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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Jorge Mario Bergoglio alias Papa François : Un pape argentin latino-américain ou un pape argentin d’origine italienne européenne?

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 15 Mars 2013, 09:57am

Catégories : #Actualite

20130314000661829475-original_fct1024x63Jorge Mario Bergoglio, né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires en Argentine, est un homme d'Église, ancienarchevêque de Buenos Aires et cardinal266e pape de l’Église catholique romaine sous le nom de François (enlatin Franciscus) depuis son élection le 13 mars 2013. Il est le premier pape jésuite et le premier issu d'Amérique. Il est aussi le premier pape non européen depuis Grégoire III au viiie siècle.

Jorge Mario Bergoglio est né le 17 décembre 1936 au 531 de la rue Membrillar dans le quartier traditionnel de Florès au cœur de Buenos Aires, il est d'une famille de cinq enfants et ses parents sont venus des régions du Piémont et de Ligurie en Italie.

Le grand-père paternel de Jorge, Giovanni Angelo Bergoglio, est originaire de Portacomaro Stazione, un hameau de Bricco Marmorito aujourd'hui rattaché à la commune d'Asti (Piémont). Son père, Mario Josè Bergoglio, né à Turin, exerce la profession de cheminot, et sa mère, Régina Maria Sivori, originaire de la région de Gênes, est femme au foyer. Ses parents se marient le12 décembre 1935 à Buenos Aires.

C'est dans l'église San José du quartier de Florès, où il a fait sa Première communion que, à l'âge de 17 ans, Jorge Mario Bergoglio a, selon le témoignage du curé, une révélation divine, pour entrer dans les ordres : depuis, il vient chaque année dans cette église dire une messe pour Pâques. Il subit à l'âge de 21 ans une pneumonectomie de la partie supérieure du poumon droit après avoir contracté une pneumonie tuberculeuse pendant son adolescence, probablement par sa proximité avec les populations pauvres et la pénurie d'antibiotiques à cette époque. Il obtient un diplôme de chimie de l'université de Buenos Aires et décide de devenir prêtre à l'âge de 21 ans.

Jorge Mario Bergoglio a suivi une formation de technicien en chimie avant d'entrer au séminaire de Villa Devoto, puis au noviciat de la Compagnie de Jésus, le 11 mars 1958. Il fait ses humanités au Chili et revient en 1963 à Buenos Aires pour ses études de philosophie.

Après une expérience d'enseignement (régence) de la littérature dans un collège de Santa Fe (Colegio de la Inmaculada) et dans un collège de Buenos Aires (Colegio del Salvador) (1964 à 1966), il fait ses études de théologie au Colegio Máximo San José de San Miguel de Buenos Aires qui dépend de l'université jésuite del Salvador (1967 à 1970), puis est ordonné prêtre le 13 décembre 1969 par Mgr Ramón José Castellano, archevêque de Córdoba. Il continue ensuite ses études à la faculté théologique et philosophique San José de San Miguel.

Après une année (1971-1972) de Troisième AN  à Alcalá de Henares en Espagne, Jorge Mario Bergoglio est nommé maître des novices du Colegio Máximo San José de San Miguel en 1972 et fait profession solennelle le 22 avril 1973. Trois mois plus tard, le 31 juillet 1973, âgé d'à peine trente-six ans, il est nommé Provincial d'Argentine en remplacement de Ricardo O'Farell pour une durée de six ans. La Compagnie est alors appauvrie en vocations et connait une division sur la question de la théologie de la libération quand prend place la dictature militaire entre 1976 et 1983. Ainsi, si certains lui reprochent de ne pas avoir défendu les jésuites socialement engagés, d'autres lui savent gré d'avoir préservé la Compagnie d'une crise majeure et d'en avoir conservé l'unité.

Membre depuis la fin des années 1960 de l'organisation péroniste Organización Única del Trasvasamiento Generacional (OUTG), il confie, fin 1974, le contrôle de l'université del Salvador à d'ex-membres de cette organisation controversée, dissoute à la mort de Juan Perón.

En 1980, il est nommé recteur de la faculté de théologie et de philosophie de San Miguel (l'ancien Colegio Máximo San José), tout en y étant professeur de théologie. Il est également pendant cette période curé de la paroisse Saint-Joseph de San Miguel. Il communique régulièrement à travers ses homélies pour dénoncer la corruption de la classe politique et la crise des valeurs en Argentine.

En 1986, il se rend en Allemagne pour terminer sa thèse à la faculté de philosophie et de théologie de Sankt Georgen de Francfort. À son retour en Argentine, il est directeur spirituel et confesseur à Córdoba.

Son attitude durant la dictature militaire entre 1976 et 1983 fait l'objet de controverses: en 2000, il demande à l’Église argentine d'assumer son rôle durant la période de la dictature et l'appelle à la pénitence pour purifier sa mémoire. Mais en 2005 le journaliste Horacio Verbitsky, reconnu au niveau international pour ses enquêtes, relance la polémique en publiant El Silencio. Ce dernier affirme notamment que le père Bergoglio a collaboré avec la junte et n'a pas cherché à faire libérer deux jésuites travaillant sous son autorité.

Lorsque, en octobre 2007, le prêtre Christian von Wernich est condamné pour torture, acte qualifié de crime contre l'humanité commis pendant la dictature, et alors qu'est évoqué le soutien apporté à cette époque par la hiérarchie ecclésiastique à la junte, le cardinal Bergoglio exclut que l'Église puisse en tant qu'institution avoir une part dans les crimes de la « guerre sale », rejetant cette responsabilité sur des individus isolés.

Jean-Paul II le nomme évêque auxiliaire de Buenos Aires le 20 mai 1992, à l'âge de cinquante-six ans, puis coadjuteur du même archidiocèse le 3 juin 1997. Le 28 février 1998, à la mort du cardinal Antonio Quarracino, il devient archevêque de l'archidiocèse de Buenos Aires.

Bergoglio refuse alors de loger dans la résidence des archevêques de Buenos Aires et opte pour un petit appartement situé près de la cathédrale. Il confesse régulièrement dans cette cathédrale. Il se lève vers 4h30 le matin pour une journée de travail complète et sans arrêt. Afin de rester proche de ses prêtres, il crée une ligne téléphonique qui le relie à eux ; de plus, il déjeune régulièrement avec un de ses curés. Un jour, en 2009, il loge avec un de ses prêtres menacé de mort par des narcotraficants dans unbidonville. Il est aussi l'évêque ordinaire des fidèles de rite oriental.

 Jean-Paul II le créé cardinal-prêtre lors du consistoire du 21 février 2001 au titre cardinalice de San Roberto Bellarmino. A cette occasion, il refuse que ses compatriotes se rendent à Rome pour les festivités et ordonne que le produit de la quête pour billets d'avion soit distribué aux pauvres. Le Jeudi saint de la même année, à l'hôpital Francisco Muniz de Buenos Aires, il lave les pieds de douze personnes atteintes du SIDA.

En novembre 2001, le cardinal, qui évite de se mettre en avant, refuse d'être élu à la tête de l'épiscopat argentin. Réputé pour sa proximité des fidèles, dans la crise politique et économique que traversent alors l'Argentine et ses élites, il devient une référence et sa popularité ne cesse alors de grandir. Ainsi, à la perte de reconnaissance du « pouvoir religieux » de l’Église et sa désinstitutionnalisation au sein de la société argentine, correspond dans le même temps une politisation non partisane de cette Église due au discrédit des partis politique ce qui fait répéter au cardinal que c'est cette dernière qui met « la Patrie à l'épaule », poussant les partis au compromis politique.

Cette situation ne va pas sans créer de frictions régulières et engendre à partir de 2003 une nette dégradation des liens entre l’État et l’Église catholique, notamment avec les gouvernements de Nestor et Cristina Fernández de Kirchner qui font des Droits de l'Homme une politique d’État et remettent en cause la liaison en « identité argentine » et « identité catholique ».

Selon le vaticaniste Lucio Brunelli, lors du conclave d'avril 2005, Jorge Mario Bergoglio, réputé en outre pour sa solidité doctrinale, est le principal concurrent du cardinal Ratzinger qui aurait recueilli au quatrième et dernier tour du scrutin 84 voix contre 26 pour lui, et 5 votes dispersés. Sa pneumectomie partielle qui le fatigue rapidement ayant pu jouer un rôle dans cette élection face à un Ratzinger perçu par les cardinaux comme plus énergique, il se serait alors retiré de la course, les larmes aux yeux. La Stampa rapporte que Bergoglio est en lice étroite avec Ratzinger durant ce conclave, jusqu'à ce qu'il ait demandé avec émotion aux cardinaux de ne pas voter pour lui.

Au sein de la Curie romaine, il est membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, de la Congrégation pour le clergé, de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, du Conseil pontifical pour la famille et de la Commission pontificale pour l'Amérique latine.

Pope-francis.jpgAprès deux jours de délibérations et cinq scrutins, Jorge Mario Bergoglio est élu pape, le 13 mars 2013, comme l'annonce la fumée assez foncée, puis blanche qui sort de la chapelle Sixtine à 19 h 06, fumée blanche confirmée quelques secondes plus tard par la sonnerie des six cloches de la Basilique à toutes volée. Il choisit le nom de François annoncé par le cardinal protodiacre françaisJean-Louis Tauran. Ce nom pourrait être choisi en référence à saint François d'Assise, image d'une volonté de simplicité évangélique, de sollicitude pour les pauvres et d'attachement à la pauvreté, selon le porte-parole de la Conférence des évêques de FranceBernard Podvin ou à saint François Xavier, cofondateur de la Compagnie de Jésus. Après Albino Luciani (Jean-Paul Ier), Karol Wojtyła (Jean-Paul II) et Joseph Ratzinger (Benoît XVI), tous trois nommés par Paul VI, c'est le premier cardinal nommé par Jean-Paul II à devenir pape.


pope-francis-addresses-the-crowd.jpg?w=6Depuis le balcon de la loge des bénédictions de la basilique Saint-Pierre , François adresse sa bénédiction apostolique urbi et orbi(« À la ville et au monde ») d'abord à la « communauté diocésaine de Rome », déclarant que « le conclave a donné un évêque à Rome ». Il ajoute : « les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde ». Il prie ensuite pour Benoît XVI qu'il appelle « évêque émérite », étant lui-même évêque de Rome et s'adressant à la « communauté diocésaine de Rome », récite le Notre Père, le Je vous salue Marie, et la petite doxologie Gloire au Père, puis demande à la foule de faire silence et de prier pour lui avant qu'il donne sa bénédiction.pape-francois-cardinaux.jpg

En tant que cardinal, il a dénoncé le « libéralisme sauvage d'un monde globalisé », a mené une vie très simple, préférant par exemple emprunter les transports en commun plutôt qu'une voiture de fonction, et porté un intérêt particulier à la situation des pauvres. Il lui est aussi arrivé d'aller passer la nuit dans un bidonville, chez l'un de ses prêtres menacé par les trafiquants de drogue. Sa devise est Miserando atque eligendo (« En ayant pitié et en choisissant »). Elle est tirée d'une homélie de Bède le Vénérable sur le publicain saint Matthieu (« Vidit ergo Jesus publicanum, et quia miserando atque eligendo vidit, ait illi, Sequere me » : « Alors Jésus regarda un publicain, et parce qu'il le regarda comme objet de sa miséricorde et de son choix, il lui dit : 'Suis-moi' »). Cette devise montre l'intérêt du cardinal Bergoglio pour le problème du rejet, de l'exclusion et de toutes les sortes de misères (à ce sujet, voir aussi la parabole du pharisien et du publicain).

En septembre 2009, s'exprimant au cours d'une conférence sur « la dette sociale de notre temps », il reprend le document de 1992 « Documento de Santo Domingo » du Conseil épiscopal latino-américain, en disant que « la pauvreté extrême et les structures économiques injustes qui causent de grandes inégalités » sont des violations des droits de l'homme. Il décrit également la dette sociale comme « immorale, injuste et non légitime ».

En mai 2012, il critique sévèrement certains prêtres argentins qui — dans ce qu'il décrit comme un « néo-cléricalisme » qui détourne les sacrements de leur objet — refusent de baptiser les enfants de mères célibataires, affirmant que dénier le baptême aux enfants nés hors mariage est une forme de « gnosticisme pharisien » qui éloigne les gens du salut.

Selon Hervé Yannou, le cardinal Bergoglio a toujours été « conservateur », en particulier sur les questions familiales et éthiques. Ainsi, suivant la doctrine traditionnelle de l’Église catholique, il s'est exprimé contre l'euthanasie ainsi que contre le mariage des prêtres et s'est engagé — vainement — dans son pays contre le mariage homosexuel.

Il professe le respect des personnes homosexuelles tout en portant l'enseignement de l’Église catholique qui qualifie les actes homosexuels d'« intrinsèquement désordonnés » car ils « ferment l'acte sexuel au don de la vie ». Ainsi, il s'oppose au projet de loi argentin de mariage entre personnes de même sexe. Dans une lettre envoyée en 2010 aux responsables des monastères de la capitale il écrit alors : « Ne soyons pas naïfs: il ne s’agit pas seulement d’un combat politique. Il y a [dans ce projet] la prétention de détruire le plan de Dieu ». « Il faut y voir aussi le dessein du Démon, responsable du péché en ce monde, qui cherche sournoisement à détruire l’image de Dieu: un homme, une femme, qui reçoivent le mandat de croître, de se multiplier, et de dominer la terre. Certains média faisant allusion à cet épisode ou citant des sources non précisées, affirment qu'il aurait qualifié l'homosexualité « de démon infiltré dans les âmes ». Ce sujet a été une source de tension avec le gouvernement argentin.

Concernant l'avortement, il estime que c'est davantage un problème d'éthique, au-delà même du religieux, considérant qu'un être humain existe dès la « formation de son code génétique » : selon lui l'avortement est une privation du premier des droits de l'homme, celui du droit à la vie et il n'est « jamais une solution ». Il est ainsi opposé à l'avortement même en cas de viol de la mère, qualifiant de « lamentable » la loi argentine le dépénalisant, estimant avec la Conférence épiscopale argentine que lorsqu’on parle d’une femme enceinte, il s'agit de deux vies « qui doivent être préservées et respectées, car la vie est une valeur absolue ».

 

CouvertureLe cardinal Bergoglio a maintenu des relations suivies avec le judaïsme, par exemple en participant à des offices de Hanoucca ou de Seli'hot ou à des commémorations de la Nuit de cristal et de l'attentat de 1994 contre la communauté juive argentine. Il a aussi coécrit un ouvrage dénommé À propos du ciel et de la terre (en version originale Sobre el cielo y la tierra) avec le rabbin Abraham Skorka, recteur du Séminaire rabbinique latino-américain. Les deux auteurs y exposent leurs vues sur Dieu, le fondamentalisme, les athées, la mort, la Shoah, l'homosexualité ou le capitalisme.

Mass media : ses positions divisent les commentateurs francophones qui parlent de lui : France Télévisions le décrit comme « modéré », Le Parisien comme « plutôt progressiste », Libération comme « modéré et de tendance réformiste » tandis qu'il est « conservateur » pour BFM TV ou La Tribune de Genève.

7056.jpgComme nombre d'Argentins, Jorge Mario Bergoglio apprécie grandement le football. De fait, depuis l'enfance, il est supporter du Club Atlético San Lorenzo de Almagro, situé dans le quartier porteño populaire de Boedo. Ce club dont le collectif est usuellement surnommé los Santos (« les Saints »), fait partie avec River PlateIndependienteBoca Juniors et Racing des Cinq grands du football argentin. Il apprécie beaucoup son compatriote Lionel Messi qui évolue au FC Barcelone.

Outre l'espagnol, le pape François parle couramment l'italien (langue de ses parents), le français, l'anglais, l'allemand (langue dans laquelle il a rédigé sa thèse de philosophie), le latin et possède des notions de portugais.

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