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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Déficit démocratique, transparence… JED interpelle Matata Ponyo !

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 26 Avril 2012, 09:47am

Catégories : #Actualite

‘‘La RDC souffre d’un déficit démocratique qui est à la base de tous ses maux’’. Tel est le concerne de la lettre ouverte que Journaliste en Danger, JED, a adressée ce mardi 24 avril 2012 à Matata Ponyo, Premier Ministre et Chef du Gouvernement. Ayant accueilli avec joie la nomination du nouveau locataire de l’Hôtel du Gouvernement, JED attire cependant son attention, au moment où il s’emploie à formaliser la mise en place de l’équipe gouvernementale, sur la responsabilité qui lui incombe de poser un diagnostic exact et sans complaisance des maux dont souffre la RDC au sortir d’un processus électoral qui l’a plongée dans une profonde crise. JED voudrait surtout que Matata Ponyo prenne l’engagement solennel de tout mettre en œuvre, pour redorer l’image démocratique du pays ternie par des atteintes souvent graves et répétées aux droits de l’homme, parmi lesquels la liberté de presse, corollaire du droit à la liberté d’expression, et du droit à la liberté d’information. JED rappelle, par ailleurs, que le respect des droits de l’homme est un aspect essentiel de la bonne gouvernance, que ce dernier est désormais le critère fondamental par lequel tous les gouvernements du monde sont jugés. En outre, JED demande au Chef du Gouvernement d’inscrire, comme priorité de son programme, un projet de loi sur la transparence qui obligerait les mandataires publics, à tous les niveaux, de rendre compte au peuple, en laissant libre accès des journalistes aux sources d’informations officielles. JED attend de Matata Augustin la suite à sa requête au Chef de l’Etat, demandant la suppression pure et simple du Ministère de la ‘‘Communication et des médias’’ dans la nomenclature des ministères du prochain gouvernement. Lettre ouverte de JED au nouveau Premier Ministre de la RD Congo « La RDC souffre d’un déficit démocratique qui est à la base de tous ses maux » Excellence, Monsieur le Premier Ministre, Journaliste en Danger (JED), Organisation indépendante de défense et de promotion de la liberté de la presse, basée à Kinshasa, et Réseau d’Alerte de l’Organisation des Médias d’Afrique Centrale (OMAC), a accueilli avec joie la nouvelle de votre nomination par le Président de la République, Joseph Kabila, en qualité de Premier ministre chargé de former le tout premier gouvernement de la République issu des élections du 28 novembre dernier. Au moment où vous vous employez à formaliser la mise en place de cette première équipe gouvernementale de la deuxième législature, notre Organisation souhaite attirer votre particulière attention sur la responsabilité qui vous incombe de poser un diagnostic exact et sans complaisance des maux dont souffre la République Démocratique du Congo au sortir d’un processus électoral qui l’a plongée dans une profonde crise. JED voudrait surtout vous demander de prendre un engagement solennel de tout mettre en œuvre pour redorer l’image démocratique de notre pays ternie par des atteintes souvent graves et répétées aux droits de l’Homme. Parmi ces droits figure la liberté de la presse, corollaire du droit à la liberté d’expression, et du droit à la liberté d’information. Excellence, Monsieur le Premier Ministre, Lors de votre première sortie médiatique, au lendemain de votre nomination, JED a noté que vous avez ciblé, notamment, l’insécurité à l’Est, le redressement économique, la lutte contre la corruption, et la situation sociale, comme étant les priorités de votre gouvernement. Faut-il rappeler que tous ces objectifs ne peuvent être atteints sans un gouvernement qui respecte les principes démocratiques d’un Etat de droit, et sans des médias libres, indépendants et professionnels soutenant un Régime des libertés. Pour JED, cet Etat de droit, c’est celui où personne ne peut se placer au dessus des lois de la République ; et ce Régime des libertés est celui où tous les citoyens exercent leurs droits et libertés, y compris le droit à la critique des gouvernants, sans entraves, notamment au travers des médias ou de tout autre moyen d’expression. Nul doute que c’est dans cette optique, que l’article 212 de la Constitution de la République Démocratique du Congo institue une instance d’appui à la démocratie, en l’occurrence, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), qui a pour mission de « garantir et d’assurer la liberté et la protection de la presse, ainsi que de tous les moyens de communication des masses dans le respect de la loi ». Excellence, Monsieur le Premier Ministre, Alors que vous vous engagez à concrétiser la vision du Chef de l’Etat, et que tout le monde entonne désormais la rengaine de la « Révolution de la modernité », JED tient à vous affirmer que le tableau de la liberté de la presse et d’expression en RDC est très peu reluisant, et que les professionnels des médias ont payé un lourd tribut à la loi de la violence, à l’insécurité ambiante et à l’impunité quasi institutionnalisée. Faut-il rappeler que la liberté de la presse, c’est le thermomètre à travers lequel on jauge le degré de démocratie dans un pays ? Faut-il rappeler également que le respect des droits de l’Homme est un aspect essentiel de la bonne gouvernance, et que ce dernier est désormais le critère fondamental par lequel tous les gouvernements du monde sont jugés ? Comment se voiler la face sur la situation particulièrement dramatique des médias et des journalistes pendant la législature passée, et ne pas rappeler qu’au cours de cinq dernières années, au moins huit journalistes ont été assassinés ; que des centaines d’autres ont été arrêtés et jetés derrière les barreaux, et que plusieurs autres subissent chaque jour des menaces et des agressions physiques à cause de leur travail ? Comment ne pas vous dire qu’au moment où le pouvoir en place embouche la trompette de la « Révolution de la modernité » une loi archaïque de la censure s’apprête à interdire la diffusion d’un film documentaire sur les circonstances de l’assassinat d’un éminent défenseur des droits de l’Homme, dans un pays où, pourtant, la liberté d’expression et d’opinion est garantie par la Constitution ? Dans ce pays, pompeusement « République Démocratique du Congo », une loi inique sur la presse datant de l’époque dite de la dictature, institue des peines de prison ferme à l’encontre de tout journaliste qui dénonce même les faits avérés de corruption ou de détournement des biens publics, au nom de la protection de « l’honneur ou de la dignité », y compris des délinquants en cols blancs. La multiplication des cas des journalistes incarcérés pour des motifs fallacieux d’imputations dommageables et des mal jugés qui accompagnent souvent les procès mettant en cause des journalistes justifient amplement le combat que mène notre Organisation depuis plusieurs années en faveur de la dépénalisation des délits de presse c’est-à-dire de la suppression de la peine d’emprisonnement des journalistes pour des motifs autres que les incitations à la haine ethnique ou religieuse, les appels au meurtre ou l’apologie du crime. Alors que beaucoup de pays africains se sont déjà engagés sur cette voie, la RD Congo continue à traîner les pieds, en dépit de la volonté manifestée par la corporation des journalistes congolais dans la restructuration de leur profession par la mise sur pieds des instances d’autorégulation chargées de faire la police de l’éthique et de la déontologie dans la pratique du métier de journaliste et d’en sanctionner les manquements. Excellence, monsieur le Premier Ministre, Dans la lutte que vous avez promis d’engager contre la corruption et les anti- valeurs, JED reste convaincu que c’est l’action des mêmes médias agissant comme « chiens de garde » qui permet de mettre en lumière des initiatives frauduleuses ou douteuses. La culture de la Bonne Gouvernance dont la transparence constitue la condition sine qua non ne peut devenir une réalité que si une loi sur la transparence et l’information publique fait obligation aux gestionnaires publics à tous les niveaux de divulguer au maximum toutes les informations non couvertes par le secret pour des raisons d’intérêt général du pays. Cette loi de divulgation maximale des informations publiques permettra aux journalistes d’accéder aux sources d’information et, par ricochet, aux fils et filles de ce pays d’être informés sur la manière dont ses mandataires gèrent la République. Pour permettre à la presse de jouer correctement et dans la sérénité le rôle qu’on attend d’elle dans cette « Révolution de la modernité » Journaliste en danger (JED) vous demande : 1. En attendant l’adoption par le Parlement et la promulgation d’une loi sur la dépénalisation des délits de presse, de prendre des mesures conservatoires suspendant les emprisonnements des journalistes pour des délits tels que la diffamation, ou l’offense aux autorités ; 2. D’inscrire, comme priorité de votre programme de gouvernement, un projet de loi sur la transparence qui obligerait les mandataires publics à tous les niveaux de rendre compte au peuple en laissant libre l’accès des journalistes, sans exception, aux sources d’informations officielles. 3. De prévoir dans le budget annuel du gouvernement à soumettre au parlement un montant conséquent d’aide aux médias conçu, non comme un cadeau du Prince à la presse, mais comme contribution de la collectivité à sa propre information, pour lui permettre de renforcer ses capacités et garantir son indépendance. 4. De donner suite à la requête de notre organisation adressée au chef de l’Etat, et demandant la suppression pure et simple du Ministère de la « Communication et des médias » dans la nomenclature des ministères du prochain gouvernement. Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération. Fait à Kinshasa, le 24 avril 2012 Tshivis T. Tshivuadi Secrétaire Général 




 

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