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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


M. Musonda : «Tous ceux qui sont impliqués dans l’exportation des minerais de la RDC par bande transporteuse doivent être traduits en justice»

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 26 Juin 2012, 07:34am

Catégories : #Actualite

La RDC offre moult opportunités d’affaires dans tous les domaines du fait de son potentiel en ressources naturelles aussi bien du sol que du sous-sol. Du coup, elle reste ouverte à tous les investissements étrangers. Mais à une seule condition : passer au scanner tous ceux qui se bousculent au portillon. Car, il est difficile de savoir d’emblée les intentions cachées de certains investisseurs. 

La province du Katanga vient d’en faire l’amère expérience à la faveur du boom minier. Des entreprises minières de toutes sortes ont ouvert leurs portes et occupé presque tout l’espace katangais. Ces «minings» ont exploité du cuivre, du cobalt, et autres métaux rares. Elles ont amassé des richesses et au bout d’un certain temps, la plupart ont pris le large en laissant derrière eux des excavations béantes. Cela au grand dam des populations locales. Propriétaires fonciers, elles n’ont rien tiré de l’exploitation de leurs terres. Par contre, leur environnement s’en est trouvé pollué avec ce que cela a produit comme effets néfastes sur le plan de la santé publique de manière durable. 

Ce témoignage a été fait par un mineur aujourd’hui au chômage. M. Musonda est un ancien d’abord de Sodimico ensuite de First Quantum minerals (FQM), son dernier employeur. Celui-ci dit avoir suivi toutes les étapes du partenariat entre FQM et la Sodimico. Il était au courant de toutes les péripéties du Katanga à Kinshasa puis de Kinshasa au Katanga. Ce qu’il relève tout de suite, c’est que ce contrat était entaché d’irrégularités aussi bien au niveau des documents que sur le terrain. Sur le plan administratif, les gens de FGM ont fait du tripatouillage jusqu’à nier la licence de la Sodimico. 

«Ces gens- là ont travaillé pendant près de huit ans sans que l’on sente leur impact dans leur milieu d’implantation. Pas d’école, pas d’hôpital, pas un seul kilomètre de route construit». Même les chefs coutumiers en sont restés sidérés. L’un d’entre eux s’était même engagé à porter plainte pour indemnisation lorsqu’il a appris que FQM aurait touché plus d’un milliard USD après cession de son patrimoine à de nouveaux acquéreurs. Alors que cette mining a laissé derrière elle des trous béants, des ravins, de la poussière, des maladies pulmonaires, des sans abris et des chômeurs dans Sakania et environs. Selon lui, la communauté internationale, mais aussi les bailleurs de fonds, devraient interpeller FQM sur le non respect de ses obligations par rapport aux droits des populations locales. Le quotidien de ces dernières n’a aucune amélioration pendant toute la période d’exploitation de FQM. 

M. Musonda indique qu’avant la résiliation de son contrat, FQM n’avait pas fait preuve de transparence sur ses activités minières. Jusqu’à son départ, l’on n’a jamais su exactement la hauteur de production de cette «mining», les minerais produits, encore moins celle de son exportation. Dans la foulée, il révèle que FQM a utilisé la bande transporteuse qui exportait de manière fraudeuse des minerais bruts du territoire congolais vers la Zambie voisine. Une pratique que l’actuel gouverneur avait stoppée net. Ce qui lui avait valu, à l’époque, la foudre de tous ceux qui y étaient impliqués. C’est un peu plus tard que l’on a pu donner raison à Moïse Katumbi que tout le monde s’est rendu compte du manque à gagner. 

M. Musonda est d’avis que toutes les entreprises qui sont impliquées dans la pratique de la bande transporteuse des minerais devraient être traduites devant un tribunal de commerce afin de répondre de leurs actes. Cela à l’instar de ce qui passe actuellement aux USA en rapport avec la loi sur les minerais du sang. 

C’est de cette manière, estime l’ancien mineur, que l’Etat congolais pourrait rentrer dans ses droits. Car, ces entreprises font ombrage à celles, cotées en bourse et qui sont disposées à travailler en toute transparence avec l’Eta en prenant en compte les préoccupations de populations locales et l’amélioration de leur environnement vital. 

Quant à lui, il dit garder espoir qu’un jour justice lui sera faite et que sa perte d’emploi, somme toute illégale, sera examinée par un tribunal du travail. En attendant, il a écrit une lettre à l’association culturelle Sempya afin qu’elle se saisisse de son dossier.



 

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