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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Contesté par sa propre base : L'Eglise catholique va se prononcer sur le sort de MALUMALU

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 11 Juin 2013, 06:39am

Catégories : #Actualite

imageAbbé Apollinaire Malu Malu Muholongu

 

A moins que Malumalu démissionne de l'Eglise, mais un affront avec une telle force sociologique serait suicidaire même pour la CENI pour ce qui est de sa crédibilité. La réalité est que Malumalu qui est catholique n'a pas reçu le vote de son Eglise lors de  la plénières de la thématique confessions religieuses où il y avait 8 composantes. Sept ont voté pour lui contre la seule voix de l'Eglise catholique. Ce vote négatif de l'Eglise catholique dont il est membre non comme simple fidèle de dimanche ni laïc engagé mais plus grave, comme clerc, doit être perçu comme un désaveu de la part de sa propre base. Ce qui présuppose un mauvais départ pour sa nouvelle carrière à la centrale électorale.

Au bout d’une très longue période d’attente, le suspense a finalement  été levé vendredi  7 juin. La « fumée blanche » est finalement sortie des cheminées de la Salle des Congrès du Palais du peuple. C’est l’abbé Apollinaire Malumalu, le même, qui présidera la Commission électorale nationale indépendante (CENI), « nouvelle formule ». Sa désignation à ce poste par les confessions religieuses a été entérinée par l’Assemblée nationale. Malumalu un « outsider » ? Certainement pas. Car, pendant la foire aux pronostics qui a caractérisé la période d’attente, ce prêtre du diocèse de Beni-Butembo était  déjà pressenti  successeur du pasteur Daniel Ngoy  Mulunda.

Avant même sa désignation, le président émérite de la défunte Commission électorale indépendante (CEI), a été la star des causeries de rues dans la capitale. Certaines langues s’appuyant sur le statut de clerc de Malumalu, n’ont pas attendu longtemps pour tirer à boulets rouges sur l’Eglise catholique romaine. D’autres, faisant vaguement allusion à certaines dispositions du Droit canon qui organise l’Eglise de Rome, avaient conclu à leur manière que l’abbé Malumalu ne pouvait plus exercer une quelconque charge politique. Les partisans de cette thèse sont  même allés vite en besogne pour entrevoir des sanctions éventuelles contre l’abbé de Beni.

Compte tenu de l’ampleur de la situation, l’Eglise catholique du Congo, au travers sa Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), avait estimé en son temps, qu’il était utile d’éclairer l’opinion à ce sujet. Certes, le droit Canon interdit à tout prêtre d’assumer des charges politiques. Le clergé rd-congolais n’est donc pas en marge de ce proscrit. Cependant, pour le cas Malumalu, seul l’évêque de son diocèse détient la dernière décision. Pour le coup, c’est Mgr Melchisédech Selikuli, évêque du diocèse de Beni-Butembo qui a qualité de prendre des mesures favorables ou défavorables contre son prêtre. Car, c’est de lui que répond l’abbé Malumalu. La question est de savoir si Apollinaire Malumalu n’a pas, en amont, obtenu le quitus de son évêque. Sinon, qu’adviendra-t-il ? Pas de réponse pour l’instant. Entretemps, l’opinion publique congolaise garde son souffle. Son regard reste juché sur l’évêché de Beni-Butembo, habilité à se prononcer en dernier ressort, au cas où la désignation de Malumalu à la présidence de la Ceni poserait problème.             

Apollinaire Malumalu Muhongolu, prêtre séculier du diocèse de Beni-Butembo dans le Nord-Kivu est désigné Président de la CENI depuis la publication faite vendredi dernier par le Président de l'Assemblée nationale, Aubin Minaku. C'est la deuxième fois qu'il aura à présider la centrale électorale congolaise. La première, en 2006 sous la CEI, Commission électorale indépendante, l'une des institutions de la transition issues des négociations intercongolaises d'Afrique du Sud.

Dans l'Accord politique signé par les parties, cet organe d'appui à la démocratie était réservée à la Société civile qui elle-même l'avait attribuée par respect d'équilibre régional à la province du Nord-Kivu dont est originaire Malumalu Muhongulu. C'est dans ce cadre que ce dernier était devenu Président de la CEI.

Sa base, l'Eglise catholique qui était très impliquée dans les négociations intercongolaises n'y avait vu aucun inconvénient d'autant plus que la CEI était considérée comme une institution d'appui à la démocratie. Donc l'Eglise n'a jamais contesté la désignation de l'Abbé Apollinaire Malumalu comme Président de la CEI. Mais avec la CENI 2, le contexte politique a radicalement changé.

Les élections de 2006 ont conduit à une crise politique majeure entre le camp de Jean-Pierre Bemba Gombo et celui de Joseph Kabila, les deux principaux prétendants de la présidentielle. Ce qui avait fortement mis en cause la crédibilité personnelle de l'Abbé Apollinaire Malumalu en écornant injustement celle de l'Eglise qui ne l'avait pourtant pas mandaté en tant que clerc pour la représenter à la CEI.

La guerre de mars 2007 est la conséquence de toutes ces contestations à la présidentielle de 2006 au centre duquel l'Abbé Malumalu Muhongolu, Président de la CEI.

C'est à partir de ces événements macabres de Kinshasa que l'Eglise catholique a pris conscience du danger qu'elle encourait en termes de sa crédibilité qu'un ecclésiastique pilote le bureau de la centrale électorale. Nouveau contexte différent de celui des négociations intercongolaises.

Raison pour laquelle pour le nouveau Bureau de la CENI, l'Eglise catholique à travers la CENCO, a répercuté des instructions du Saint Siège qui exige le strict respect des prescrits du droit canon qui interdit à tout ecclésiastique d'assumer des charges politiques. Dans son communiqué publié à ce  sujet, la CENCO est même plus explicite lorsqu'elle parle du Bureau de la CENI en faisant savoir qu'aucun ecclésiastique ne peut y siéger étant donné qu'il s'agit d'une institution politique.

En se présentant comme candidat de la thématique "Eglises ", l'Abbé Apollinaire Malumalu a violé ces instructions de sa propre Eglise. Il est en hiatus avec elle. Maintenant qu'il est désigné Président de la CENI contre la volonté de son Eglise, il sera en guerre ouverte avec elle. C'est l'épreuve de forces qui commence entre le nouveau Président de la CENI et sa propre base, l'Eglise catholique. Celle-ci est une puissante machine sociologique qui compte quelque chose comme 70% des fidèles dans la population congolaise.

FORCE SOCIOLOGIQUE

A moins que Malumalu démissionne de l'Eglise, mais un affront avec une telle force sociologique serait suicidaire même pour la CENI pour ce qui est de sa crédibilité. La réalité est que Malumalu qui est catholique n'a pas reçu le vote de son Eglise lors de  la plénières de la thématique confessions religieuses où il y avait 8 composantes. Sept ont voté pour lui contre la seule voix de l'Eglise catholique. Ce vote négatif de l'Eglise catholique dont il est membre non comme simple fidèle de dimanche ni laïc engagé mais plus grave, comme clerc, doit être perçu comme un désaveu de la part de sa propre base. Ce qui présuppose un mauvais départ pour sa nouvelle carrière à la centrale électorale.

Même si Malmalu n'est pas un candidat de l'Eglise catholique, le fait que celle-ci dont il est encore prêtre, car il a encore sa soutane, s'est opposée à sa désignation au Bureau dit tout. S'il était conséquent, il aurait pu se retirer dès cet instant. Il ne l'a pas fait refusant de voir que sa désignation contre l'avis de son Eglise a multiple conséquence sur la vie nationale.

La première, c'est que la RDC se retrouve avec un Président d'une institution aussi sensible qui est d'abord contesté par sa propre base qui en l'occurrence est l'Eglise catholique romaine.

Qui est l'abbé Malumalu ?

L'homme qui fait aujourd'hui son come-back à la tête de la Commission électorale nationale indépendante(CENI) est Docteur en Science Politique de l'Université Pierre Mendès France  de Grenoble et  Docteur en Philosophie de l'Université Catholique de Lyon. L’abbé Apollinaire Muholongu Malumalu est également détenteur d'une maîtrise en Théologie, et d'une autre en Droits de l'Homme de l'Université Catholique de Lyon.

Prêtre du diocèse de Butembo-Beni depuis 1986, l’abbé Malumalu est un ancien recteur de l'Université catholique du Graben à Butembo,  où  il assume actuellement une charge horaire.

A 52 ans, l'abbé Apollinaire Malumalu occupe et assume encore de hautes fonctions tant au niveau national qu'international. Il est actuellement Directeur Général de l'Ecole de formation électorale en Afrique Centrale et  Président du Conseil d' administration du " Centre européen d'appui aux processus électoraux". L'Eglise Catholique lui a confié, depuis deux ans,  la construction de l'Institut Panafricain cardinal Martino pour l'Enseignement social de l'Eglise sous le haut patronage du Conseil pontifical Justice et paix.

Il a été président de la Commission électorale indépendante (CEI) de la République Démocratique du Congo de septembre 2003 à mars  2011. Toujours souriant, à l'écoute des autres, Malumalu est un homme qui sait résister à toutes les critiques, voire toutes les provocations, bref à tous les vents. Qui se souvient encore de la date du 30 juin ou jamais où l'opposition tenait coûte que coûte à aller aux élections. Son courage et sa sérénité à ce sujet n'avaient-ils pas étonné plus d'un?  L'organisation des élections de juillet 2006, une première expérience dans un pays continent lui a valu l'estime et les mérites d'autres pays tant de la sous-région que d'ailleurs. C'est ainsi qu'il était invité à travers l’Afrique pour partager l'expérience de la RDC.

C'est ainsi qu'il obtint un doctorat Honoris Causa de l'Université de Liège en Belgique et un autre de  Lubumbashi en République Démocratique du Congo.  Il est Chevalier de la Légion d'honneur décerné par la République française et Commandeur de l'Ordre de Léopold décerné par le Royaume de Belgique. Partisan de la paix, l’abbé Malumalu est toujours présent partout où l'on parle du retour de la paix en RDC. C'est ainsi qu'après avoir présidé en 2009 la Conférence de Goma sur la paix, la sécurité et développement, ce prêtre du diocèse de Béni-Butembo a coordonné le Programme de stabilisation de l'Est de la République Démocratique du Congo. Avant sa désignation à la tête de la CENI, l’abbé Malumalu a fait partie des experts du Gouvernement aux pourparlers de Kampala avec la rébellion du M23.

C'est donc, un homme de terrain avec une grande expérience qui fait son come-back aujourd'hui à la CENI.      

[Kandolo M., Dina BUHAKE]

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