoir exécutif, quelle que soit son appellation. Le régime semi-présidentiel actuel, avec ses deux foyers de pouvoir (primature et présidence), a produit une interaction peu huilée qui a engendré des blocages des dossiers, des pouvoirs parallèles, des lourdeurs et des surcouts administratifs. Au Parlement, dans les Medias, on a fustigé le gouvernement parallèle. Ajoutés à cela les blocages des projets au niveau des gouverneurs des provinces (embourbées dans une instabilité pathologique), la reconstruction en a pâti terriblement. Et c’est pourquoi on a l’impression que le Congo ne décolle pas ! Le deuxième fait est que la configuration organisationnelle de l’exécutif à deux foyers de pouvoir exécutif est aussi couteuse qu’inefficace, lorsque l’on considère la taille du gouvernement (avec tous les conseillers) et les charges inhérentes à la gestion de l’institution présidence de la République. Les charges de gestion des deux pôles du pouvoir exécutif absorbent aussi d’immenses ressources. Celles-ci auraient pu servir à équiper des hôpitaux, réparer les écoles, réparer les bateaux et les locomotives pour accélérer le transport des denrées alimentaires de base (pourrissant dans les villages), réduisant ainsi les prix sur les marchés pour tirer notre peuple de la misère. 3. Conclusion : vers une réflexion plus substantielle sur remodelage de l’armature du régime Dans la perspective développementale, le problème du remodelage du système politique par rapport au cout et aux conflits des élections, et à l’inefficacité du régime, peut, dans ma pensée, trouver quelques éléments de réponse dans le modèle Sud-Africain. Le modèle sud-africain répond aux deux préoccupations fondamentales du cout des élections et de l’efficacité du régime. Premièrement, en Afrique du Sud, il n’existe pas d’élections présidentielles : ce sont les élections législatives (en RP à listes des partis) qui tranchent en confiant la présidence de la République au Parti ayant la majorité des sièges à l’Assemblée Nationale. Si aucun parti n’a la majorité, une coalition est créée dont la formation ayant le plus grand nombre de sièges gère la présidence de la République. Transposé dans l’équation congolaise, ce modèle réduirait le cout des élections à moins de $ 200 million. Et les partis politiques pourraient y participer à moindre cout. En plus, ce système combine les vertus d’un régime parlementaire classique et présidentiel : le pouvoir est d’essence parlementaire et il y a un président ayant tous les pouvoirs exécutifs. En termes des charges institutionnelles, c’est très rationnel car il y a un seul centre de charges exécutives. Aussi, dans ce modèle, le parti majoritaire parvient à réaliser véritablement son projet de société. Par ailleurs, les dangers d’un glissement présidentialiste sont limités par la prééminence du parti majoritaire sur le cadre président – comme on l’a vu dans le cas Mbeki. De toute évidence, ce modèle a son histoire et ses imperfections. Mais, il fournit une matière à réflexion. Ma conviction est que la majorité a manqué de tact. Si depuis peut-être janvier 2009, cette réflexion était subtilement enclenchée au sommet des institutions et dans la société, de manière progressive et surtout participative, le débat aurait pu être plus intelligible et l’issue plus heureuse. L’opposition et l’opinion n’auraient pas pointé directement du doigt le caractère opportuniste d’une telle démarche si elle avait été thématisée dans le sens de l’évaluation du système pour plus d’efficacité dans la gestion de l’Etat. Ca pouvait ainsi être plus Républicain. Et le Ministre Mende a beau déployer tout son arsenal allégorique : il ne réussit pas le frêle masquage d’une angoisse politique découlant de «la perception désormais limpide de l’indubitable éventualité du candidat de l’opposition relativement soudée de faire mouche même au premier tour ». L’argument du cout des élections n’a pas de sens si l’on ne pose pas la question plus clairvoyante de la réduction des charges institutionnelles, y incluant celles de l’institution présidence de la république et la primature. Le trimming est la tendance en économique politique mondiale. Même le socialisant Obama l’a amorcé avec la réduction du budget du stratégique Pentagone. (Kabasu Babu Katulondi, Ecrivain)

Marcel Ngoyi



 

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mbembe yangika pacifique 20/12/2011 11:15


Jésus a laisse les 12 disciples est voici les descendance des disciple pour nous montre le chemin qui mène a la vie
éternelle...si les messager de DIEU nous montre la vérité pourquoi nous esitons de ne pas croire? Nous allons demeurer dans la lumière ou dans ténèbre, dans la vérité ou dans les
mensonges?

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