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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Le 28 novembre 2011 : Monsengwo sceptique, le cardinal veut des assurances en vue des élections apaisées

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 11 Novembre 2011, 22:37pm

Catégories : #Actualite

S’adressant à la presse hier, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya a émis des doutes quant à la tenue des élections apaisées à la date du 28 novembre. * Tout en déclarant n’avoir personnellement rien suivi des derniers propos d’Etienne Tshisekedi, jugés pourtant incendiaires, le prélat a condamné et stigmatisé tout agissement qui frise la barbarie. * Il souhaite néanmoins que les élections à venir, sans être une fin, mais plutôt un moyen, se déroulent dans le calme, la tolérance, le respect des personnes et des biens,… conditions qui ne sont pas visiblement requises pour le moment.

Hier, dans la matinée, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya s’est adressé à la presse tant nationale qu’internationale, en rapport avec l’actualité électorale en République démocratique du Congo. La rencontre a eu lieu au Centre Lindonge, en rapport avec l’actualité du moment marquée par le processus électoral engagé dans le pays, à quelque 18 jours de la présidentielle et des législatives.

Un climat électoral tendu

Dans son introduction, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya a reconnu que le climat électoral est très tendu. « Ce n’est plus un secret pour personne que le climat du pays en général et de la capitale en particulier est caractérisé par un regain de peur et d’énervement, d’incertitude sinon de panique », a – t – il commencé.

« Nous sommes tous les jours témoins d’incidents qui étonnent par leur fréquence et leur répétition : l’on se provoque, on s’arme de machettes, parfois des fusils, on casse et on brûle, comme si l’on était en présence d’ennemis rangés en ordre de bataille ou bien que la fin des élections était de détruire le pays plutôt que de le bâtir, que les élections visaient à tuer plutôt qu’à sauvegarder et à promouvoir la vie », a – t – il renchéri. Laurent Monsengwo faisait allusion à divers incidents signalés à travers la République, plus particulièrement depuis le lancement de la campagne électorale le vendredi 28 octobre dernier.

Bien d’observateurs reconnaissent, à juste titre, que dans bien de provinces du pays, l’intolérance politique a du vent en poupe. En particulier, Kinshasa la capitale est devenue le bastion du banditisme et de violence, en lieu et place de la paix et de la sérénité, bases d’une bonne culture démocratique.

Des actes de barbarie

Aucun processus électoral bien mené ne peut aboutir au rythme et sur fond des atrocités. C’est pour cette raison que le cardinal a déclaré qu’ « on ne peut que condamner et stigmatiser ces agissements qui frisent la barbarie », avant de demander instamment aux uns et aux autres – allusion faite aux fauteurs de troubles qui se tirent plutôt à boulets rouges aussi bien du côté du pouvoir que de l’opposition, c’est selon – de faire preuve de sagesse et de prudence, de retenue et d’esprit démocratique. La démocratie a encore beaucoup de faiblesses dans nos pays africains. En République démocratique du Congo, encore davantage. Aller aux urnes, c’est bien là où les Romains s’empoignèrent. C’est pour cela aussi que, tout en se demandant si vraiment les politiques congolais vont l’entendre de bonne oreille cette fois – ci, Laurent Monsengwo a rappelé que « les élections ne sont pas une fin en soi, mais une finalité ». En réalité, la fin dans un processus électoral, c’est l’homme qui doit être au centre de toute l’action politique et économique. La finalité, quant à elle, c’est l’Etat de droit, c’est-à-dire la mise en place des institutions destinées à gérer le pays pour améliorer les conditions de vie du peuple, garantir les libertés fondamentales et la dignité humaine.

Et au prélat de s’interroger : « Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population ? Comment élire des gouvernants qui ne nous donnent pas de garantie de paix, de justice, de vérité et d’amour du peuple ? » Cette interpellation vaut son pesant d’or surtout lorsqu’à quelque échelon que ce soit, un candidat en lice tient à se maintenir ou à accéder au pouvoir par la force, instrumentalisant même la jeunesse, généralement droguée et armée pour que triomphe sa cause égoïste, il y a des craintes à émettre sur le type d’hommes à élire, pis encore sur le devenir de la société congolaise qui connaîtrait ainsi de plus en plus sa descente aux enfers.

Besoin d’assurances

S’il est vrai que l’organisation des élections doit concourir au bien-être des populations, celles-ci aspirent d’abord à la paix et la sécurité. Une sécurité englobant tous les aspects de la vie du pays, sur le plan interne et aussi sur le plan externe. A quoi bon aller aux élections si les lendemains se révèlent douteux pour les électeurs restés vivants d’une part, et moelleux pour une minorité qui accède au pouvoir pour le pouvoir. Avant de clore son propos, le cardinal a invité aussi bien les dirigeants à venir à rassurer le peuple : « De grâce, rassurez-nous, a – t – il insisté. Rassurez le peuple pour que le peuple vous élise en âme et conscience. Nous voulons à tout prix une « République de valeurs » et non d’antivaleurs. Nous tenons à nous rendre aux élections dans le calme, la tolérance, le respect des personnes et des biens, pour des élections apaisées », a-t-il conclu.

Monsengwo de mèche avec Tshisekedi ?

La semaine en cours est encore marquée par des propos jugés incendiaires, prononcés depuis l’Afrique du Sud par le candidat président Etienne Tshisekedi. Celui-ci, pour des raisons qui lui sont propres, avait annoncé qu’il devient sans attendre le verdict des urnes, le président de la République démocratique du Congo. Une autoproclamation assimilée à un coup d’Etat, suscitant d’énergiques réactions dans des salons huppés de par monde. Dans ce même message distillé sur les antennes de la Rltv, le vieil opposant cite nommément le prélat. Sur un ton moqueur face à ses adversaires, Tshisekedi croit que le pouvoir a tort de penser que Laurent Monsengwo était né de la dernière pluie en matière politique. Un plébiscite que le cardinal pouvait bien acquiescer. Plusieurs langues se sont alors déchaînées quant à ce, arguant que Laurent Monsengwo est bien de mèche avec l’opposant historique.

En réponse à ces allégations, le cardinal déclare n’avoir pas suivi personnellement l’élément en question ; si ce n’est que par des bouches des gens. Il s’est réservé alors de tout commentaire. Tout en reconnaissant que l’Eglise est au milieu du village, Monsengwo a soutenu que cette position peut être à l’entrée ou à la sortie du village, étant donné que ‘’l’expression milieu du village’’ est synonyme de vérité, de justice et absence de discrimination. A l’en croire, tant que l’Eglise se rangera toujours du côté de la vérité, qu’elle soit soutenue par la majorité ou par l’opposition, et ce n’est que justice. Là aussi, Le cardinal pourrait faire l’objet des critiques sévères comme à chaque fois qu’il invente une nouvelle notion dans sa dialectique. Ce fut le cas à la Conférence Nationale Souveraine où il avait parlé de la 3ème voie, des convergences parallèles, …

Des réactions sans ambages

Suite à diverses préoccupations des journalistes, le prélat a donné des réponses qui n’admettent pas d’équivoque : tout en se demandant sur l’avenir du pays et l’inconstitutionnalité dans laquelle il sombrerait, le cardinal ne voit pas la nécessité d’un report des élections ; l’Eglise ne fait pas que condamner mais elle réagit chaque fois qu’il le faut ; la Radiotélévision catholique Elikya ne soutient pas un candidat donné ; bien que nous sommes en campagne, on a comme impression que celle-ci n’a pas encore débuté ; il n’y a pas de débats entre candidats en lice, en rapport avec le bien-être populaire ; le déploiement des 30. 000 observateurs formés par la Commission Justice et Paix ; … tout en recommandant aux jeunes de ne plus suivre les trouble-fêtes doublés de tireurs de ficelles, décidés à nuire les intérêts des Congolais.

Emmanuel Badibanga

 

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