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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


L’usage du Psaume 22 en Mc 15, 34 à partir de RICOEUR Paul, Penser la Bible: Plainte comme prière

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 13 Janvier 2012, 17:29pm

Catégories : #Bible et Reflexion

 

 

Usage du Psaume 22 en Mc 15, 34

Dans la séquence de la mort de Jésus l’usage de l’Ancien Testament, en particulier du Psaume 22, fait allusion dans diverses occasions : dans les versets 24 (Ps. 22, 12) ; 29 (Ps. 22, 8) et 34 (Ps. 22, 2). Ces allusions appartiennent à la tradition plus anciennes et montrent comment les premiers croyants, dans leur temps et dans des situations diverses, faisaient un effort pour penser la mort de Jésus à la lumière de tout le dessein salvifique de Dieu et, au même temps ils interprétaient toute l’histoire du salut à la lumière de la mort de Jésus.

Ce Psaume sur la souffrance du juste est lu à partir de la perspective de la Passion de Jésus. En l’appliquant en Lui, il est possible d’interpréter à Jésus comme le juste souffrant et voir son destin comme conforme à la volonté de Dieu. Au même temps la Passion de Jésus s’insère dans l’histoire de la souffrance humaine avec laquelle Jésus se fait solidaire.

Nous trouvons encore une chose intéressante que le Psaume 22 a une conclusion qui transforme le destin du juste de la plainte - lamentation à la louange, nous pouvons voir aussi comment la résurrection va être la clé de l’interprétation de la Passion.

Pro - Arguments et commentaires

La reprise, l’assimilation et l’usage quotidien du Psaume 22 dans la piété hébraïque tant au niveau personnel que collectif revêt d’une importance capitale pour la vie liturgique. Car cet usage témoigne de la puissance étonnante de réactualisation de ces poèmes de la piété hébraïque.  Ce qui apparaît comme «citation» n´en a que l´apparence ; ce n´est pas la parole d´un autre rapportée, comme lorsque les auteurs des écrits néo-testamentaires recourent à un texte de l´ancien-Testament détaché de son contexte, soit pour expliciter le sens d´une proclamation nouvelle, soit pour justifier un propos nouveau par une déclaration ancienne tenue pour une prophétie que l´ère nouvelle « accomplie ». Comme nous notons chez Ricoeur que cette citation sur le ‘cri de Jésus’ sur la croix démontre que « les écritures anciennes sont ‘accomplies’ dans l’évènement christique ».

Ricoeur avec Gese notent que le cri de Jésus accomplit l’Ancien Testament et actualise le Psaume 22 dans son entier. Ce rapprochement du cri de Jésus sur le pourquoi mon Dieu au Psaume 22 en forme d’interrogation laisse voir son état d’âme qui est au seuil du dérive et prend comme centre de gravité Dieu en le dirigeant sous forme de prière. « Tant que l’interrogation reste incluse dans les bornes de l’adresse à Dieu, elle garde son aspect plus « existentiel » que spéculatif (…), continue de relever de la pratique du culte, que celui-ci soit public ou privé ». C’est ainsi que dans la typologie générale de prière hébraïque, ce Psaume se trouve ainsi classé parmi les psaumes de plainte, qui a comme caractéristique inquiétante, paradoxal et scandaleux.

L’interrogation de Jésus est formulée dans un contexte précis : d’angoisse, de souffrance et d’abandon. - C’est aussi une des raisons ou des caractéristiques qui a poussé Jésus, selon Marc, à prier le Psaume 22. Cette interrogation met en évidence la dimension humaine de Jésus et elle exprime les sentiments de souffrance, de dérision et de détresse qui laissent le mouvement du cœur de Jésus et non de la raison spéculative. De cela du point de vue de culte cette expérience singulière de Jésus devient une expérience générale de tous les souffrants qui interrogent Dieu sur son abandon. Ainsi « élevée de la singularité à l’exemplarité, la souffrance est en outre radicalisée par l’expression : « abandonné de Dieu » ».

Une des raisons aussi qui fait que ce Psaume 22 soit utilisé par Jésus sur la croix est son caractère confiant. Dans la souffrance, la privation de shalom, le Psaume 22 montre que le juste souffrant, malgré sa situation de détresse et son interrogation existentielle à Dieu, garde toujours confiance en ce même Dieu. Car c’est à lui va venir son secours. André Lacquoque note que « cette dimension du souffrir ne se relève qu’au suppliant qui place sa détresse devant Dieu. Pour lui, souffrir devant Dieu, c’est souffrir de sa main, c’est poser en victime blessé par Dieu ». Cette façon d’exprimer sa souffrance, son abandon et sa confiance en Dieu montre une tension entre la plainte et la louange et, la fidélité de Dieu envers les ancêtres et la déréliction personnelle du psautier.

Notons que le ‘cri de jésus’ sur la croix inspiré du psaume 22 faisait accompli les écritures anciennes revêt un caractère théologique. Prière comme plainte ou lamentation pose problème car elle n’est pas une spéculation rationnelle, sinon une expression d’état d’âme. Mais la forme interrogatoire du Psaume 22 repris en Mc 15, 34 incite Westmann à s’interroger sur « le rôle de la lamentation dans la théologie de l’Ancien Testament » qui « va droit à la théologie de l’histoire dans la Tora et chez les prophètes ». Cette théologie, dans son ensemble s’inscrit par « le fameux credo de Deutéronome 25, 1-11 selon Von Rad que la séquence d’Exode, s’édifie sur le récit d’évènement fondateurs consistant pour l’essentiel dans les actes de délivrance qui mettent fin à des situations de détresse ». D’une part, la théologie vétérotestamentaire est une aussi une théologie de rétribution et de pénale à la théologie de la libération de Dieu qui sauve l’opprimé, l’abattu et le juste dans les mains des impurs. D’autre part, Gese trouve dans cette perspective théologique de la délivrance, une marque d’une « théologie apocalyptique » en rapport avec le royaume de Dieu. Dans la mesure où on note « le salut de l’homme pieux arraché à la mort se révèle la seigneurie eschatologique de Dieu ».

Pour clore ce point d’argumentation pour l’usage du Psaume 22 en Mc 15, 34, nous disons qu’il y a plusieurs aspects littéraires, narratifs et théologiques. Nous mettons en vedette cet aspect théologique sur l’eschatologisation de l’expérience de l’abandonné de Dieu. Avec Ricoeur, nous attestons que «  l’eschatologie du Psaume 22 ajoute une dimension à ces grandes thématiques. À cet égard, on pourrait dire que la reprise par Jésus du cri du suppliant du Psaume 22, 2 atteste et scelle la parenté entre toutes ces interprétations théologiques de l’Urleiden d’être abandonné par Dieu ».


 Contre Arguments et commentaires

 

Ici, dans le cadre des arguments en contre de l’usage du Psaume 22 en Mc 15, 34 dans le document de notre étude, nous n’avons pas pu trouver grand-chose qui soit contre cet usage ou ce rapprochement.

 Néanmoins, nous avons pu trouver certaines inquiétudes ou conséquences pour le lecteur par rapport à cet usage sur ses aspects théologiques subséquents. Dans le méandre existentiel, le lecteur trouve en Psaumes en général et en particulier en Psaume 22 dans le cadre de lamentation et de plainte une exigence singulière et une forme de résistance contre toute atteinte à la vie, aux intérêts personnel et collectif. C’est ainsi que le lecteur peut interpréter «cette résistance discrète à la théologie accusatrice des prophètes »[15]ou la théologie pénale qui préserve la dualité du mal : mal de souffrance et mal de culpabilité. Cette théologie qui est contraire à la théologie de l’histoire en perspective de la libération. Ou pour atténuer, le lecteur trouve que Dieu garde silence ou il vient au secours du juste soufrant que quand celui est déjà au seuil de la mort ou après sa mort.

 

Bien que l’ensemble du Psaume 22 montre que Dieu n’abandonne pas le juste souffrant dans le gouffre de la mort et il se termine avec une conclusion de louange. Cela n’enlève presque pas dans l’esprit du lecteur le soupçon du constat selon lequel Dieu abandonne le juste qui met sa confiance en Lui. Caractérisé ce Psaume 22 par la plainte, la lamentation, la prière, par rapport aux expériences des prophètes, le lecteur trouve encore « une mesure d’interprétation, une fois opéré le grand détour par Esaïe et Ezéchiel » cette attitude de Dieu d’abandonné son peuple. Dans le sens qu’il affirme son soupçon de que Dieu effectivement abandonne donc son peuple et la question du pourquoi formulée dans ce Psaume ne satisfait pas la réponse de ceux-ci.

 

Réflexion personnelle

 

Nous ne pouvons pas dissocier le Psaume 22 au contexte dans lequel il a été écrit et il a un usage de prière liturgique. Il exprime l’état d’âme de la personne angoissée ou confrontée à la mort. En le récitant la personne commence par une interrogation à Dieu qui autrefois avait sauvé son peuple en Egypte et en Babylone. Qu’il vienne aussi le sauver dans sa situation de déréliction ou de mort. Dieu en se souvenant de ses actes salvifiques en faveur d’Israël, sauve aussi le juste souffrant. D’où, le Psaume se conclut avec une louange à Dieu qui exauce la supplication de ceux qui mettent la confiance en lui et qui font recours à lui. Jamais ils ne sont déçus.

 

C’est dans la même perspective que nous devons nous approcher du Mc 15, 34. D’emblée, nous constatons que cette phrase « mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné» dans la culture sémite biblique s’inscrit dans la logique de ceux-qui ont subi un abandon total de la part de Dieu à cause de leur péché ou de leur faute commise. D’où, l’interprétation précipitée du texte de Marc sur Jésus ‘avant-pâques’ serait que Jésus est en train de subir le sort de ce qu’il a fait. C’est pour cela Dieu l’a abandonné. Si Dieu l’a fait à celui qui se réclamait son Fils et Lui son père. À plus fort raison à ceux qui ne se réclament pas ses fils qu’est-ce qui va leur arriver ?

Mais l’escanario ne se termine pas sur le pourquoi de Jésus sur ‘son sentir abandonné de Dieu’, au 38è verset «  le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu'en bas ». il s’agit là de l’intervention divine : Theologoumenon. En fin Dieu a agit en faveur de l’abandonné. À cet agir divin, il n’est plus l’abandonné de Dieu. Dieu le déclare juste. Sur ce point, le narrateur met à la bouche du centurion romain cette profession de foi : « Le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu'il avait expiré de la sorte, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu » Mc 15, 39.

 

À partir de cela, nous pouvons conclure que Marc déconstruit le préjugé du lecteur, crée le doute existentiel et la crise de foi dans le cœur du lecteur en lisant son évangile. Il ne donne pas de conclusion à son texte. Il le laisse ouvert et invite le lecteur a y apporter un plus. Peut-être le lecteur a un mot à dire. Cependant,  il guide le lecteur dans sa lecture en fin que celui-ci arrive à une conclusion personnelle basée sur la raison et sur la foi mature. Comme le centurion, ‘vraiment, cet homme était Fils de Dieu’.

RCOEUR Paul, La plainte comme prière, dans RICOEUR Paul et LaCOCQUE, Penser la Bible, Paris, Seuil, 1998, p. 279.

Idem, p. 279 et 300.

Idem, p. 300.

Idem, p. 281.

Idem, p. 285.

LACOCQUE André, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m´as-tu abandonné ? Psaume 22, dans RICOEUR Paul et LaCOCQUE, Penser la Bible, Paris, Seuil, 1998, p. 247.

RICOEUR Paul, La plainte comme prière, p. 286.

Idem, p. 254

Idem, p. 293.

Idem, p. 293.

Idem, p. 293.

Idem, p. 300 et 301.

Idem, p. 192 et 301.

Ídem, p. 302.

Ídem, p. 298.

Ídem, p. 298.

 

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Commenter cet article

Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo 24/06/2012 21:01


Le centurion romain représente les autres peuples ou nations qui ne sont pas des juifs et qui reconnait en Jesus la filiation divine même si les juifs eux-mêmes endurcissaient leurs coeurs:
"vraiment cet homme etait le fils de Dieu".

Clovis Simard 24/06/2012 04:13


 Blog(fermaton.over-blog.com),No-2: GOMME QUANTIQUE !


Le centurion romain?

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