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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


La connaissance de DIEU dans les religions non-chrétiennes : la Grèce Antique et l’Islam (Suite)

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 11 Septembre 2013, 19:30pm

Catégories : #Théologie de la libération

II. La connaissance de DIEU   dans les religions non-chrétiennes : la Grèce Antique et l’Islam

 

2.1. Les grecs : philosophie antique

 

D’après les études menées nous constatons que la connaissance de DIEU   est antérieure à la définition scientifique romaine du mot « religion ». Parce que « l’existence d’une origine divine était présupposée sans discussion » et le concept « DIEU   » était déjà présent et connu de tout le monde. Bien avant ces définitions de certains érudits romains, le monde grec antique et spécialement les philosophes grecs faisaient déjà une expérience du cosmos qui les conduisait à une expérience religieuse. Cette expérience les permettait d’avoir une connaissance du divin et de sa nature pour expliquer le cosmos. Cette connaissance du divin était le fruit de l’étonnement ou de l’émerveillement devant cette grande œuvre artistique qui est le cosmos. La construction de cette connaissance était faite au moyen du logos : discours pour se différencier des légendes et les fables de la tradition de communs de mortels grecs.

Parmi ces philosophes grecs qui nous ont fait savoir sur la connaissance d’un être différent au cosmos et à nous sont entre autres : Thalès, Anaximandre, Pythagore, Héraclite, Parménide, Démocrite, Zénon d’Élée, Anaxagore et Xénophane. Tous ces philosophes dans leur quête sur l’origine de toutes choses, arrivaient à la conclusion de qu’au-delà du cosmos il y a quelque chose autre ou un être qui est le principe originel de toutes choses qui existent. Thalès disait l’eau, Anaximandre l’apeiron : l’infini, Héraclite le feu, Anaxagore parmi ses thèses nous retiendrons le Noûs ou le démiurge que plus tard Platon le développa, Xénophane l’Un. Cette connaissance naturelle sur le principe originel de toutes choses et de sa nature de ces philosophes avait influencé toute la philosophie et la théologie postérieure.

C’est le cas des philosophes grecques classiques comme Socrate, Platon, Aristote, etc. Et des philosophes hellénistes qui ont formés des grandes écoles à l’instar d’épicurisme, stoïcisme et scepticisme. Ces derniers ont influencé le monde romain. Ces philosophes, à la suite des présocratiques, cherchent la même chose qui est une explication sur l’origine du monde à partir de l’observation et de la rationalité. Les uns se préoccupaient de la physique qui deviendra la métaphysique avec Aristote (héritière de Parménide) qui ne cherchait non seulement à expliquer le cosmos mais aussi, il cherchait les explications les plus fondamentales sur l’être en général. De son côté Platon (à la suite de Anaxagore, Parménide) cherche à élucider l’organisation du cosmos pour expliquer sa théorie des idées, il trouve que ce qui est au principe de toutes choses c’est ce qui est le même principe organisateur du cosmos appelé démiurge. C’est démiurge est un DIEU   qui se situe hors du monde. Celui qui créa tout y compris l’âme immortelle et éternelle.

Si nous déguerpissons dans la plupart d’expérience religieuse de différentes religions traditionnelles qu’institutionnelles nous trouverons ces mêmes différentes réflexions sur le principe originel de toutes choses qui est au fond leur connaissance de DIEU. Le but de leur quête n’était pas d’expliquer l’existence de DIEU, mais de sa nature par rapport au cosmos. En expliquant DIEU et sa nature ils prouvèrent alors son existence. C’est pour cela leur approche était cosmogonique et cosmologique qui relevait de la philosophie naturelle ou « philosophie de la nature ». C’est ainsi que Socrate et pas mal de philosophes de ce temps à la suite d’Anaxagore affirment que le cosmos a une origine divine dans le sens qu’il a une nature divine et spirituelle. Cette affirmation se base sur l’argumentation selon laquelle que c’est DIEU (démiurge) qui créa et organisa le cosmos. Dans cette même optique Panneberg affirme que « Socrate utilisait déjà l’argument qui remontait à Anaxagore sur la nature spirituelle de l’origine du monde » parce qu’au « nom de l’ordre qui se rencontrait dans le monde de la nature, pour fonder la conviction de l’existence d’un artisan sage et amical, qui a si parfaitement organisé toute chose ». À la quête sur le principe originel de toutes choses les philosophes grecs arrivent à découvrir l’existence d’une certaine divinité qui surpasse leur entendement qui leur a fait passer de la conception des plusieurs DIEUX grecs à une notion d’un être ‘UN’.

Cette connaissance de cet Être UN est un patrimoine de la philosophie de Xénophane. Dégagé du polythéisme grec de son temps, Xénophane à la suite de Parménide développe une philosophie sur la connaissance d’un DIEU MONO quand il déclara que « il n’y a qu’un seul DIEU qui est l’Être suprême parmi les hommes et les DIEUX ». De là, nous trouvons en lui la connaissance d’un seul vrai DIEU qui est au-dessus de tout, d’une part et l’existence de plusieurs divinités qui existent que dans l’imagination des hommes. Cette théorie de la connaissance d’un vrai et seul DIEU   unique est un aboutissement de ce qui était déjà présent le monde antique (Egypte : Aton  et Babylone : Marduk), et professée par la foi islamique. En étant UN et un seul, Xénophane lui attribue la qualité de toute – puissance parce que « si DIEU est le souverain des êtres, il faut selon Xénophane, qu’il soit unique aussi ; car s’il y en avait deux ou plusieurs, il ne serait plus dès lors le souverain ni le plus grand de tous les êtres, parce que dès lors chacun de ses êtres multiples serait absolument tout pareil à lui ». Cette connaissance d’un DIEU unique avec ses attributs nous le trouvons développée et soutenue par la théologie arabo-musulmane.

 

2.2. Islam : théologie arabo-musulmane

 

Cette connaissance naturelle sur le principe originel de toutes choses, de sa nature et de son unicité de ces philosophes a influencé toute la philosophie et la théologie postérieure. Ici nous prenons le cas de la théologie ou de la religion arabo-musulmane avec la quasi ressemblance de cette connaissance de DIEU et de son unicité. Cette connaissance de DIEU par Islam est approuvée par le Concile Vatican II en ces termes que les musulmans « cherchent à se soumettre de toute leur âme aux décrets de DIEU, même s’ils sont cachés, comme s’est soumis à DIEU Abraham, auquel la foi islamique se réfère volontiers ».

 

2.2.1. La notion de DIEU en Islam

 

De nos jours, il est connu de tous qu’il existe dans toutes les langues un ou plusieurs noms qui font référence à DIEU ou à certaines divinités. Mais ce n’est pas le cas pour l’Islam parce qu’Allah est le nom spécifique d’un seul et unique vrai DIEU des musulmans. Aucune divinité en dehors de lui peut-être appelé ainsi. Le vocable Allah a un caractère unique et singulier parce qu’il n’a pas de pluriel ni de genre. Allah est une seule notion que l’Islam associe à DIEU. Pour un musulman, Allah est le Tout-puissant et le Créateur de l’univers (Parménide et Platon). En dehors de Lui, il n’a rien d’existant comme Lui et rien ne Lui ressemble. C’est pour cela, Il est l’essence même de la foi monothéiste islamique parce que « au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux, dis : il est Allah, Unique, DIEU l’Éternel. Allah, Le seul à être imploré pour ce que nous désirons. Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui » (Coran 112, 1-4).

Il y a bien de gens qui considèrent Allah comme un DIEU sévère, cruel, insensible et non bienveillant qui exige obédience totale. Mais en lisant les 114 chapitres du Coran, chaque chapitre commence presque avec le verset suivant : « au nom d’Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux… ». Cependant, Allah est absolument juste et clément. C’est pour cela, les mauvais et les pécheurs doivent être châtiés et les vertueux seront gracieux. En fait, la clémence comme attribut divin se manifeste pleinement dans son attribut de justice. Ceux qui souffrent tout au long de leur vie pour l’amour de DIEU   et ceux qui oppriment et exploitent les autres ne doivent pas recevoir le même traitement. Un traitement semblable entre les bons et les méchants nierait la responsabilité de l’homme dans la vie future, et à partir de ça, nierait toute initiative d’amener une vie morale et vertueuse dans ce monde. À ce sujet le Coran déclare que « les pieux auront auprès de leur Seigneur les jardins du délice. Traiterons-nous les soumis d’Allah à la manière que les criminels ? Qu’avez-vous ? Comment jugez-vous ? » (Coran 68,34-36).

 

2.2.2. L’unicité, la nature, l’existence et les attributs d’Allah

 

Comme il n’y a rien d’existant qui ressemble à Allah, c’est pour cela Islam rejette toute représentation d’Allah sous une forme humaine ou autre en dehors de Lui. Il est de nature différente avec le monde créé comme nous l’avons trouvé chez Xénophane, puisque s’il était de même nature que ce monde créé il serait d’essence temporelle et ipso facto il serait Lui-même être créé par quelqu’un d’autre. Or s’il était ainsi, cela nierait son essence, sa nature, son éternité, son unicité et sa toute-puissance. Il est Lui-même sa propre origine, son propre principe et sa propre existence. Il est « le premier et le dernier » (Coran 57,3). Il a la force de donner et d’ôter la vie. De même il a la force de la protéger. C’est pour cela il est la cause de tout ce qui advient comme affirme le Coran : « Allah est le Créateur de toute chose, et de toute chose il est le Garant. Il détient les clefs des cieux et de la terre » (Coran 39,62-63). Allah « n’a adopté aucun fils, il n’y a pas un DIEU que Lui. Sinon chaque DIEU aurait attribué ce qui aurait créé et l’un serait supérieur à l’autre » (Coran 23,91) et il y aurait eu la corruption et la perdition.

Seul Allah qui a créé, en dehors de Lui le monde et tout ce qui y existe. Il a créé aussi les hommes et tous les humains par nature sont créés égaux. Cependant la différence entre les humains réside dans l’effort de mener une vie bonne pour bénéficier de la grâce d’Allah.

La connaissance d’un seul vrai et unique DIEU, principe originel de toutes choses, créateur de tout ce qui existe soutenue et confessée par l’Islam s’apparente fortement à celui des philosophes grecs. Et celui de l’unicité spécialement émane de la théologie naturelle de Xénophane. Ce qui intéresse à la théologie islamique c’est la question de l’unicité d’Allah et de ses attributs. À ce sujet, le Coran dise que tous les DIEUX qui se prétendent d’exister sont faux et ceux qui les adorent ou adorent les objets fabriqués par l’homme sont perdus (Coran 37,95), et ils sont inconsistants et idolâtres (Coran 6,76-79). Le Concile Vatican II reconnait cette théologie monothéiste islamique et corrobore à cette thèse en ces mots, les musulmans « adorent le DIEU unique, vivant et subsistant, miséricordieux et tout-puissant, créateur du ciel et de la terre qui a parlé aux hommes ».

 

Wolfhart Pannenberg, Théologie systématique, Paris, Cerf, 2008, p. 103.

Wolfhart Pannenberg, Théologie systématique, p. 103.

Wolfhart Pannenberg, Théologie systématique, p. 104.

Wolfhart Pannenberg, Théologie systématique, p. 104.

Guilmot Max, Essai sur Xénophane de Colophon, Louvain-la-Neuve, 1943, p.17. (Mémoire inédit)

Guilmot Max, Essai sur Xénophane de Colophon, p.19.

Concile Vatican II, Déclaration sur les relations de l´Église avec les religions non-chrétiennes : Nostra Aetate, n°3.

Nostra Aetate, n°3.

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