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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Marches croisées annulées PPRD-UDPS : le danger momentanément écarté

Publié par Gabriel manzukula Mjrrdcongo sur 8 Septembre 2011, 05:29am

Catégories : #Actualite

es responsables du PPRD et de l’UDPS ont entendu l’appel lancé par tous ceux qui s’étaient investis pour en appeler à l’apaisement et au calme. Le PPRD et l’UDPS, chacun à sa manière, ont renoncé à l’affrontement qui s’annonçait pour ce jeudi 8 septembre. Ensemble et de manière séparée, le Cardinal Laurent Monsengwo, la Police nationale congolaise, l’Hôtel de ville de Kinshasa, la Monusco, la majorité des diplomates accrédités à Kinshasa, ont recommandé le calme, le sang-froid et la retenue. Pour le PPRD, un message de la cellule de communication confirme l’annulation de la marche, malgré la confirmation faite la journée par son secrétaire général Evariste Boshab. Du côté de l’UDPS, Jacquemain Shabani affirme que «le parti est en deuil pour le moment». Les risques de dérapages et de déflagration qui se profilaient dangereusement à l’horizon, se sont estompés. Pour vu que cette attitude, empreinte de responsabilité, demeure jusqu’à la publication des résultats des élections. 

Des personnes de bonne volonté ont réussi à dissuader les responsables du PPRD et ceux de l’UDPS à recaler sinon renoncer tout simplement aux marches programmées concomitamment ce jeudi 8 septembre. Emus et mus par les derniers événements sanglants, les partenaires de tous les horizons n’ont pas baissé les bras. Ils ont poursuivi des contacts pour que la violence vécue il y a quelques jours ne soit pas rééditée. 

Dans une déclaration datée du 6 septembre 2011, l’archevêque de Kinshasa, le Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya a condamné les événements du lundi 5 septembre en les qualifiant d’être « susceptibles de perturber inutilement la paix sociale et le processus électoral que tout le monde souhaite démocratique, transparent et apaisé ». Selon lui, ce sont des actes capables de provoquer l’escalade dans le pays et détourner l’attention des citoyens de vrais problèmes qui attendent des solutions rapides. « Voilà pourquoi nous condamnons vigoureusement de tels actes », a martelé le prélat avant d’inviter les protagonistes, de même que les forces de l’ordre à garder le sang-froid, à éviter les provocations inutiles et faire preuve de calme et de retenue. 

Le cardinal Laurent Monsengwo est d’avis que les élections ne sont pas une rixe ni une guerre dont il faut affûter les armes, mais une opération citoyenne où les nationaux choisissent leurs mandataires sur la base d’un programme qui soit de nature à relever et à développer le pays ». 

« Non à la violence, Oui aux élections 2011 », c’est le slogan retenu. 

De son côté, même son de cloche pour l’UDPS. Une marche est également prévue ce jeudi et convergera vers le siège de la CENI. Marche destinée à exercer une pression sur la CENI pour l’accès effectif au Fichier central et l’audit nécessaire du serveur central. Un préalable auquel l’UDPS ne veut point se départir malgré les assurances de la CENI de permettre aux experts en informatique tant de la Majorité que de l’Opposition d’accéder au Fichier central. L’UDPS exige également la publication immédiate de la cartographie et de la liste complète des bureaux de vote par province et par circonscription électorale sur l’ensemble du pays. 

C’est sans compter avec la CENI qui, il y a de cela près d’une semaine, a prévu une rencontre, ce même jeudi, avec les partis politiques. Question de rapprocher les différents points de vue autour des opérations du Fichier central de manière à instaurer un climat de confiance pour des élections apaisées. Une rencontre qui, pour les observateurs, tomberait bien à propos tant elle intervient après de graves incidents de mercredi dernier. Incidents qui ont été émaillés par la destruction d’un organe de presse et des sièges de l’UDPS et du PPRD. Rencontre placée sous le signe de la concertation dans le but d’emmener les partis politiques qui n’ont pas encore signé le « Code de bonne conduite » de le faire. 

La trahison 

Mais au stade actuel des choses, et au regard de derniers incidents qui ont touché les symboles de la liberté d’expression et du droit à la différence, sanctionnés par mort d’homme, l’on se pose réellement la question de savoir si c’était opportun d’organiser ces marches croisées avec comme point de chute le siège de la CENI ou la résidence d’Etienne Tshisekedi. Des manifestations des parties rivales qui ont dénombré suffisamment leurs capacités de nuisance au processus électoral et de vandalisme. Les voilà déterminées à occuper «le terrain», n’importe comment. 

La première, c’est que le moindre affrontement ce jeudi aurait ouvert largement la porte à la guerre civile. Quand on sait que l’on n’a pas encore réussi à neutraliser tous les groupes armés qui pullulent dans ce pays, la situation deviendra incontrôlable. 

Guerre civile, ce sera le tremplin vers la balkanisation. Un dossier toujours ouvert et qui n’attend que la moindre irresponsabilité politique de la part des Congolais pour que le complot soit concrétisé. Pas étonnant que certains pays voisins sautent sur l’occasion en vue d’occuper une bonne partie du territoire congolais, surtout que l’Est de la RDC demeure toujours le ventre mou. 

Mais plus grave que cela, c’est le peuple congolais qui paiera le lourd tribut à cause des extravagances des hommes politiques. Pour preuve : depuis les incidents du mercredi 6 septembre, les habitants de certains quartiers de la commune de Limete sont cloitrés chez eux, terrifiés, privés de nourriture et d’eau. 

Faut-il que les hommes politiques aient la mémoire si courte pour ne plus se souvenir des guerres qui ont endeuillé et dévasté ce pays ? Ont-ils superbement, pour leurs intérêts égoïstes et ceux des pyromanes étrangers, oublié les affrontements en Côte d’Ivoire et en Libye ? Les ténors de ces guerres sont encore en vie, protégées dans des prisons dorées pendant que des morts se comptent par millions. 

Il est temps que les acteurs politiques se ressaisissent. Que les animateurs de toutes les institutions de la République fassent preuve de haute responsabilité politique pour que le processus électoral poursuive son cours normal, sous un climat apaisé pour des élections transparentes, crédibles et démocratiques. Il y va de l’existence de la République démocratique du Congo en tant qu’Etat et Nation. 

Qu’a-t-on à gagner de voir la RDC basculer à nouveau dans l’horreur, l’incertitude. Les élections du 28 novembre 2011 sont une occasion propice de confirmer la maturité politique des politiciens et de consolider un Etat de droit, uni, fort et prospère. Ce qui permettra à ce peuple hyper chosifié de recouvrer sa dignité, ses repères afin de jouir des attributs de l’indépendance. Telle est la mission constitutionnelle confiée aux partis politiques. Tel est l’objectif assigné à ceux qui auront reçu le mandat du souverain primaire le 28 novembre 2011. Ignorer les aspirations du peuple souverain n’est rien d’autre que de la trahison. 

La voix de la raison 

Les deux protagonistes ont certainement entendu le message clairement énoncé par différents émissaires et personnalités qui ont donné de la voix. Le PPRD a décidé de ne plus descendre à la résidence de Tshisekedi pour y déposer un mémorandum. Coup de chapeau ! 

A l’UDPS, c’est aussi une attitude de détente. Jacquemain Shabani, le secrétaire général confie que l’heure est au deuil. Toute manifestation publique est suspendue jusqu’à la mise sous terre du combattant tombé le mercredi 5 septembre 2011 sous les balles de la Police nationale congolaise. Chacun, à sa manière, a répondu positivement à l’appel à l’apaisement lancé par toutes les personnalités qui s’étaient prononcées. 

Il ne reste plus qu’à consolider cette accalmie par un comportement responsable et le dialogue nécessaire entre acteurs impliqués dans le processus électoral. 


 

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