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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


ELECTIONS EN RD CONGO: la cocotte-minute va-t-elle exploser ?

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 28 Novembre 2011, 08:18am

Catégories : #Actualite

La campagne préparatoire aux élections couplées présidentielle-législatives en République démocratique du Congo (RDC) aura été électrique de bout en bout. Plus l’on s’approchait du jour J, plus les esprits se surchauffaient. La récente scène de violence consécutive à la tentative de l’opposant Etienne Tshisekedi de tenir son meeting s’est soldée par trois morts côté militants, selon la MONUSCO. 

Certes, l’enjeu est de taille dans la mesure où, en plus du couplage des deux plus importants scrutins dans un Etat de droit, le choix du magistrat suprême se fait en RDC par une votation à un seul tour. Autant de raisons qui peuvent donc légitimer une animation particulière de la période électorale, sans pour autant justifier les inquiétants emballements passionnés dont font montre les militants des différents partis. Il est de notoriété publique que le chef de l’Etat congolais n’est pas un promoteur hors pair des libertés de manifestation. Et, il l’a du reste confirmé en faisant démonter sans égard et avec promptitude le podium du haut duquel le leader de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) entendait haranguer les Kinois acquis à sa cause. Mais force est d’admettre que ce dernier non plus n’est pas un enfant de chœur et, pis, se comporte parfois comme un trublion qui adore faire dans la provocation.

Il a ainsi passé outre la loi électorale qui interdit aux candidats de s’exprimer publiquement la veille du vote. Toutefois, l’entêtement ou l’effronterie de son challenger ne saurait suffire à dégager la responsabilité du président congolais dans la détérioration du climat politique. Le double enjeu que revêt le scrutin n’est, en effet, pas le seul facteur qui crée et entretient la haute tension qui prévaut en RDC et qui a gagné en intensité à la veille des élections. Pour une consultation qui n’offre aucune autre alternative, le ou les gagnants étant déterminés dès la fin de l’unique tour, les opposants ne pouvaient qu’avoir les nerfs à fleur de peau. 

Une inquiétude bien compréhensible sous nos tropiques où les régimes en place ne sont pas encore prêts à se faire à l’idée d’organiser des élections et de les perdre. Pour avoir déjà goûté aux privilèges du pouvoir, à travers notamment les nombreux gouvernements de l’ère Mobutu, les principaux concurrents du candidat du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), parti au pouvoir, connaissent sans conteste aussi les multiples magouilles qui ont cours en période électorale. Les torpilleurs d’hier veulent apparemment éviter à tous les coups d’être torpillés à leur tour. Aussi s’inscrivent-ils dans la logique du tueur à massue qui a plus peur que quiconque de cette arme dont il se sert pourtant allègrement. Quoiqu’une telle prudence soit de bonne guerre, parce que pouvant contribuer à assainir le processus électoral, elle n’en demeure pas moins un risque quand on systématise le mal au point de voir le diable partout. En plus des défaillances remarquées dans l’organisation du scrutin, cette posture de chiens de faïence, observée par les prétendants au fauteuil présidentiel, risque de transformer le pays en une cocotte-minute prête à exploser à chaque étape des élections. 

Les échauffourées de campagne pourront ainsi, même si elles ont pu être évitées ou contenues le jour du vote, se reproduire après la publication des résultats et plonger le pays dans une crise postélectorale. Tous les ingrédients des troubles sont d’autant plus réunis que les irrégularités les moins acceptables sont, on ne peut plus, patentes et mises au grand jour. Des bulletins de vote traînent déjà dans les rues congolaises et sud-africaines, pays où ceux-ci ont été confectionnés. L’ambassadeur de la RDC au pays de Nelson Mandela a beau vouloir semer le doute en taxant de faux ces bulletins, il lui sera difficile de faire passer pour nulle l’appréciation de la représentation de l’Union européenne à Pretoria qui les a pourtant jugés authentiques, ne serait-ce qu’en apparence. Et le hic dans toute cette pagaille électorale, c’est la caution d’observateurs dits indépendants qui étalent déjà leur cécité professionnelle à mi-parcours en déclarant, sans vergogne, que toutes les conditions sont remplies pour des élections transparentes. Toute chose qui porte à croire que l’on ne peut plus compter sur ces derniers pour ramener Kabila fils à la raison. Au contraire, celui-ci pourra brandir leurs rapports, qui n’ont d’objectif que leur abusif qualificatif, comme une preuve du bon déroulement du scrutin, et un rempart pour mater sans ménagement toute protestation visant à remettre en cause les résultats des élections. 

Quand on sait que le camp d’en face n’est pas prêt à se laisser duper sans broncher au soir du scrutin, point n’est besoin de dessin pour comprendre le danger qui guette la RDC. Face donc aux risques d’affrontements, l’on ne peut que retenir son souffle et croiser les doigts pour espérer que le bon sens et la raison prévalent pendant et à l’issue du scrutin.


 

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