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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


LE M23 PROPOSE LA PARTITION DE LA RDC

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 11 Juin 2013, 16:19pm

Catégories : #Actualite

Kinshasa ne cache plus son opposition au projet d’accord soumis à la facilitation ougandaise par les délégués du M23. Tout compte fait, Kinshasa ne serait plus prêt à rééditer les erreurs contenues dans l’accord de Goma de mars 2009, sur lequel le M23 légitime son action. Expert du gouvernement dans la délégation dépêchée aux pourparlers de Kampala, François Muamba Tshishimbi, a ouvertement craché sur le projet d’accord élaboré par le M23. Le tout nouveau coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba n’est pas allé par le dos de la cuillère. Il est formel sur un point. Selon lui, les dispositions du projet d’accord du M23 consacrent dans des termes clairs la partition du pays. Alors, prudence à Kinshasa, recommande-t-il.

On en sait un peu plus sur les blocages qui émaillent les pourparlers engagés à Kampala entre le M23 et la délégation de Kinshasa. Ouverts en décembre 2012, ces pourparlers tardent à livrer leurs conclusions. C’est désormais l’impasse. La reprise des hostilités autour de la ville de Goma a plus que jamais ravivé l’incertitude quant à une issue heureuse de ce dialogue, initié suivant un accord conclu dans le cadre de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).

Contre toute attente, le M23 a annoncé tout récemment l’intention de retourner à la table des discussions de Kampala pour relancer les pourparlers avec la délégation de Kinshasa. « Le M23, en accord avec la facilitation, confirme que sa délégation se rendra à Kampala ce dimanche (Ndlr : 9 juin 2013) afin de poursuivre le dialogue », a indiqué Bertrand Bisimwa, chef politique du mouvement rebelle soutenu par Kigali et Kampala, dans un communiqué daté du mercredi 5 juin.
Le M23 justifie sa décision de retourner à Kampala, notamment, par les propos du secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, et sa représentante spéciale pour la région des Grands Lacs, Mary Robinson, lors d’une tournée fin mai dernier dans la région des Grands Lacs.
Si Kinshasa a salué cette volte-face, il s’est néanmoins montré prudent, préférant décrypter davantage le message du M23 pour en saisir le fil conducteur.

Selon François Muamba, le gouvernement de la RDC attendait plutôt du M23 « la création des conditions favorables pour enfin mettre un terme à ces discussions » entamées en décembre 2012. « Nous nous félicitons qu’ils [rebelles du M23] aient compris maintenant qu’ils n’ont pas d’autres choix, eux qui sont une force négative, s’ils veulent échapper aux frappes de la brigade [d’intervention de la Monusco] que de retourner effectivement à Kampala », a déclaré François Muamba, interrogé par radio Okapi.

L’on s’attendait donc à la réouverture des pourparlers de Kampala. Apparemment, le sujet n’est pas encore à l’ordre du jour. Trop de préalables subsistent. Entre les deux délégations, c’est presque le langage des sourds. Alors que le doute s’installe sur une probable relance de ces pourparlers, c’est le moment que choisit François Muamba pour remuer le couteau dans la plaie, jette un sérieux discrédit sur le dialogue de Kampala.

Intervenant le week-end sur les antennes de la Radiotélévision nationale congolaise, François Muamba a quasiment crevé l’abcès. Il a abordé des sujets qui fâchent, autour desquels les deux délégations à Kampala ne parviennent pas à s’accorder.

Le délégué du gouvernement dans la capitale ougandaise s’est formellement attaqué au projet d’accord présenté à la facilitation ougandaise par les délégués du M23. Sans détours, il a fait savoir que Kinshasa n’adhère pas à ce projet d’accord. Pour autant, soutient-il, qu’il consacre en des termes sans équivoque la partition du pays. Le M23 couche noir sur blanc dans son projet, avec l’intention de le faire avaliser par Kinshasa, de garder le contrôle entier des territoires sous son administration au Nord-Kivu. Ce contrôle est aussi militaire !

Si les pourparlers de Kampala se trouvent encore au point mort, François Muamba n’en attribue pas la responsabilité au gouvernement de la RDC. Le coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’accord-cadre d’Addis-Abeba, François Muamba, estime que le blocage des pourparlers de Kampala ne peut pas être attribué à Kinshasa. « Si blocage il y a, ce n’est pas le fait de la République démocratique du Congo », assure-t-il, expliquant que le gouvernement attend la proposition finale de la médiation devant mettre fin aux discussions.

Une chose est sûre. Kinshasa n’est pas prêt à adhérer au schéma du M23, tel que tracé dans le projet d’accord que le mouvement a transmis à la facilitation ougandaise. François Muamba a, à ce propos, répercuté la position du président de la République, Joseph Kabila, également hostile au projet d’accord du M23.

Des dispositions compromettantes

Et, il y a bien de bonnes raisons pour Kinshasa de marquer vigoureusement son opposition au projet d’accord du M23. En effet, certaines dispositions de ce projet d’accord reconnaissent au M23 l’entière souveraineté des territoires sous son contrôle.

L’article 5 de ce projet d’accord dispose que « Du fait des guerres récurrentes ayant entraîné la destruction des infrastructures, du tissu socioéconomique, la fracture de la cohésion sociale et l’absence de toute perspective de développement suite au déficit d’une paix durable et de la sécurité durant les dernières décennies dans l’Est de la République, le gouvernement s’engage à décréter la partie Est de la RDC (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Haut-Uélé, Maniema et Tanganyika) comme étant une « zone sinistrée ».

A ce titre, la zone déclarée sinistrée devra jouir de 1. Un statut administratif particulier; 2. D’un plan de développement spécial ; 3. D’une large autonomie fiscale et financière ; 4. D’un concept opérationnel particulier pour sa sécurisation ; 5. D’un programme spécifique de sécurisation pour la concrétisation de différents Accords régionaux, notamment :- Le Pacte sur la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs signé à Nairobi, le 15 décembre 2006; - L’Accord-cadre pour la Paix, la sécurité et la coopération pour la République démocratique du Congo et la région, signé à Addis-Abeba le 24 février 2013 ».

Qui pis est, le M23 s’octroie des droits d’exercer son autorité sur une période de cinq, renouvelable dans les territoires passés sous son contrôle depuis plus d’une décennie. Il se voit déjà installer durablement dans les territoires qui échappent au contrôle du gouvernement.

Dans l’article 23 de son projet d’accord, le M23 prouve qu’il n’a jamais eu l’intention de déposer les armes. Pour mettre fin à son aventure militaire, le M23 propose des préalables dont la réalisation pourrait s’étendre jusqu’à l’infini, lui permettant de s’installer et d’installer qui il veut.
L’article 23 est ainsi libellé : « Dès lors que la partie Est de la RDC sera sécurisée, débarrassée de toutes les forces négatives étrangères et de tous les groupes armés nationaux et que, les déplacés internes et les réfugiés seront retournés, réinstallés et réinsérés dans leurs lieux d’origine, le M23 s’engage à :- Déposer définitivement les armes;- Démobiliser les membres de l’ARC qui ne souhaiteront pas intégrer les FARDC;- Ne jamais recourir aux armes pour faire entendre les revendications de la population congolaise ».

Tout compte fait, le M23 se considère comme seule autorité d’une « Républiquette » qui jouirait de mêmes droits et avantages que la RDC. Une aberration que Kinshasa n’est pas prêt à cautionner, rappelle François Muamba.

Duplicité

Curieusement, la communauté internationale, qui fait preuve de duplicité dans les conflits qui endeuillent la partie Est de la RDC. Elle continue de soutenir une résolution politique de la crise congolaise, alors que la logique du M23 n’est rien d’autre qu’une partition de fait, une balkanisation du pays.

Dans une déclaration faite le samedi 8 juin 2013, l’envoyée spéciale de Ban Ki-moon dans les Grands Lacs, l’Irlandaise Mary Robinson, a exhorté les deux parties à engager des discussions sérieuses afin de faire avancer la normalisation de la situation dans l’Est de la RDC.

Elle a souligné l’importance des efforts politiques pour réaliser la paix et la sécurité pour les populations de la partie Est de la RDC et de la région des Grands Lacs.
Mais, comment négocier avec un partenaire qui étale au grand jour son désir de partitionner la RDC ? Les propositions contenues dans le projet du M23 sont inacceptables. La communauté internationale, avec les Nations unies en tête, ferait mieux de rappeler le M23 à l’ordre. Le premier pas dans la recherche d’une solution durable dans les Grands Lacs est d’intensifier la pression sur Kigali pour couper tout lien avec le M23.

Isolé, le M23 ne représentera pas une menace pour la paix dans les Grands Lacs. Mais, tant qu’il aura le soutien avéré de Kigali, le M23 continuera de narguer toute la communauté internationale en exigeant à la RDC d’adhérer à ses propositions qui bradent à tout point de vue sa souveraineté.
Pour se faire une idée des inepties contenues dans le projet d’accord élaboré par le M23, lire en encadré l’intégralité de ce document combien compromettant pour l’avenir de la RDC.

Le Potentiel Online

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