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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Ceni, l’intox : diaboliser pour reporter les élections

Publié par Gabriel Manzukula Mjrrdcongo sur 16 Juin 2011, 07:47am

Catégories : #Actualite

* Un signe qui ne trompe pas, l’opposition n’arrive pas à faire une échelle de préférence. Au lieu de parcourir le pays, de sillonner les bureaux d’inscription, tout ce qu’elle a comme leaders politiques ont préféré faire des tournées en Occident pour démontrer que les conditions ne seraient pas réunies pour aller aux élections.

Plus on se rapproche des élections, plus des flèches empoisonnées pleuvent sur la Ceni. Hier, on voulait faire croire à l’opinion que la Ceni ne sera pas en mesure de convoquer le corps électoral 90 jours avant l’expiration du mandat du président en fonction. C’est en tenant compte de cette difficulté que la Cei avait proposé un calendrier électoral qui repoussait la proclamation des résultats de la présidentielle en 2012. L’opposition a, dans son ensemble, rejeté ce calendrier. Dans beaucoup de partis politiques, des voix se sont élevées pour exiger des négociations parce qu’on était sûr que la Ceni ne pourrait pas faire mieux que la Cei.

La classe politique a pris tout son temps pour mettre en place la Ceni. Pendant ce temps, le temps s’égrenait. On mettait chaque jour la Ceni dans l’impossibilité d’organiser les élections dans le délai. Il y a eu un débat houleux au sujet de la qualité des personnalités qui devraient composer le bureau de la Ceni. La loi voulait que ce soit des personnalités indépendantes désignées par la majorité et l’opposition. Mais, à commencer par l’opposition, on a plutôt désigné des acteurs politiques bien connus. L’argument avancé, c’est qu’il fallait des politiciens à la marmite pour se neutraliser afin que personne ne triche. On est donc étonné aujourd’hui que la même opposition crie à la tricherie alors qu’elle a des membres au sein de la Ceni. Supposons que le pasteur Daniel Ngoy Mulunda, en dépit des explications qu’il avait données et qui sont vérifiables, était membre du Pprd, il ne serait pas seul. Son vice-président est du Mlc sans compter les autres membres aux appartenances politiques connues.

La neutralité de la Ceni

Il y a lieu à ce sujet de bousculer la mémoire courte de la classe politique congolaise en lui rappelant un autre argument avancé pour justifier la désignation des politiciens dans la Ceni en lieu et place des activistes de la société civile. Il était dit que la neutralité de chaque membre sera constatée dans la manière de travailler et non dans son appartenance politique. Sauf mauvaise foi, on n’a vu aucun membre du bureau de la Ceni poser des actes en faveur de son clan politique. Si tel est le cas, étant donné la gravité de l’action, il y a lieu que cela soit porté à la connaissance de l’opinion. S’il y a des membres de la Ceni qui sont étouffés au point de ne pas jouer le rôle de neutralisation des membres d’autres camps politiques, c’est également le moment de le faire savoir à l’opinion.

On est surpris que le président de la Ceni qui, jusqu’à preuve du contraire, travaille en harmonie parfaite avec les autres membres du bureau dans le respect de l’indépendance reconnue à la Ceni par la loi, il est étonnant disions-nous que telle personne soit la cible d’attaques visiblement gratuites. La raison, on la connaît, c’est que beaucoup se rendent compte de la rudesse de la tâche qui les attend, plus qu’on approche du jour « J ». Celui qui les amène aux élections semble les amener à l’abattoir. Il devient donc homme à abattre.

Lorsque le bureau de la Ceni a été mis en place, beaucoup s’attendaient à ce que cette institution chargée de l’organisation des élections démissionne en proposant un report. On s’attendait, tout en exigeant des élections dans le délai constitutionnel, que la Ceni propose unilatéralement un calendrier électoral. Ce que du reste la loi lui autorise. Mais c’aurait été un prétexte pour donner des avis contraires a posteriori. Ce serait une belle occasion de réserver à ce calendrier le même sort qu’à celui de la Cei.

Au malin, malin et demie

Mais, le bureau de la Ceni par son président, a entrepris la consultation de tout le monde. Cela lui a permis, partant des avis des uns et des autres, à proposer, ce qui était jadis impossible, un calendrier qui convoque effectivement les électeurs 90 jours avant la fin du mandat du mandat du président en fonction. Au lieu de l’enthousiasme dans la classe politique, on a eu droit à la colère de l’opposition. Les observateurs attentifs se sont rendu compte du mécontentement à peine dissimilé de l’opposition le jour de la publication du calendrier électoral dans la salle des fêtes de l’hôtel Sultani. On les a vus filer sans toucher au pompeux cocktail leur offert par la Ceni, comme si on leur avait annoncé une mauvaise nouvelle. C’était un signal très fort selon lequel l’opposition n’était pas prête à aller à une élection à laquelle elle ne se donnait pas beaucoup de chance.

Le rapport de International Crisis Group est tombé comme un deus-ex-machina pour cette opposition. Officiellement, elle a pris position contre toute idée de négociation en vue d’une transition et d’un gouvernement d’union nationale. Mais dans le fond, l’opposition voulait amener l’opinion nationale et internationale à l’idée qu’elle voulait bien aller aux élections, mais la Ceni n’est pas en mesure d’organiser ces élections dans le délai. Elle voulait faire comprendre qu’elle accepte l’idée des négociations malgré elle. Malignement, elle accusait la majorité de n’avoir pas été capable d’organiser les élections. On connaît le discours selon lequel, pendant quatre ans, le gouvernement n’a rien fait pour qu’il y ait des élections. L’opposition s’attendait à ce que les difficultés lui expliquées par la Ceni, notamment la réduction des centres d’inscription, soient insurmontables afin que l’enrôlement échoue. Tel n’est pas le cas.

Sillonner l’Occident au lieu de sillonner le pays

Maintenant qu’il est démontré que le pari de la révision électorale du fichier électoral est presque gagné, l’opposition démontre davantage sa mauvaise humeur. L’autre signe qui ne trompe pas, c’est que l’opposition n’arrive pas à faire une échelle de préférence. Au lieu de parcourir le pays, de sillonner les bureaux d’inscription, tout ce que l’opposition a comme leaders ont préféré faire des tournées en Occident pour démontrer que les conditions ne seraient pas réunies pour aller aux élections. C’est la raison majeure de cette campagne d’intoxication contre la Ceni et ses membres du bureau. Beaucoup d’observateurs voient une manœuvre pour préparer la contestation, c’est vrai, mais ce n’est pas le seul but à atteindre.

L’opposition veut un retour à la politique de négociations et de partage équitable et équilibré du pouvoir. C’est la seule chance pour certains de quitter l’opposition pour quelques années. Car, la perspective d’un échec électoral avec une possibilité ouverte de cinq années de plus dans l’opposition, est effrayante. Des schémas concoctés d’un gouvernement d’union nationale avec un premier ministre de l’opposition, n’est pas un simple ballon d’essai, mais une véritable aspiration. Malheureusement, c’est un vœu pieux. Les Congolais qui se sont inscrits massivement sur le fichier électoral, sont prêts à aller aux élections. Les critiques contre la Ceni sont également sans effets dès le moment où cette institution s’efforce de travailler dans la transparence et l’équité. On ne voit donc pas la Ceni donner raison à cette opposition en lui offrant le flanc.

 

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