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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Comment rendre compte de la connaissance de DIEU présente dans les religions non chrétiennes, excepté le judaïsme 1

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 11 Septembre 2013, 19:33pm

Catégories : #Théologie de la libération

Introduction

 

Dans le cadre du cours de la théologie chrétienne des religions dispensé par le professeur Olivier Riaudel, il nous est demandé de « rendre compte de la connaissance de DIEU présente dans les religions non-chrétiennes, excepté le judaïsme ». À partir duquel, nous allons répondre à cette pléthore de questions :

 Qu´est-ce qu´une religion ?

 Qu´est-ce que la connaissance de DIEU ?

Y a-t-il une connaissance de DIEU dans les autres religions non-chrétiennes ? Si oui, d´où vient-elle ?

Cette connaissance de DIEU dans ces religions est-elle une connaissance naturelle, philosophique et théologique ?

Alors quel est le concept de DIEU subjacent dans ces religions ?

L´idée de l´être suprême ramène-t-elle à des propos anthropologiques du point de vu comportemental, psychologique, moral ou éthique?

Est-elle une théologie immanente ou métaphysique ?

La réponse à ces questions sur le comment rendre compte de la connaissance dans les autres religions nous montrera si oui ou non de l´existence de la connaissance de DIEU   hors du christianisme.

Sur ce, nous allons opter pour la méthode de recherche analytico-compréhensive (herméneutique) basée sur la lecture de certains ouvrages qui traitent de notre sujet pour trouver des pistes ou de tentatives de réponses à cette pléthore de questions.


I. La religion

 

Ici, nous nous abordons le concept de « religion » en général. Car la religion est un concept extrêmement ample et il est impossible de traiter de l’expliquer en quelques lignes. C’est pourquoi, nous prenons le concept de « religion » comme un terme générique qui est une partie de l’immense pilier de ce que nous appelons la « culture », et c’est avec et/ou dans laquelle toute société et toute l’humanité s’identifie.

La religion a existé depuis toujours et elle a accompli tout au long de l’histoire d’innombrables fonctions, la plupart sont fondamentales pour le développement de l’humanité, déjà que depuis toujours la religion était étroitement liée aux bases morales et aux cultuelles des peuples et encore elle l’est aujourd’hui. C’est à ces dernières que se « dirige » l’agir humain parce que toutes les décisions humaines font surface sur la base de leurs connaissances et leurs croyances.

 

1.1. La religion quid est ?

 

Définir qu’est-ce la religion, du latin religare ou relegere, a été et continue à être un sujet à controverse parmi les experts en religion. D’une part, selon le sociologue Gerhard Lenski, la religion est  un système partagé de croyances et de pratiques connexes qui gravitent autour de la nature des forces qui façonnent le destin des êtres humains. D’autre part, l’anthropologue Clifford Geertz propose une autre définition qui stipule que la religion est un système de symboles qui agit pour établir vigoureux, pénétrants et durables états animiques, humeurs et les motivations chez les êtres humains, en formulant des conceptions d’un ordre général de l’existence et revêtent ces conceptions d’une aura de l’affectivité de telle sorte que les humeurs et les motivations semblent être d’un réalisme unique. Ou encore une définition plus englobante de Siegwalt qui entend la religion ou les religions comme  un ensemble « des données, constituées par des mythes ou une histoire sainte, par des rites ou des pratiques ou encore par une conception des choses impliquant une éthique ». Il continue sa définition en complétant que « ces données ont poussé et grandi à partir d’un fait initial (ou d’un ensemble des faits initiaux) perçu comme d’ordre révélatoire et/ou encore théophanique ».

En raison de la large gamme d’utilisation de ce mot religion, il est particulièrement complexe de fournir une définition complète et exhaustive de la religion ou du phénomène religieux. Cependant, nous pouvons dire que, comme un fait anthropologique, il comprend entre autres les éléments suivants : les traditions, les cultures anciennes, les institutions, l’écriture, l’histoire, la mythologie, la foi, les croyances, les expériences mystiques, les rituels, les liturgies, les prières, les piétés, etc.

Bien que l’anthropologie a recueilli des expériences ou des expressions religieuses dès les premiers instants de l’existence humaine et celles-ci ont une influence décisive sur les différentes cultures, traditions et sociétés. Jusqu’à présent il y a une discussion pour voir si le fait religieux ou la religion est un phénomène essentiel et fondamental de l’être humain ou il peut être réduit à d’autres expériences ou aspects humains plus fondamentaux. Les grecs et pas mal de peuples en ont fait usage pour trouver sens à leur existence et donner une signification et une explication aux origines de tous ceux existent.

D’après les études faites, «la notion de religion, dont la sémantique a beaucoup évolué, a retenu depuis longtemps l’attention de nombreux spécialistes : philosophes, historiens, ethnologues, anthropologues, phénoménologues, psychanalystes […] les théologiens s’en sont aussi occupés, spécialement de nos jours pour la distinguer de la foi ». Ces sciences humaines et sociales se sont intéressées par la religion, chacune à partir de son point de vue. La phénoménologie de la religion étudie spécifiquement ses manifestations en essayant de trouver une définition exhaustive et de montrer sa relation avec la nature de l’être humain. D’un point de vu philosophique, la religion peut être un mode de vie, un chemin vers la plénitude, une plénitude qui commence hic et nunc quand un être humain devient conscient de soi-même et de sa finitude. Dans un sens plus large, le terme religion est également utilisé pour se référer à une obligation de conscience qui pousse à la performance et à l’accomplissement d’un devoir préétablit. Ici la religion peut se comprendre comme une conscience morale.

 

 

 

1.2. Étymologie du mot « religion »

 

L’étymologie du mot religion a été débattue pendant des siècles en raison de ces deux interprétations qui se sont faites par Jules César et Lactance. Au lieu de donner l’origine du mot religion, les deux ont plutôt souligné une attitude religieuse. Avant d’être utilisée dans un sens en rapport avec les divinités, le terme religion ou religieux est utilisé pour exprimer la crainte ou le scrupule superstition. Cela est indiqué dans les textes de Jules César et Tite Live. La première interprétation est en rapport avec le culte qui vient de Cicéron dans son œuvre De natura deorum qui stipule que « ceux, au contraire, qui s’occupaient avec soin de tout ce qui tient au culte des DIEU  x, et qui, pour ainsi dire, le relisent sans cesse, sont appelés religieux […] ». Cette étymologie, philosophiquement est plus correcte parce qu’elle souligne la fidélité aux devoirs que la personne religieuse contracte avec une divinité et donc ces devoirs sont liés à la justice. À la suite de Cicéron, « saint Thomas fait de la religion une ‘partie potentielle’, c’est-à-dire une ‘vertu annexe’ de la justice, seconde vertu cardinale ». Parce que « la justice en général consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû : ses ‘parties’ comportent la religion qui concerne l’hommage et le culte à DIEU   […] qui englobe le devoir envers les supérieurs en dignité et responsabilité».

Lactance, quant à lui fait dérivé le mot religion  du verbe latin religare qui signifie obligés par un lien de piété à un DIEU   auquel nous les hommes sont ré-liés, d’où le terme même de religion trouve son origine, et non comme il a été proposé par Cicéron de la relecture (relegere). Ce deuxième sens met en évidence la relation de dépendance qui relie l’être humain aux pouvoirs supérieurs dont il se sent dépendant et ipso facto il les rend culte. Emboitant le pas de Lactance, saint Augustin corrobore en affirmant que religare consiste à « ‘réélire’ ‘rechoisir’ DIEU   que nous avons perdu en le négligeant (negligentes) par nos péchés […] elle a pour effet de nous ‘relier’ au DIEU   unique et tout-puissant ».

Quand un homme croit en quelque chose et celle-ci surpasse son intelligence et son entendement et n’arrive pas à trouver des réponses sur cette chose, l’homme devient religieux. C’est-à-dire il devient scrupuleux et donc, celui qui n’agit pas n’importe comment, sinon, avec soin, contrôle, prévoyance, sensé, prudence et selon les normes préétablies. Dans ce sens le contraire de religion serait négligence, incontrôlé, imprévoyant, insensé, imprudence, désintéressé, abandonné, etc.

Somme toute, nous dirions que la religion est une activité humaine et qui est sa partie constituante de son être et de son existence. Elle a pour substratum les croyances et les pratiques concernant le divin et le sacré de type existentiel, moral et spirituel. D’où la religion n’est pas seulement un système sinon aussi et d’abord elle est un ensemble d’expériences d’une vérité (des vérités).

 

1.3. Objet de la religion

 

La religion a pour objet DIEU, l’homme et le cosmos. DIEU   en tant qu’en relation avec l’homme, l’homme en tant qu’en relation avec DIEU   et le monde en tant qu’en relation avec l’homme et DIEU. Comme un fait anthropologique, la religion comme nous avons affirmé tantôt,  comprend entre autres les éléments suivants : les traditions, les cultures anciennes, les institutions, l’écriture, l’histoire, la mythologie, la foi, les croyances, les expériences mystiques, les rituels, les liturgies, les prières, les piétés, etc.

 

Cf. Gerhard Lenski, El factor religioso, Barcelona, Labor, 1967, p. 316.

Cf. Clifford James Geertz, La Interpretación de las culturas, Barcelona, Gédisa, p. 89.

André Couture, La théologie des religions non chrétiennes dans la Dogmatique de Gérard Siegwalt, dans Revue Erudit : Laval théologique et philosophique, vol 45, n°1, 1989, p. 66-67.

André Couture, La théologie des religions non chrétiennes dans la Dogmatique de Gérard Siegwalt, p. 67.

Saint-Jean Raymond, Religion (Vertu de), col. 308.

Jules César, La guerre des Gaules, VI, 36, Paris, Gallimard, 2006.

M. Nisard (éd), Œuvres de Tite Live. Histoire Romaine, IV,30, Paris, Dubochet, 1864.

M. Nissard (éd.), Ciceron. De natura deorum, II : entretiens sur la nature des DIEU  x, Paris, Éd. Chez Firmin-Didot, 1864, p. 214.

Saint-Jean Raymond, Religion (Vertu de), col. 309.

Saint-Jean Raymond, Religion (Vertu de), col.309.

Cf. Lucio Celio Firmiano Lactance, Instituciones divinas, IV, « Hoc vinculo pietatis obstucti Deo et religati sumus, unde ipsa religio nomen accepit, non ut Cicero interpretatus est, a relegendo ». Cette étymologie a été reprise par saint Augustin  et popularisée par lui. Cf. Saint Augustin d’Hippone,  Retractationes, I, 13, qui aussi accepte l’étymologie proposée par Cicéron. Cf. Saint Augustin, De Civitate Dei, X, 3.

Encyclopedia catolica (voz), Religion, Florencia, Sansoni, 1953.

Saint-Jean Raymond, Religion (Vertu de), col. 309.

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