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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Les deux gros calibres hier à Goma : Face-à-face Kabila-Tshisekedi

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 15 Novembre 2011, 07:53am

Catégories : #Actualite

Stigmatisant le discours incendiaire de la guerre, brandie en cas de non tenue des élections ou de défaite de ceux qui pensent avoir l’amour du Congo qu’ils ont pourtant détruit une quarantaine d’années durant, Joseph Kabila Kabange, candidat n°3 a engagé la responsabilité du Président élu et de son gouvernement, du gouvernement provincial et de la population dans l’œuvre de reconstruction de la province du Nord-Kivu. *Pour sa part, Etienne Tshisekedi a dit qu’une fois élu, il promet une gratuité totale pour l’enseignement primaire, secondaire et universitaire. De même, promet-t-il des soins médicaux gratuits aux Congolais ayant moins de 25 ans. Pour lui, les moyens ne feront pas défaut, car la Rd Congo a suffisamment de l’argent nécessaire pour répondre à ce défi. *Au-delà de l’ambiance festive qui a régné dans toute la ville de Goma, on n’a enregistré aucun incident. Preuve que la population de ce coin de la République a atteint un certain niveau de maturité contrairement à d’autres coins de la République où les actes d’intolérance sont légion.

Exceptionnel, l’événement l’est. Coïncidence fortuite ou non, Goma s’est retrouvé ce lundi 14 novembre 2011 avec deux gros calibres de tous les candidats majeurs : Joseph Kabila Kabange et Etienne Tshisekedi ; le second ayant précédé de près de deux heures le premier, dans l’ordre d’arrivée s’entend. Selon notre confrère Omer Songo qui nous peint ce tableau, s’il faut reconnaître que du beau monde a été aperçu le long de l’itinéraire du lider maximo, il faut également admettre qu’un monde fou, trois fois fou, a tenu à accompagner le Raïs sur les trois kms séparant l’aéroport de la Place ex-Ozacaf, au centre-ville. Normal : Etienne, du fait certainement de l’âge avancé, a été à bord d’une jeep toiture ouvrante roulant à lente allure ; Joseph, quant à lui, du fait assurément de son jeune âge, a plutôt fait le pied.

Signe à noter absolument : à Tshisekedi, qui a gardé son traditionnel V (symbole de Victoire) et qui n’a pu brandir les 11 doigts représentatifs de son n°11 (il n’en a que dix comme vous et moi), les Gomatraciens ont réagi en levant les 3 doigts du candidat Kabila ! Conséquence : s’il ne s’est agi que de l’ambiance festive ayant régné dans la ville - où l’on n’a enregistré au demeurant aucun incident (sauf boutiqué au nom de la victimisation), le match de l’élection s’est joué. Soulignons au passage que dans tout Goma, il n’y a aucune affiche du lider maximo. L’Interfédérale du Nord-Kivu semble ne pas en avoir disposé ; le Jet du président national de l’Udps, avec ses 9 places, étant inapproprié pour transporter un important matériel de campagne, et surtout une jeep blindée. C’est un ZS-DJA ! Identique à celui de Joseph Kabila Kabange.

Disons quand même que dans son meeting, Etienne Tshisekedi a manifesté sa volonté de composer une vraie armée composée des hommes et des femmes instruits. Pour ce faire, il dit avoir reçu les assurances des américains, des anglais, des français, etc. d’aider son gouvernement en ce sens à partir du 08 décembre 2011. Mais là où Tshisekedi se trompe, c’est lorsqu’il considère que tous ceux qui composent actuellement l’armée nationale seraient des illettrés, ne sachant pas ce qui se passe ailleurs. Pendant que dans sa majorité, l’armée est composée des congolais qui ont été formés par le régime de Mobutu avec l’aide de l’argent du contribuable congolais, mais aussi avec celle de la coopération bi et multilatérale. Il dit aussi dans son discours que c’est depuis l’indépendance que le Congo n’a pas toujours une vraie armée nationale. En lieu et place, « nous avons des milices, … et voilà pourquoi ils maltraitent la population », a indiqué le lider maximo.

Au-delà de l’éducation, Etienne Tshisekedi a parlé du bien-être du citoyen, pour dire que la population a droit à l’eau et à l’électricité. « Les possibilités sont nombreuses, on ne veut pas seulement attendre Inga, car les partenaires sont prêts à financer l’électrification à travers l’énergie solaire ». Evoquant la problématique des chômeurs, Etienne Tshisekedi a dit qu’il a fait une tournée euro-américaine pas pour solliciter le pouvoir comme l’annoncent certaines langues, mais pour parler avec les chefs d’entreprises qui ont refusé d’apporter leur argent, car il n’y avait pas de sécurité. « Je leur ai dit qu’à partir de décembre 2011, la sécurité sera totale », dit-il, avant d’ajouter qu’ils attendent seulement qu’il arrive au pouvoir.

Joseph Kabila sollicite un vote à 100% des suffrages

En provenance du Katanga – 3ème province de sa campagne électorale après le Maniema et le Sud-Kivu – Joseph Kabila, en compagnie de son épouse Marie-Olive Lembe Kabila – est arrivé au chef-lieu du Nord-Kivu (4ème province) à 16h20, par Jet de même type que celui du lider maximo. Avec devant, derrière et aux côtés de lui une longue file de sympathisants, de partisans et de militants tous sexes et tous âges, le candidat n°3 a mis plus d’une heure et demie pour atteindre le centre-ville ; lui-même et son épouse levant à tout moment les trois doigts du chiffre 3.

A la place ex-Ozacaf, en introduction, Julien Paluku, directeur de la campagne électorale pour le Nord-Kivu, a donné la preuve de sa capacité de mobilisation en entonnant le cantique chrétien : « Il y a trois personnes en Dieu ; il y a deux testaments – l’ancien et le nouveau - il n’y a qu’un seul Dieu qui règne dans les cieux ». Comme pour dire qu’il n’y a qu’un seul candidat qui va devoir l’emporter au Congo : Joseph Kabila Kabange. Prenant à son tour la parole, le candidat n°3 a attiré l’attention des Nord-Kivutiens, en leur qualité de témoins, sur des sacrifices consentis pour la restauration de la paix dans la province. En 2009, va-t-il rappeler, Goma a failli tomber, et c’est grâce à la dextérité des autorités, mais aussi de tout le soutien des Gomatraciens que le pire a été déjoué.

Aujourd’hui, a-t-il relevé, le Nord-Kivu commence, à la faveur des élections, à recevoir des candidats à la présidentielle qui ne pouvaient, il n’y a pas longtemps, s’hasarder dans cette partie indexée du pays réputée pour son insécurité. A ce propos – et c’est nous qui le disons – c’est tout de même surprenant de voir aujourd’hui des candidats, hier incapables de mettre à profit leurs carnets d’adresses pour ouvrir à l’étranger des portes qu’ils n’osaient jamais ouvrir jusque-là, aujourd’hui capables soudain de s’assumer en vue de faire instaurer la paix dans la contrée ! Soudain, et curieusement, ils se mettent tous à promettre la paix aux Kivutiens et aux Orientaux, une fois élus ! Ce qui signifie, par ricochet, il n’y aura pas de paix s’ils ne le sont pas. Ainsi, ont-ils réduit la paix en enjeu électoral ! C’est de bonne guerre, dirait l’autre.

Promesses pour 2011

Toujours selon le confrère Omer Songo, Joseph Kabila a saisi l’opportunité pour rappeler aux Gomatraciens trois périodes décisives de leur existence : 2001 lorsque, arrivé aux affaires, il a hérité d’un pays presque balkanisé. 2003, lorsque, aux termes du Dialogue intercongolais, la réunification est arrivée sous le « 1+4 ». 2006, lorsque les premières élections réellement démocratiques, transparentes et libres ont eu lieu. A ce propos – et c’est encore nous qui le soulignons – contrairement aux élections de 1965 issues de la Conférence constitutionnelle de Luluabourg (actuel Kananga) interdites aux Lumumbistes et aux Nationalistes, le scrutin de 2006 a été ouvert à toutes les forces politiques et sociales sans exclusive. Celles qui n’y ont pas pris part ont librement décidé de l’auto-exclusion ; ce qui est aussi un droit démocratique. Dans son discours de circonstance du lundi 14 novembre 2011, Joseph Kabila a pris soin de faire parler l’histoire du Congo Indépendant : pendant une quarantaine d’années, on a sacralisé l’incurie, la destruction.

Maintenant, il faut reconstruire. « C’est une obligation pour notre génération », a-t-il lancé à la cantonade. Stigmatisant le discours incendiaire de la guerre, brandie en cas de non tenue des élections ou de défaite de ceux qui pensent avoir l’amour du Congo qu’ils ont pourtant détruit une quarantaine d’années durant, le candidat n°3 a engagé la responsabilité du Président élu et de son gouvernement, du gouvernement provincial et de la population dans l’œuvre de reconstruction de la province du Nord-Kivu.

Au nombre des promesses pour son second mandat, il a cité tour à tour la poursuite des travaux de la voirie à Goma et à Beni-Butembo, l’asphaltage de la route Goma-Rutshuru-Beni-Butembo, la construction d’une université moderne à Goma sur le modèle des universités de Kindu et de Bukavu (devenues une réalité vivante), l’eau, l’électricité et l’éducation. Comme à Kindu, à Bukavu, à Uvira, à Lubumbashi, à Kalemie et à Kolwezi, le candidat n°3 a promis un stade moderne aux Gomatraciens.

Coïncidence vraiment fortuite : quelques instants plus tôt, le lider maximo a tenu son meeting dans le stade, devant une assistance composée des militants. Pour terminer, le candidat Joseph Kabila a rappelé aux Gomatraciens qu’en 2006, ils l’avaient élu à 96 %. « En 2011, je vous exhorte à m’élire à 100 % », a-t-il déclaré. On n’a pas à en douter : à Goma, ce lundi 14 novembre 2011, il n’y a effectivement pas eu match !


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