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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Lire pour vous: Piège ou urgence? Boshab exposé à l’interpellation de Muzito !

Publié par Gabriel Manzukula Mjrrdcongo sur 4 Juillet 2011, 20:25pm

Catégories : #Actualite

*Kamerhe, dans un son speech d’hier, lors de l’émouvante cérémonie de remise-reprise, au Palais du Peuple, en a fait son affaire lorsqu’il rappelait à Evariste Boshab des urgences restées pendantes et dont il n’a pu disposer du temps nécessaire, pour les vider. Ainsi, l’interpellation de Muzito et des motions de défiance contre deux membres du Gouvernement, ont-elles été enregistrées. Mais, le processus de renouvellement du Bureau ne lui a pas permis de les inscrire à l’ordre du jour de l’actuelle session. Pour lui, en effet, c’est à Boshab et son équipe de s’y atteler. Il y a également l’examen des rapports des commissions d’enquêtes parlementaires, des missions de contrôle de la Cour des Comptes à travers le pays ainsi que toutes les questions résiduelles liées naturellement à la gestion courante de la chambre basse. Dans cette édition, l’intégralité de ce discours testament. Aux exégètes de l’analyser profondément avant d’agir dans l’intérêt supérieur de la nation. Kamerhe, dans son étoffe de pasteur, y révèle des vérités. C’est un bilan qui rappelle sans complaisances l’immensité du travail abattu, depuis l’installation de l’Assemblée Nationale. DISCOURS DE L’HONORABLE VITAL KAMERHE LORS DE LA CEREMONIE DE L’INSTALLATION DU NOUVEAU BUREAU DE L’ASSEMBLEE NATIONALE (Palais du Peuple, le 20 avril 2009) Honorables Députés et Chers Collègues, Conformément au calendrier électoral relatif au renouvellement du Bureau de l’Assemblée Nationale, subséquent à la démission de celui que j’ai eu l’honneur de diriger pendant 28 mois, la plénière d’aujourd’hui est consacrée à l’installation du nouveau Bureau, fraichement élu lors de notre séance marathon du vendredi 17 avril au samedi 18 avril 2009. Mais avant d’y procéder, je voudrais m’appesantir quelque peu sur le bilan de nos travaux depuis l’installation du premier Bureau définitif en janvier 2007 jusqu’à ce jour, que dis-je, jusqu’à la session extraordinaire de janvier 2009. Cette dernière session était une sorte de repêchage pour nous, car la reprise de la guerre au Nord-Kivu en août 2008 qui capturée toute l’attention des responsables politiques dont les Députés nationaux et le Bureau de l’Assemblée Nationale d’une part et la formation de l’actuelle équipe gouvernementale à la suite de la démission du Patriarche et Vénérable GIZENGA FUNDJI de ses fonctions de Premier Ministre, la procédure d’investiture du Gouvernement MUZITO après l’adoption de son programme d’action d’autre part, ces deux circonstances conjuguées, ne nous ont pas permis d’aligner un bilan étoffé à la fin de la session de septembre 2008. Nonobstant les pertes de temps connues durant la première partie de notre législature, notre Institution étale un bilan qui est loin d’être négligeable, par rapport à nos deux missions constitutionnelles, à savoir celle de légiférer et celle de contrôler l’action du Gouvernement, des entreprises publiques, des établissements et des services publics. Le document intitulé «Bilan des travaux parlementaires », du 22 septembre 2006 au 15 décembre 2008 qui vous est distribué, rend suffisamment comptes de notre production législative ainsi que des différents mécanismes de contrôle parlementaire que nous avons mis en œuvre durant la période considérée. Sans être exhaustif dans le cadre de cette adresse, je peux signaler qu’au 31 décembre 2008, notre Chambre a adopté avec le Sénat, 28 lois promulguées par le Président de la République, Chef de l’Etat. Parmi ces lois, 22 sont des projets initiés par le Gouvernement tandis que 6 sont des propositions des Honorables Députés. C’est le lieu de vous féliciter tous et spécialement nos collègues, auteurs des propositions des lois adoptées, promulguées et aujourd’hui en vigueur, faisant partie du droit positif congolais. Je félicite aussi le Gouvernement qui a fait montre d’un dynamisme dans la production des projets de loi. Parmi les lois promulguées, je voudrais vous en rappeler quelques unes : - La loi portant statut de l’Opposition ; - La loi portant abrogation de la loi n° 86-007 du 27 décembre 1986 sur la circulation des étrangers dans les zones minières ; - La loi portant financement public des partis politiques ; - Les 4 lois sur la réforme du portefeuille de l’Etat ; - La loi portant protection des personnes vivant avec le VIH/SIDA ; - La loi portant création du FONER ; - La loi portant organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de la Magistrature ; - La loi portant composition, organisation et fonctionnement des entités territoriales décentralisées ainsi que leurs rapports avec l’Etat et les Provinces ; - La loi portant principes fondamentaux relatifs à la libre administration des Provinces ; - La loi portant modalités d’organisations et de fonctionnement de la Conférence des Gouverneurs des Provinces ; - La loi portant protection de l’enfant ; - La loi portant ouverture des crédits provisoires pour l’exercice 2007 ; - La loi portant Budget de l’Etat pour l’année 2007 ; - La loi portant Budget de l’Etat pour l’année 2008 ; - La loi portant Budget de l’Etat pour l’année 2009. Le projet de loi portant amnistie pour faits de guerre et insurrectionnels commis dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu déjà adopté par notre Chambre, a malheureusement été rejeté par le Sénat dont le Président a saisi notre Chambre pour la mise en place d’une commission mixte paritaire. J’en avais fait état à la plénière qui avait décidé de réserver cette matière au nouveau Bureau. Il y a une proposition de loi déjà votée par l’Assemblée nationale et transmise au Sénat et dont nous attendons la décision. Il s’agit de la proposition de loi portant organisation, attributions et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle. La proposition de loi portant composition, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la communication, votée par les deux chambres en des termes non identiques, est soumise à l’examen de la commission mixte paritaire Assemblée Nationale-Sénat. Trois initiatives législatives déjà adoptées par le Sénat sont transmises, en deuxième lecture, à notre Chambre. Il s’agit de : - La proposition de loi organique instituant la Commission Nationale des Droits de l’Homme ; - La proposition de loi organique portant fixation des subdivisions territoriales à l’intérieur des provinces ; - La proposition de loi portant suppression de la peine des travaux forcés. Neuf initiatives législatives sont sous examen au sein des différentes commissions permanentes de l’Assemblée Nationale. Il y en a 4 à la PAJ, à savoir : - Le projet de loi organique portant Code de l’Organisation, de fonctionnement et des compétences des juridictions de l’ordre judiciaire ; - Le projet de loi organique portant organisation, fonctionnement, compétences et procédure des juridictions de l’ordre administratif ; - Le projet de loi organique relative à la procédure devant la Cour de Cassation et ; - La proposition de loi organique portant fixation des subdivisions territoriales à l’intérieur des provinces. Deux initiatives se trouvent pendantes devant la Commission des Relations Extérieures. Il s’agit de : - Projet de loi portant organisation et fonctionnement de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) et ; - Proposition de loi portant organisation, attributions et fonctionnement du Conseil Economique et Social. La Commission Défense et Sécurité a, sur sa table, deux initiatives, tandis que la Commission Sociale et Culturelle en a une. En effet, la proposition de loi portant utilisation des armes légères et de petit calibre et celle portant mise en ouvre de la Convention sur l’interdiction de l’emploi, du stockage, de la production et du transfert des mines antipersonnel et sur leur destruction en République Démocratique du Congo, occupent la Commission Défense et Sécurité. La proposition de loi portant orientation, organisation et promotion des activités physiques et sportives attend le rapport de la Commission Sociale et culturelle à la plénière. Malgré toutes les lois déjà adoptées et promulguées, l’œuvre de la réforme de l’Etat est loin d’être achevée. Il reste encore beaucoup à faire. Nous devons mettre les bouchées doubles pour que les lois en rapport notamment avec la décentralisation, la justice, les finances, les services de sécurité, l’armée, la police et les élections puissent être adoptées rapidement. Conformément à l’article (…..) de la Constitution, l’Assemblée Nationale a transmis 9 propositions de loi au Gouvernement pour ses observations éventuelles. Mais je dois avouer que le délai de 15 jours imparti au Gouvernement pour ce faire est largement dépassé. La plénière peut entamer l’examen de ces propositions de loi sans enfreindre à la Constitution. Il sied néanmoins de signaler à cet égard que les matières de certaines de ces propositions font l’objet d’examens et études au niveau des services du Gouvernement pour la production de projets de loi dans les mêmes domaines. Il y a donc une prudence à observer afin de faire bénéficier aux lois à élaborer l’expertise du Gouvernement. La proposition de loi portant dispositions générales d’orientation agricole en République Démocratique du Congo, la proposition de loi-cadre sur la protection de l’environnement et la proposition de loi relative à la sécurité bioéthique sont à classer dans ce registre. D’ailleurs, le Premier Ministre vient de transmettre à notre Chambre le projet de loi cadre sur la gestion et protection de l’environnement. 7 projets de loi venus du Gouvernement dont l’un est appuyé d’une demande de traitement prioritaire conformément à l’article 125 de la Constitution, sont soumis à l’examen de notre Chambre. Il s’agit de projets de loi suivants : 1. Projet de loi autorisant la ratification de la Convention Internationale contre le Dopage dans le sport ; 2. Projet de loi autorisant la ratification du protocole d’accord établissant le centre régional d’Excellence pour la Gestion des Catastrophes ; 3. Projet de loi fixant les modalités d’exercice de la liberté de la presse en République Démocratique du Congo ; 4. Projet de loi portant Code des marchés publics ; 5. Projet de loi autorisant la ratification du Pacte de Défense Mutuelle signé le 26 août 2003 à Dar-es-salaam par les Etats membres de la SADC ; 6. Projet de loi cadre sur la Gestion et Protection de l’Environnement ; 7. Projet de loi portant délimitation des frontières et espaces maritimes de la République Démocratique du Congo. C’est au sujet de ce dernier projet dont le Premier Ministre demande un examen prioritaire. Notre banque de propositions de loi initiées par certains de nos collègues mais non encore soumises à la plénière ni au Gouvernement pour ses observations éventuelles, renseigne les textes suivants, notamment : 1. Proposition de loi organique portant organisation et fonctionnement de la Police Nationale congolaise ; 2. Proposition de loi portant organisation et régulation du trafic maritime en République Démocratique du Congo ; 3. Proposition de loi portant liberté d’expression à travers les médias ; 4. Proposition de loi portant statut des chefs coutumiers ; 5. Proposition de loi organique portant mesures d’application de l’exercice de la liberté des manifestations et des réunions en République Démocratique du Congo ; 6. Proposition de loi autorisant la ratification, par la République Démocratique du Congo, de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées ; 7. Proposition de loi portant création de l’ordre des architectes ; 8. Proposition de loi sur l’organisation et le fonctionnement de l’inspectorat général des services judiciaires. Au chapitre du contrôle parlementaire, il convient de remarquer que notre chambre a eu recours à tous les mécanismes prévus par la Constitution, à savoir la question orale avec ou sans débats, la question écrite, la question d’actualité, l’interpellation, la commission d’enquête parlementaire, l’audition par les commissions et même la mise en mouvement du contrôle par la Cour des Comptes. En effet, au moins 26 questions orales avec débats adressées aux membres du Gouvernement et aux dirigeants des Entreprises publiques ont été traitées. Il y a eu 2 questions orales sans débats et 4 questions écrites auxquelles les membres du Gouvernement ont répondu. La plénière a examinée l’interpellation du Premier Ministre Antoine GIZENGA par l’Honorable Delly SESSANGA, sans l’avoir retenue au motif que son auteur n’avait pas respecté la procédure. Il avait déposé son interpellation pendant les vacances parlementaires, alors que cette procédure ne peut être initiée que pendant la session ordinaire ou, lorsqu’elle figure dans son ordre du jour, pendant la session extraordinaire. Depuis le début de notre législature, 19 Commissions d’enquête parlementaire ont été diligentées et leurs rapports ont étés débattus et adoptés moyennant amendements par la plénière. L’on se souviendra notamment du rapport de la Commission LUMBALA sur l’occupation d’une partie du territoire de KAHEMBA dans le Bandundu, le Rapport de la Commission NGOKOSO sur les événements dits de Bundu dia Kongo dans le Bas-Congo, du Rapport de la Commission Aménagement du territoire sur la spoliation des terrains de l’Etat, du rapport de la Commission MATADI NENGA sur les arrêts de la Cour Suprême de Justice relatifs au contentieux électoral, du Rapport de l’ECOFIN sur MAG-ENERGY et les passeports biométriques, le rapport du groupe de réflexion dirigé par le Professeur KATANGA sur l’industrie et la commercialisation du ciment dans notre pays à la suite de la motion de l’Honorable BAMANISA et j’en passe. L’audition et l’examen de tous ces rapports et de tant d’autres furent des moments où notre institution a su captiver l’attention du peuple Congolais dans son ensemble. Les Commissions permanentes de l’Assemblée Nationale ont procédé à 7 auditions des membres du Gouvernement auxquels ils ont apporté une aide appréciable dans la gestion des dossiers de leurs compétences respectives. La mise en œuvre de tous ces moyens de contrôle a conduit à la formulation d’abondantes recommandations à l’adresse du Gouvernement en vue de rapprocher sa gestion des attentes de notre peuple. Mais le respect et l’application de ces recommandations par le Gouvernement n’ont pas été son point fort, car le taux d’exécution de ces recommandations est presque nul. D’ailleurs, cette plénière souveraine avait décidé de procéder, au cours de cette session, à l’évaluation de l’exécution de ces recommandations par le Gouvernement pour ainsi éviter que le contrôle parlementaire ne devienne inutile. La Constitution attache, au pouvoir de contrôle de l’Assemblée Nationale sur le Gouvernement, la sanction qui peut être individuelle, à la suite de la motion de défiance ou collective, à l’issue d’un vote positif de la motion de censure. Dans ce domaine de sanction, l’Assemblée Nationale a recouru une fois à la motion de défiance contre le Ministre d’Etat NKULU KILOMBO, à l’initiative de notre Collègue Jean-Lucien BUSSA. Cette dernière n’est pas passée car la majorité qualifiée n’était pas atteinte à l’issue du vote. En effet sur 419 votants, il y avait 156 pour, 252 contre et 11 abstention. La motion était donc rejetée. Je signale en outre le cas du vote sur la mise en accusation du Ministre BOTSWALI Barthélemy qui n’a pas non plus recueilli la majorité qualifiée pour ce faire. Au cours de la période sous revue, notre chambre a investi les Gouvernements GIZENGA d’abord et MUZITO en suite, après avoir approuvé leurs programmes d’action. Honorables Députés et Chers Collègues A l’issue de notre séance du 14 janvier 2009, la plénière avait constitué 18 commissions d’enquête parlementaire qui devait couvrir toutes les provinces du pays pour différents audits. Mais à cause de manque des moyens financiers, votre Bureau sortant a dû redimensionner ces missions pour les confier aux Magistrats et experts de la Cour des Comptes. Ces missions de contrôle de la Cour des Comptes ont donc été diligentées à travers toutes les provinces de la République. Ces missions qui sont rentrées à Kinshasa, déposeront, sur la table de notre nouveau Bureau, leurs rapports pour que la plénière s’y prononce. Aussi, faudra-t-il rappeler que le Bureau sortant était saisi de l’interpellation du Premier Ministre et des motions de défiance contre deux membres du Gouvernement. Le processus de renouvellement du Bureau ne lui a pas permis d’inscrire ces points à l’ordre du jour de la présente session. Il revient donc au nouveau Bureau d’en disposer. Honorables Députés et Chers Collègues Le bilan vous présenté montre a suffisance que, malgré les efforts consentis et les résultats engagés, nous sommes encore loin du compte. Nous devons redoubler d’efforts et d’ardeur au travail pour pousser encore plus loin nos horizons. Si pour la production législative, la collaboration du Gouvernement est souvent chose acquise, en dépit du fait que ses observations éventuelles sur les propositions de loi des Honorables Députés sont rares, il faut reconnaître que la mise en œuvre des recommandations de la plénière par le Gouvernement reste son talon d’Achille. Le Premier Ministre devrait considérer le contrôle parlementaire comme un mécanisme qui lui permet de s’assurer de la bonne gestion de l’Etat par les membres de son Gouvernement. Il peut donc non seulement en faciliter la tâche à l’Assemblée Nationale mais aussi encourager les missions de contrôle parlementaire pour plus de visibilité dans l’action de son équipe. Il peut même les solliciter pour pousser ses Ministres à plus de transparence et de rigueur, car, dit-on, la peur du gendarme est le commencement de la sagesse. Le Président de la République a, quant à Lui, encouragé les parlementaires à user de leur pouvoir constitutionnel de contrôle du Gouvernement pour contribuer à la bonne gouvernance de l’Etat. C’est, souvenez-vous, lors des audiences qu’Il a accordées aux Députés et Sénateurs par province. Honorables Députés et Chers Collègues Je ne saurais terminer ce chapitre de bilan sans faire allusion aux actions menées en direction du personnel de l’Assemblée Nationale et des Députés. En effet, nous avons régularisé la paie des agents appelés « nouvelles unités » et amélioré la paie de tout le monde, de l’Huissier au Secrétaire Général. Nous avons pourvu les cadres de Direction, quelques chefs de division et le personnel politique des moyens de transport individuel. Le nombre des bus pour les autres agents a été augmenté, au point où il y a de nouveaux bus non encore utilisés au parking de l’Assemblée Nationale. Notre centre de santé a été doté d’une ambulance neuve. L’indemnité des Députés a été améliorée à tel enseigne qu’elle tranche avec le passé qui reléguait le Député, loin du Ministre. Malheureusement l’érosion monétaire et le taux budgétaire souvent statique ont sensiblement amenuisé les efforts conjugués dans ce domaine. Des structures d’organisation d’activités sportives et recréatrices ont été organisées en faveur des Députés et des agents. Par ailleurs, les soins de santé nécessités par leur état, ont été dispensés tant au pays qu’à l’extérieur. Certes, tout n’a pas été fait, mais un pas, même si petit l’a été. Nous quittons donc le Bureau pour la salle avec le sentiment d’avoir accompli un minimum acceptable, base solide pour une amélioration qui sera toujours la bienvenue. Après vous avoir présenté le bilan de mon Bureau à la tête de l’Assemblée Nationale, permettez-moi Honorables députés et chers collègues que je puisse vous parler d’un thème qui me tient à cœur, le rôle du député national et la démocratie. Honorables députés et chers collègues En ce moment où nous nous apprêtons à passer le témoin au nouveau bureau fraîchement élu, qu’il me soit permis, au nom du bureau sortant, de vous entretenir sur les valeurs essentielles qui ont guidé notre action à la tête de notre institution. La première, sinon la principale valeur, c’est la recherche permanente de la démocratie. Il vous souviendra qu’il y a peu, le président français Nicolas Sarkozy déclarait en ce même lieu, je cite : L’Assemblée Nationale « est le poumon de la démocratie congolaise. C’est ici quelle respire et qu’elle doit continuer à respirer ». Je partage totalement cette vision, d’autant plus, que lors de ma prise de fonction en tant que Président de l’Assemblée Nationale, j’avais dit que je ferai de notre Institution le véritable creuset de la démocratie où l’Opposition et la Majorité coexisteraient dans la convivialité, malgré leurs différences idéologiques. C’est pour ainsi dire que l’Assemblée Nationale présentée comme le poumon de la démocratie, son oxygène est le débat libre et le respect du mandat du député qui est non impératif. Ceci pour souligner la place combien importante qu’occupe notre institution dans l’émergence et la consolidation de la jeune démocratie congolaise. Un petit détour à travers l’histoire de notre pays nous rappellera que les Pères de l’indépendance, dont certains sont encore parmi nous, avaient posé les jalons de la démocratie avec la création des partis politiques, grâce auxquels ils vont concourir aux élections générales, dont celles de mai 1960 étaient les plus déterminantes, avec Emery Patrice Lumumba, premier ministre et Joseph Kasa-Vubu premier président d…... Ainsi donc, lors de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, l’Assemblée Nationale jouait le rôle de catalyseur de la démocratie par la qualité des débats et, surtout, par le biais du contrôle de l’action gouvernementale. Plusieurs courants politiques, notamment les Nationalistes, les Confédéralistes et les Fédéralistes, s’exprimaient librement sans être inquiétés le moins du monde. Ce climat de convivialité, qui a caractérisé les premiers mois de l’indépendance, va connaître des hauts et des bas à cause de l’instabilité politique et de multiples rébellions qui ont endeuillé le pays. L’espoir reviendra avec les élections législatives de 1965, à l’issue desquelles un nouveau Parlement fut installé, avec une majorité de la Convention Nationale Congolaise du Premier Ministre Moïse Tchombé. Hélas ! Cette deuxième expérience ne fut que de courte durée, car le non-respect du choix clairement exprimé par le peuple replongea le pays dans la crise, laquelle servit de prétexte au haut commandement militaire avec le lieutenant général Joseph désiré Mobutu pour s’emparer du pouvoir, dont la première décision politique fut la suspension des activités de tous les partis politiques. Le prétexte était vite trouvé par les militaires : les politiciens se sont trop amusés avec des querelles intestines de positionnement et de repositionnement au pouvoir qui n’avaient rien à voir avec le programme de développement que le peuple attendait. Si l’idée au départ fut saluer par le peuple qui avait retrouvé son unité et petit à petit assister à la fin de toutes les rebellions qui sévissent dans le pays, ce peuple va déchanter plus tard parce que 1967, c’est l’année du début de l’instauration du monopartisme qui durera plus de trois décennies. L’institution parlementaire, appelé aussi Conseil législatif du MPR, va devenir une simple chambre d’enregistrement de décisions prises par une oligarchie prédatrice. Toutefois, des îlots de résistance virent le jour, d’abord dans les milieux estudiantins, ensuite au niveau du clergé catholique, enfin au sein du Conseil législatif issu des élections de 1977. C’est au cours de cette législature qu’un groupe de treize parlementaires décidèrent, au péril de leur vie, de forcer le destin de la nation. Malgré les avantages matériels et financiers, ainsi que le prestige social dont ils bénéficiaient, ces compatriotes vont tenir bon, contre vents et marrées, pour défendre courageusement l’intérêt supérieur du peuple, et réclamer la restauration de la démocratie. C’est ici l’occasion de rendre hommage à ces précurseurs de notre démocratie, et, particulièrement à l’un d’entre eux, qui a fait preuve, non pas seulement de courage, mais de témérité dans son engagement en faveur du combat démocratique, j’ai cité Etienne Tshisekedi wa Mulumba. Comme si l’histoire se répétait, après avoir arraché la Conférence Nationale Souveraine par la marche des Chrétiens du 16 février 1992, réprimée dans le sang, et malgré les acquis de ce forum, les politiciens congolais au lieu de privilégier l’intérêt du peuple qui avait soif des élections pour prendre en mains son propre destin, ils vont passer leur temps dans des querelles intestines, de négociations politiques, et de luttes pour le repositionnement au pouvoir. La classe politique congolaise a ainsi démontré son insouciance vis à vis des intérêts supérieurs de la Nation. Chacun était préoccupé par ses propres intérêts et c’était un véritable « Save qui peut ! » ; c’est ce qu’on appelait à l’époque la politique du tube digestif. C’est dans cette confusion qu’une longue transition de sept ans, Mzée Laurent Désiré Kabila, à la tête d’une guerre de libération va s’emparer du pouvoir le 17 mai 1997. Et la première décision fut la suspension des activités de tous les partis politiques. Comme dans les années soixante, notre pays bascula de nouveau dans les rebellions, avec comme objectif apparent, le contrôle du pouvoir et l’instauration de la démocratie. Nous sommes les héritiers de cette longue épopée, inaugurée par les Pères de notre indépendance, poursuivie par les Treize Parlementaires, en passant par la guerre de libération de l’AFDL parachevée par les élections générales de 2006, organisés par le gouvernement de transition que présidé à l’époque le général major Joseph Kabila aujourd’hui président élu. Point n’est donc besoin de souligner avec force cette longue traversée du désert du peuple congolais depuis 1965 jusqu’à 2006. Tout comme, il n’est pas plus nécessaire de rappeler que le peuple congolais a payé le prix le plus fort jusqu’au sacrifice le plus cher pour avoir un président élu au suffrages universels direct et des députés nationaux bref des institutions issues des élections véritablement libres et transparentes. Avec l’émergence de ces institutions et de ses animateurs, l’espoir est de nouveau permis pour notre peuple qui continue à attendre jusqu’à ce jour son rendez-vous avec l’espérance. Nous n’avons donc, pas droit à l’erreur. Quelque soit les difficultés que nous pouvons rencontrer sur notre parcours, nous devons privilégier le dialogue et le débat libre, véritables garde fou de la démocratie. Les crises ne doivent pas nous effrayer car l’histoire démontre que c’est dans la capacité des peuples à trouver des réponses aux crises que traversent leurs sociétés que les grandes démocraties se sont construites. Soyons donc confiants en l’avenir, comme je l’ai dit hier à l’issue du vote du nouveau Bureau et retrouvons l’unité d’action dans la diversité de pensée. Le peuple congolais nous regarde et attend de nous tous de la majorité comme de l’opposition, c’est-à-dire sans couleur politique, les réponses à ses problèmes. L’heure de l’union sacrée des intelligences congolaises, des élites de ce pays a sonné. Nous devons relever, ensemble, le défi que le monde nous lance. Et dans ce contexte le rôle du député est déterminant surtout dans sa mission de contrôle de l’action gouvernementale. Car comme disait Léopold Sédar Senghor, je cite : « La menace la plus grave qui pèse sur l’avenir de nos pays, c’est le laxisme, le manque de méthode et le manque de rigueur ». Honorables députés et chers collègues, L’institution parlementaire ne vaut que ce que valent ses membres. C’est ici qu’intervient le rôle du député. Il est vrai que, pour la plupart d’entre nous, nous sommes élus sur des listes des partis. Cependant, conformément à l’article 101 de la Constitution, tout mandat impératif est nul. En d’autres termes, un député détient son mandat du peuple qui l’a élu et est, par conséquent, tenu de rendre compte à tout moment de la marche des affaires de l’Etat. Je n’irai pas jusqu’à dire comme Charles de Mazade que : « Je me méfie des partis. Ils deviennent vite des partis-pris ». Ceci nous place au dessus des querelles partisanes et nous oblige à défendre avant tout l’intérêt supérieur de la nation. Ce rôle du député, catalyseur des désidératas du peuple, n’est pas incompatible avec le respect du projet de société de son parti politique. Beaucoup d’entre nous ne comprennent pas encore, pourquoi j’insiste et j’insisterai toujours sur cette question du rôle clé du député. Il vous souviendra en effet que dans mon discours du 25 mars 2009, le jour de l’annonce de ma démission j’avais dit que Notre seul fil conducteur doit être la lutte pour la préservation et la sauvegarde de la démocratie et de la légalité dans notre pays ainsi que l’indépendance du Député national. Le mandat dont nous sommes investis nous lie directement par un contrat social et politique avec le peuple congolais. Nous devons donc à tout moment rechercher son intérêt et nous mettre à son écoute pour connaitre ses attentes et ses intérêts pour mieux le défendre. C’est donc à lui et à lui seul que nous rendons compte de notre mandat. J’avais ajouté à la même occasion que Mon vœu le plus ardent est que nous ne transigions jamais, sous quelques pressions que se soient, sur les missions constitutionnelles dévolues à l’Assemblée nationale, à savoir l’élaboration des lois et le contrôle, ainsi que, le cas échéant, la sanction positive ou négative des membres du Gouvernement et des dirigeants des entreprises publiques, des établissements et services publics. J’avais enfin dit qu’un parlement démocratique est celui dans lequel la majorité n’étouffe pas l’opposition, en même temps que cette dernière s’incline sportivement devant la loi de la majorité. Il est aussi celui dans lequel les questions d’intérêt national mettent tout le monde d’accord. Je suis heureux que cela soit le cas au sein de notre hémicycle jusqu’à ce jour. C’est pourquoi je vous remercie, Honorables Députés et Chers Collègues, pour votre amour et pour m’avoir facilité la tâche à la direction de notre chère institution. Merci de tout cœur. Honorables députés et chers collègues, Toute œuvre humaine est perfectible. Mais au regard du chemin parcouru ensemble, nous pouvons dire sans peur d’être contredit et c’est avec le sentiment d’avoir apporté notre modeste contribution à l’édification de la démocratie dans notre pays et à l’émergence des valeurs républicaines. Au moment où je m’apprête à remettre ce marteau de commandement à l’honorable Evariste Boshab, mon successeur dont je connais les qualités intellectuelles va maintenir cette flamme que nous avons allumé dans cette maison qui est devenue au yeux de notre peuple et au delà de nos frontières un haut lieu du débat libre dans le respect de la Constitution et de notre règlement intérieur. Je suis certain que je vous décevrais en terminant ce discours, le dernier de mon mandat, comme je vous avais déjà habitué sans enfiler mon étoffe de Pasteur. La répétition est la mère des sciences dit-on, Je formule le vœu que, sous la direction de notre nouveau Bureau, nous soyons davantage attentifs aux désidératas de nos électeurs qui nous ont fait confiance en nous confiant leur mandat électif.

Marcel Ngoyi


 

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