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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Palais du Peuple : Les chaises pleines sont inutiles

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 11 Juin 2013, 16:13pm

Catégories : #Actualite

Les débats sur la théorie de la chaise vide ont toujours été passionnés tant au niveau du parlement que des salons politiques et même dans la rue. Pour les uns, il faut être partout où se discute l’avenir de la nation pour changer les choses de l’intérieur et ne pas laisser le champ libre à l’un ou l’autre camp adverse. Autrement dit, quels que soient le nombre et les couleurs de telle ou telle tendance, l’important est de prendre part aux débats pour y apporter un autre son de cloche, évitant ainsi à l’un ou l’autre camp protagoniste d’imposer ses desiderata.

Tout au long de la première transition au lendemain de la date fatidique du 24 avril 1990, ces débats ont été très chauds et parfois houleux chaque fois que les forces politiques regroupées au sein de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale devraient prendre position pour faire partie d’un gouvernement appelé à préparer les élections générales pour en finir avec la dictature mobutiste. Il en fut ainsi du tout premier gouvernement de transition dirigé par le professeur Vincent de Paul LUNDA Bululu, de celui du professeur Crispin MULUMBA Lukoji et bien d’autres qui s’en sont suivis même ceux qui étaient confiés à. des personnalités se vantant d’avoir milité au sein de ces forces de l‘Union Sacrée de l’opposition Radicale. Notamment Jean de Dieu NGUZ a Karl i Bond, Bernardin MUNGUL Diaka, Faustin BIRINDWA et Léon KENGO Wa Dondo. Il en fut de même pour les grandes rencontres et autres rendez-vous politiques sensés régler certaines questions intéressant la vie de la Nation. Les débats à ce sujet pouvaient prendre plus de temps que l’examen des questions de fond tant que les parties engagées ne parvenaient toujours pas à harmoniser leurs vues parfois sur certains préalables quant à la forme et aux sensibilités d’ordre politique.

Boycott des grandes rencontres

Que des rendez-vous manqués par le fait d’un détail protocolaire ou l’intitulé d’une rencontre ! Les responsables des mouvements rebelles se réclamant proches du héros P.E. LUMUMBA avaient boycotté la Conférence Constitutionnelle de Luluabourg qui avait rédigé la première constitution de type fédéraliste de ce pays et qui va influencer fortement les travaux de la Commission Constitutionnelle de la Conférence Nationale Souveraine de 1991-92. La grande partie des personnalités de l’Union Sacrée de l‘Opposition Radicale avaient aussi boycotté les travaux du Conclave du Palais de la Nation qui mit en place le gouvernement de Faustin BIRINDWA en mai 1993.

Chaises pleines inutiles

A y regarder de près, l’on constate que la politique de la chaise pleine n’a pas du réussi dès ors que la quasi-totalité des rencontres ont toujours accouché d’une souris. Exceptés les textes rédigés mais qui sont allés remplir les archives de la République ou parfois jeté dans les poubelles. Les expériences récentes méritent d’être épinglées pour démontrer que la politique de la chaise pleine n’a toujours pas apporté la cohésion et l’unité de la Nation.

Au lendemain des travaux des négociations politiques inter congolaises de Sun City, l’on croyait que la période de la transition sous le régime de 1+4 allait résoudre la terrible question de la légitimité politique qui a tant fait défaut depuis l’assassinat de P.E. LUMUMSA. De nombreuses voix s’élevèrent pour condamner le refus de l’UDPS et de son président Etienne TSHISEKEDI d’entrer dans les institutions de la République. Les mêmes voix, dont celles des représentants des puissances occidentales rassemblées au sein du Comité International d’Accompagnement de la Transition, fustigèrent le refus du leader de l’UDPS de prendre part aux élections de 2006.

A la lumière des incidents qui ont eu Heu hier au palais du Peuple avec la sortie bruyante de la salle des Congrès des députés membres de l’Opposition Politique suite au refus opposé par le président Aubin MINAKU de prendre en compte les remarques déposées par Clément KANKU Bukasa, force est de constater que ceux qui ont de tout temps crié à hue et à dia que la politique de la chaise vide est une erreur politique ont été rattrapés par l’histoire politique du pays et la réalité du rapport des forces. L’élu de Dibaya avait dénoncé de nombreux blocages dossiers sensibles imposés délibérément par le président de l’Assemblée Nationale, particulièrement celui relatif à la motion de censure a charge du Premier Ministre et les débats sur la situation de l’Est, etc.

Cette sortie bruyante n’a pas du tout empêché la plénière de poursuivre son bon homme de chemin. Bien au contraire, Aubin MINAKU s’est contenté de lire à l’attention de l’assistance le contenu du communiqué rédigé par l’opposition parlementaire dénonçant ces multiples blocages des dossiers! Sensibles. Comme pour dire, circulez mesdames et messieurs, tout va bien. Les députés devraient se rendre compte’ de leur turpitude, car tous les dossiers sensibles ont toujours été examinés et débattus en leur présence sans qu’ils n’y apportent le moindre amendement. Ils devraient se rendre à l’évidence que la majorité mécanique ne leur fera aucun cadeau et qu’elle les considère comme des « simples collabos bon chic bon genre » pour jouer le rôle de faire valoir aux yeux de l’opinion. Les députés de l’opposition ont été incapables de bloquer des’ violations de la constitution de la République, notamment la révision constitutionnelle avant les élections de novembre 2011 ayant mis fin au système de deux tours pour la présidentielle et qui a donné au Président de la République la latitude de dissoudre à tout moment et à sa guise les assemblées provinciales. Ils avaient été incapables de faire partir par motion de censure le Ministre d’Etat Me Norbert NKULU Kilombo, reconnu coupable d’avoir bloqué les opérations de contrôle des aéronefs de type Antonov et ce, avant le crash de Kingasani juste au lendemain de la mise en place de l’assemblée nationale issue des élections de 2006. Il est établi qu’en cas des débats sur une prochaine révision constitutionnelle par voie de référendum populaire comme cela se chuchote déjà dans les salons politiques, cette opposition parlementaire se verra réduite au rôle de faire-valoir. Ainsi donc, les chaises pleines deviennent inutiles car improductives. L’un d’entre eux est allé jusqu’à proposer de retirer leurs délégués au Bureau de la CENI en signe de protestation. Sera-t-il entendu ? Rien n’est moins sûr car le vin est tiré et il faut le boire.

F.M.

 

7sur7.cd

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