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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Au RD-Congo, l’opposant Etienne Tshisekedi défie le pouvoir

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 23 Décembre 2011, 13:56pm

Catégories : #Actualite

Vendredi 23 décembre, Étienne Tshisekedi doit s’auto-investir président de la RD-Congo. 

Alors qu’il vient de fêter son 79e anniversaire, Étienne Tshisekedi ne veut pas renoncer à la présidence de la République démocratique du Congo. Ce docteur en droit organise aujourd’hui sa propre cérémonie d’investiture au stade des Martyrs, à Kinshasa, trois jours après celle de Joseph Kabila.

Le 9 décembre, Étienne Tshisekedi s’était déjà autoproclamé président, après avoir rejeté les résultats provisoires de l’élection présidentielle à un tour du 28 novembre, annoncés par la commission électorale. Celle-ci donnait Joseph Kabila gagnant avec 48,95 %, Étienne Tshisekedi arrivant en deuxième position avec 32,33 % des suffrages.

L’élection avait été ponctuée par de nombreuses irrégularités relevées par les observateurs nationaux et internationaux. Ces critiques multiples jettent un doute sérieux sur la légitimité des résultats. Étienne Tshisekedi espère bien en tirer profit, lui qui a, dans le passé, construit sa notoriété en s’opposant au dictateur Mobutu Sese Seko.

«Cette figure d’opposant historique ne correspond pas exactement à la réalité»

« Cette figure d’opposant historique, diffusée par les partisans de Tshisekedi, ne correspond pas exactement à la réalité. On oublie qu’il a été un proche de Mobutu dans les années 1960 et 1970 » , prévient Cyril Musila, chercheur associé au programme Afrique subsaharienne de l’ Institut français des relations internationales (Ifri) et observateur international pour l’élection du 28 novembre. 

Il rappelle qu’en 1965, « lorsque Mobutu s’empare du pouvoir par un coup d’État, Tshisekedi est nommé ministre de l’intérieur. Deux ans plus tard, il participe à la rédaction de la Constitution congolaise et rédige, avec d’autres, le Manifeste de la Nsele, texte qui crée le Mouvement populaire de la révolution, le parti unique du Congo pendant des années. »

La rupture entre les deux hommes est consommée en 1980, après le refus de Mobutu de le nommer à la présidence de l’Assemblée nationale. Deux ans plus tard, Tshisekedi crée le premier parti d’opposition, l’Union pour le progrès et la démocratie sociale (UPDS). « Dans les années 1990, l’UPDS était le lieu de la contestation du régime Mobutu. Il démontait le système en place. Presque tous les étudiants avaient la carte de l’UPDS, rappelle Cyril Musila. Mais que reste-t-il de cette aura ? Pas grand-chose. Tous les cadres fondateurs, presque tous les militants des années 1990, ont quitté le parti. Étienne Tshisekedi est apparu trop autoritaire. »

«Aujourd’hui, les Congolais n’aspirent qu’à une chose: vivre en paix et en sécurité»

En organisant sa propre cérémonie d’investiture, a-t-il des chances de soulever les foules ? « Il n’a plus la même assise populaire que dans les années 1990 et il n’est pas soutenu par les puissances régionales et internationales, répond Cyril Musila. Aujourd’hui, les Congolais n’aspirent qu’à une chose : vivre en paix et en sécurité. »

Signe de cette impuissance ? Son appel à l’armée et à la police à arrêter Joseph Kabila, lancé dimanche 18 décembre , n’a été suivi d’aucun effet. Et il devra affronter des forces de sécurité bien décidées à défendre le régime en place. Selon l’ONG Human Rigths Watch, elles ont déjà tué 24 personnes et arrêté arbitrairement des dizaines de personnes issues de l’opposition depuis le 9 décembre.


LAURENT LARCHER

 

© Copyright La Croix

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