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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Pourquoi la guerre persiste à l'Est de la RDC??? Partie 1

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 25 Novembre 2012, 19:46pm

Catégories : #Actualite

PRESSE AFRICAINE

 

Le désenchantement a remplacé la ferveur populaire soulevée par la progression vers Kinshasa des troupes hétéroclites de l'Alliance de Laurent Désiré Kabila. Le départ du maréchal Mobutu était souhaité par tous; la démocratie serait son corollaire, croyait-on. Elle n'est pas là. A sa place a surgi un "président" autoproclamé nanti de pouvoirs absolus, installé par des étrangers à la tête d'une dictature brutale et opaque. Qui sont les véritables maîtres du pays ? Au-delà d'une victoire militaire facile, le vide. On s'interroge, à défaut de pouvoir interroger.
 

L'opposition démocratique à l'ancien régime est tenue à l'écart, méprisée.
Et surtout, chacun fait le constat inquiétant que l'Alliance est arrivée au pouvoir avec des armes dans ses bagages, mais sans projet de société réel. Des amateurs ont capturé le destin de quarante-cinq millions d'âmes, tenues de considérer que les Etats-Unis d'Amérique sont leurs amis, et la Chine totalitaire leur modèle. Des "Amis du Congo" nomment cela "bonne gouvernance". Parleront-ils un jour avec la même ardeur des crimes contre l'humanité commis lors de la guerre de conquête du Zaïre ?
 

Les caisses sont vides. En abandonnant le pouvoir, les "ambianceurs" du régime Mobutu n'ont laissé sur place que les reliefs d'une bamboula qui aura duré trente ans, et ils ont gratifié l'aubergiste d'une ardoise impayée de 9 à 14 milliards de US $, outre qu'ils ont saccagé l'établissement et volé l'argenterie. Ceci en conséquence d'une bizarrerie du «nationalisme révolutionnaire" appelé mobutisme (dont la magnifique devise était "Servir et non se servir"), qui a entraîné l'effondrement du pays dans tous les secteurs. Néanmoins, la ruine n'est pas totale: dans leur classement de 1996 des pays du monde selon l'indice de développement humain, les Nations unies ont placé le Zaïre à la 141ème place sur 174 pays mentionnés (le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi figurant aux 152ème, 155ème et 166ème rangs du tableau).

En matière d'incompétences, rien n'a vraiment changé ? Le mobutisme fut en réalité un "grand bond en arrière". Une trentaine d'années avant la capture du Za:ire par les troupes de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo, une colonie belge devenait un Etat indépendant souverain. La Belgique remettait aux nouvelles autorités -mal préparées à la conduite des affaires, déjà -un pays en plein essor, qu'elle avait développé de façon étonnante depuis le début du siècle. Les effectifs de l'administration coloniale belge étaient maigres, terriblement efficaces cependant pour avoir été constitués selon des critères très sélectifs de compétence technique, de comportement et de motivation. Grâce à ce personnel, le Congo belge était considéré à la fin des années 50 comme une colonie modèle, à ceci près qu'il y régnait un apartheid qui tenait les "indigènes" dans une condition humiliante de plus en plus mal supportée. Parmi ces "indigènes", des "évolués" (terme officiel de l'époque pour désigner les personnes quelque peu "civilisées") allaient en quelques mois provoquer le départ de l'administration coloniale et se substituer à elle, malheureusement sans avoir reçu au préalable de formation aux affaires publiques. La tare originelle des nouvelles autorités était donc l'incompétence et l'inexpérience. Elle marquera toute la période de l'indépendance, et on la retrouve chez les maîtres actuels du pays, en grande majorité sans expérience politique ou administrative. Cet aspect du mal zaïrois est désormais congolais. Ainsi, pour parodier la déclaration célèbre d'un général belge de l'époque coloniale, on pourrait presque écrire ceci à leur propos : "Après Mobutu = pendant Mobutu". On comprend donc la prudence et l'attentisme des bailleurs de fonds à l'égard du nouveau régime. N'en déplaise aux Etats-Unis, leur mentor le plus puissant, peut-on faire confiance à un régime totalitaire fondé sur un décret faisant office de loi fondamentale, émis par le président autoproclamé Kabila qui s'est attribué des pouvoirs quasi absolus par lesquels, sans institutions de contrôle, il "exerce le pouvoir législatif par décrets-lois (...) Il est le chef de l'exécutif et le chef des Forces armées (...) Il exerce ses pouvoirs par voie de décrets. (...) Il a le droit de battre monnaie (...) [il] relève de leurs fonctions... les magistrats du siège et du parquet"?
 

Un sondage défavorable au régime. La popularité du régime a été évaluée récemment. En septembre et octobre derniers, rapporte un journal belge, la population de Kinshasa s'est exprimée sur la situation nationale lors d'un sondage d'opinion. Si des élections législatives avaient été organisées immédiatement, 43 % des habitants interrogés se seraient déclarés sans opinion sur le choix d'un parti, mais 35,9 % auraient voté pour l'UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social) d'Etienne Tshisekedi, 7,3 % pour le Palu (Parti lumumbiste unifié) d'Antoine Gizenga, et 10,3 % seulement pour le parti du président Kabila, l'AFDL (Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo). Si des élections présidentielles avaient eu lieu, 25, 7 % auraient voté pour Etienne Tshisekedi [Note: dont la popularité est tombée: en avril 1997, il était crédité de 43% des intentions de vote], contre 8,5 % pour Antoine Gizenga, et 17,7 % pour le président Kabila, qui "n'a jamais fait mieux que 23 %, en août dernier".

 

Cette impopularité du régime est à rapprocher de ce constat: 52 % des personnes interrogées pensent qu'un génocide a eu lieu contre les réfugiés hutus lors de la guerre de conquête du pays; 62,4% estiment que le Rwanda et l'Ouganda sont en train de recoloniser le Congo, ce qui fait croire à 71 % d'entre eux que le président Kabila est sous influence étrangère.
 

En considèrant que ce pouvoir est si peu populaire et qu'il ne repose que sur un petit groupe de personnes cooptées entourées de quelques figurants, que vaut ou que représente actuellement, pour un investisseur étranger par exemple, la parole ou la signature d'un Kabila ou celle d'un de ses subalternes, et dans ces conditions que peut-on aller faire au Congo en ce moment?
0En septembre dernier, le "patron des patrons" belge a résumé sur une radio sa pensée, après une visite de travail à Kinshasa: "La situation financière et la situation générale du pays est (sic) telle qu'il ne serait pas sensé de dire aux entreprises belges: allez maintenant massivement au Congo".

 

Un peu plus tard, dans un journal belge, le nouveau "patron des patrons" congolais, José Endundo, tient un langage similaire. Il explique franchement que les difficultés rencontrées au Congo par les entrepreneurs sont "le manque de fonds", ainsi que "l'absence d'Etat de droit et de sécurité juridique", car "il n'y a pas d'épargne intérieure et les entreprises sont exsangues". Les moyens pour améliorer la situation? Il faut commencer par "simplifier la fiscalité", et M. Endundo cite l'hôtel InterContinental de Kinshasa qui "paie 27 taxes différentes". Actuellement, le candidat investisseur "passe deux ou trois mois à aller de bureau en bureau" pour régler ses problèmes d'installation. Ensuite, il se heurte à des structures étatiques "qui rançonnent, à la tête du client". Quant à l'exportateur qui traite avec le Congo, son risque financier n'est pas assuré, aussi "il faudrait réouvrir le Ducroire en Belgique -la Coface en France, l'Hermès en Allemagne -pour garantir le financement des exportations vers le Congo."
La "reconstruction" du Congo reste une vue de l' esprit ?

 

Si la logique des affaires s'applique au Congo, les investisseurs potentiels doivent refuser d'engager leurs capitaux dans un pays sinistré au dessein imprévisible, un pays dont la "reconstruction" reste une vue de l'esprit, en dépit des slogans et des sollicitations de la propagande congolaise officielle. Et dans l'hypothèse favorable où cette reconstruction venait à s'amorcer, de multiples mésaventures ne manqueraient pas de surgir chez les opérateurs, tant les aléas politiques, administratifs et techniques sont nombreux et importants. Les facteurs de risques semblent bien trop importants actuellement, comme le laissent entendre les deux "patrons des patrons" précités, pour des opérateurs économiques soucieux de la productivité et de la sauvegarde de leurs investissements, dans un système politique fragile et hautement instable puisqu'il repose entièrement sur un décret-loi de quelques lignes émis par un autocrate autoproclamé extrait du néant par des amis "sympathiques", puis porté au pouvoir par les armées de pays voisins auxquels il est indubitablement lié par des accords encore inconnus. Du reste, ces partenaires sont susceptibles, on peut le craindre, de changer à tout moment de fréquentations.

 

Restent, pour venir en aide au Congo Kinshasa dans de telles conditions, les pays amis et les institutions internationales. A Bruxelles s'est tenue en décembre dernier la première "Conférence des amis du Congo" organisé par la Banque mondiale pour présenter les objectifs économiques et financiers dt gouvernement Kabila, en vue de lui accorde plus tard une aide d'urgence (voir encadré) L'une des demandes formulées par les bailleur de fonds (une quinzaine de pays et une dizain d'organisations internationales) est qu'il y ai au Congo une évolution positive dans le domaines de la démocratie et des droits d l'homme. La Banque mondiale peut se montrer satisfaite de la réunion: les autorités congolaises ont reconnu, car existe le principe de la continuité de l'Etat, la légitimité de la dette extérieure contractée par le Za:ire sous régime Mobutu. Elles sont toutefois incapables de commencer à rembourser Banque, ce qui n'autorise pas celle-ci à leur allouer de nouveaux crédits.
 

La conférence s'est soldée par des résultats jugés encourageants par Kinshasa, puisque Bizima Karaha, son ministre des affaires étrangères, a fait remarquer que "le dialogue été très bon" et que "le train est en marche avec pour résultat tangible que des aides d'urgence devraient être accordées pour la réfection de deux routes permettant l'approvisionnement de la capitale, et pour des interventions prioritaires dans le secteur de la santé. Mais pour l'essentiel des demandes financières, les amis en question se sont contentés de montrer leurs billets de banque: on reverra dans six mois.

 

Déception, par contre, chez les opposants au régime hostiles à la tenue ou à la teneur de la conférence. Le docteur Mpuila, représentant en Belgique de l'UDPS, estime qu'il aurait mieux valu isoler le régime Kabila qui ne peut ni démocratiser ni développer le pays en raison de sa nature totalitaire, "alors c'est pour ça que nous voulons que les amis du peuple [congolais] ne traitent qu'avec les vrais représentants de notre peuple, et nous aident plutôt à mettre en place des institutions démocratiques stables".

 

En novembre dernier, la même UDPS Belgique a tonné contre le régime. Dans une communication intitulée "Le passé de M. Kabila", elle explique que "M. Kabila s'est révélé être un 'criminel d'Etat' dangereux et une copie conforme de M. Mobutu, et que l'action de son gouvernement est un échec flagrant et généralisé". Pour l'UDPS, Mobutu et Kabila sont des "aventuriers" qui ont voulu "imposer au peuple un système néocolonial, totalitaire, dictatorial, policier et [de] Parti-Etat ..propice à l'étouffement de la voix du peuple, au pillage du pays par des aventuriers et leurs parrains étrangers, et à la perpétuation de la domination et de l'exploitation étrangère." Car Kabila a pris le pouvoir en mai 1997 "suite à une guerre dite de 'libération' totalement initiée et planifiée de l'extérieur, et qui a été, en réalité, une entreprise de conquête néocoloniale de notre pays par des étrangers, principalement les Etats-Unis et les gouvernements rwandais et ougandais." Comme Mobutu, poursuit le parti, "Mo Kabila se retrouve aujourd'hui baionnette à la ceinture, revolver à la main droite braquée sur le peuple et la main gauche sur les paquets de dollars du Trésor public."

 

Autre présence étrangère signalée dans le pays, Israël. Des Israéliens fallachas d'origine éthiopienne, appelés "Erythréens" par les Congolais, composeraient la garde rapprochée du président Kabila. En outre, les services secrets israéliens collaboreraient avec le Congo, mais aussi avec l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Rien donc n'a vraiment changé: autrefois, des Israéliens ont encadré les services secrets de Mobutu et assuré sa garde rapprochée, et une coopération a existé entre les deux pays dans le domaine militaire et dans le secteur agricole. En matière d'investissements, par contre, Mobutu fut déçu par Israël, qui avait promis d'investir massivement au Zaire si celui-ci renouait avec lui des relations diplomatiques. En 1982, la reprise des relations eut bien lieu, mais les investissements annoncés n'arrivèrent jamais.

Dans un autre document, l'UDPS Belgique indique que "l'armée étrangère d'occupation [du Congo] est dirigée par James Kabarere, lieutenant-colonel de l'armée rwandaise. La Région du Sud-Kivu et trois préfectures du Sud-Rwanda (Butare, Cikongoro et Cyangugu) ont été fusionnées en une seule circonscription militaire dirigée par le colonel César Kayizari de l'armée rwandaise qui a établi son quartier général à Bukavu, et qui a été chargé de déloger les populations locales autochtones Babembe d'Uvira au profit de l'implantation massive d'immigrés tutsis rwandais, faussement présentés comme [des] Banyamulenge congolais. La Région du NordKivu et deux préfectures du Nord-Rwanda (Ruhengeri et Cisenyi) ont été fusionnées en une seule circonscription militaire dirigée par le colonel Nzaramba de l'armée rwandaise dont le quartier général a été installé à Coma. En vertu de quelles dispositions ce début d'annexion supposée a-t-il pu se réaliser? On remarque que toutes les décisions qui engagent la nation congolaise se font sans consultation populaire et sans que les partis politiques n'en soient même informés. Le régime Kabila, au nom d'un impérialisme régional mal identifié, dispose comme il l'entend, comme le faisaient les colonisateurs en des temps révolus, d'un butin de guerre que sont un territoire cinq fois plus grand que la France et un peuple de quarante cinq millions d'êtres humains relevant de l'espace francophone.
 

Les optimistes se consoleront à l'idée que les autorités en place ont décrété que 1997 serait "l'année de la libération", et 1998 "l'année du redressement national et du début de la reconstruction". Tous les espoirs sont donc permis, d'autant plus que le président Kabila vient de décider de "prendre la République populaire de Chine comme modèle de développement".
Ceci étant signalé, des mouvements rebelles sont en guerre contre le régime ou se préparent à la lutte armée. Par exemple, en septembre dernier s'est constituée l'UFLD (Union des forces vives pour la libération et la démocratie), une association de 9 organisations politiques et militaires, parmi lesquelles le Commando 5 minutes, le Front uni pour la libération du peuple bantou, et le Front de lutte contre l'occupation tutsi au Zaire. Sa devise est «Entre la liberté et l'esclavage, il n'y a pas de compromis».
 

A la chute du maréchal Mobutu, un habitant de Kinshasa s'était écrié: «Mobutu au diable, rendez-vous en enfer » A qui le tour ? .

 

Source :
 

AFRICA INTERNATIONAL, FEVRIER 1998

 

Il n'est pas douteux que l'oligarchie en place à Kinshasa a renversé le régime Mobutu grâce à des accords secrets passés avec des partenaires qui, en contrepartie d'avantages, ont mis à sa disposition leurs capacités militaires et des moyens financiers.
 

C'est ainsi que des "amis sympathiques" de Kabila ont pu exécuter pour leur propre compte de grands massacres de populations civiles dans l'est du Zaïre -où plus de 200 000 personnes sont portées disparues -ou négocier des concessions minières et peut être même territoriales. Ces deux données: accords secrets et haute criminalité, sont les fondements du régime et son essence.
 

Les accords précités comportent des dispositions mal identifiées, qui néanmoins transparaissent dans les actions du gouvernement de Kinshasa et de ses partenaires étrangers. Avant même sa prise de pouvoir à Kinshasa, simple exemple, Laurent-Désiré Kabila a ainsi pu négocier avec des compagnies minières étrangères des contrats portant sur le patrimoine national zaïrois.

Le président autoproclamé Kabila est prisonnier de ces engagements, qui ne peuvent être exécutés que sous le régime actuel où tous les pouvoirs, y compris le contrôle de la magistrature, lui ont été attribués par ses commanditaires. En conséquence, l'opposition politique et la société civile, nées une dizaine d'années plus tôt en réaction contre la dictature du président Mobutu, sont devenues des organisations pernicieuses, à combattre. C'est pourquoi l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), le nouveau parti-Etat, a dès sa victoire militaire suspendu les activités des autres partis politiques, et qu'elle entend, le cas échéant sans participation populaire et par la force armée, introduire son totalitarisme dans tous les secteurs de la vie nationale. Ceci avec d'autant plus de vigueur que la nouvelle dictature a bénéficié jusqu'ici, pour mettre en place sa "bonne gouvernance", du soutien quasi inconditionnel des Etats-Unis et des pays sous leur influence.
Roberto Garetton "exprime sa plus vive préoccupation"
 

Ce totalitarisme grandissant, à l'opposé d'une évolution du pays vers un Etat de droit, est dénoncé par Roberto Garreton, rapporteur spécial des Nations unies. A la mi-février, il signalait "avoir reçu de nombreuses allégations de graves violations des droits de l'homme en République démocratique du Congo depuis le début de l'année 1998", parmi lesquelles l'arrestation récente et la déportation du principal leader de l'opposition, Etienne Tshisekedi. Pour celui-ci et pour les autres responsables politiques emprisonnés par le régime, le rapporteur spécial "craint aussi qu'ils ne soient soumis à la juridiction de la Cour d'ordre militaire, qui ne respecte aucune limitation de compétences, de procédure et de peines applicables, et dont les décisions ne peuvent faire l'objet d'aucun recours."
 

Quant aux nouveaux dirigeants chargés de la "bonne gouvernance", ils sont notoirement privés d'expérience de affaires et de connaissance des réalité nationales. Pris au dépourvu par leur victoire subite, ils ont pris le pouvoir dans la précipitation, et depuis ils naviguent à vu selon la hasardeuse méthode des essais et erreurs. Il y eut ainsi, par exemple, l'amorce puis l'annulation d'une ambitieuse Conférence nationale sur la reconstruction (CNR) projetée en à la fin de l'an dernier en vue d'établir le "plan décennal pour la reconstruction du Congo".
 

Combien de temps un pouvoir ainsi constitué va-t-il résister à l'opposition civile e à la lutte armée qui se développent rapide ment dans la capitale et dans l'est du pays Une chose est certaine: les sponsors en armes de Kabila, qui sont les autocrates tutsis dirigeant l'Ouganda, le Rwanda et le Burundi provoquent chez les populations "bantoues» locales, à cause de leur volonté de domination de la région des Grands Lacs, un ressentiment général grandissant contre la minorité tutsie Cette volonté de puissance de factions extrémistes dans la minorité tutsie a déjà suscité le génocide rwandais et la guerre civile au Burundi.
 

Laurent-Désiré Kabila, quant à lui a désormais des préoccupations plus personnelles. En février dernier, il a dit comme Mobutu se rendre en Suisse pour recevoir des soins médicaux. Autre similitude: bien que son directeur de cabinet ait déclaré que le président Kabila "se porte comme un charme" d'autres personnes évoquent de graves problèmes de larynx et de... prostate.

 

Le plus inquiétant n'est pas là, mais dans l'est du pays où les armées d'Ouganda, du Rwanda et du Burundi envoient des renforts pour combattre des guérillas aux contours mal définis. Est-ce bien le but réel de ces nouvelles interventions militaires? Plus probablement, il faut voir là une nouvelle étape du plan d'occupation du Kivu par les pays voisins, ou alors l'expression d'un antagonisme de plus en plus marqué entre les des groupes rivaux formant l'entourage du président Kabila: le sien, formé de Katangais, et les Tutsis rwandais et autres.
Toujours est-il que le dictateur malade a quitté précipitamment la Suisse le 23 février, pour regagner son pays où semblent se dessiner des changements politiques majeurs.

AFRICA INTERNATIONAL, MARS 1998

Le 17 janvicr 1998, le président de la république démocratique du Congo, Laurent-Désiré Kabila, a célébré le 37ème anniversaire de l'assassinat de Patrice Emery Lumumba, chef du tout premier gouvernement congolais en 1960, au lendemain de l'indépendance. Dans la tribune d'honneur où avait pris place le chef de l'Etat, on pouvait remarquer Juliana Lumumba, fille de l'ancien premier ministre, et actuelle vice-ministre de l' Information, de la Culture et des Arts.
Trois jours plus tard, François Lumumba, fils aîné de Patrice Lumumba et président d'une aile du Mouvement national congolais (MNC), parti dont son père fut le premier président, jetait un pavé dans la mare en expliquant que sa famille « n'avait pas été associée à l'organisation » de la commémoration. « Comme on n'était pas invité et surtout que tous les communiqués émanant de la famille Lumumba [ ...] ont été gelés..par le pouvoir en place, nous prenons acte de ce sabotage. »

Sur sa lancée, François Lumumba dénonçait l'opacité du pouvoir actuel : « Sans transparence, le développement de notre pays n'est qu'un rêve. On ne peut pas parler de démocratie s'il n'y a pas de transparence dans la chose publique. » Dans l'un des communiqués en question non-publiés, François Lumumba rendait hommage au commandant André Kisase Ngandu, chef militaire de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL), dont la disparition physique au début de l'année 1997 n'ajamais été élucidée par son parti, qui l' a même complètement oublié.

Dans les milieux proches de la famille Lumumba, les opinions sont divisées. Si certains ont vu en Juliana Lumumba la représentante de la famille lors de la commémoration, d'autres avouent craindre une « clochardisation politique » de la famille lumumba, dont l'identité ne peut être réduite à la position du gouvernement, d'autant plus que les ministres ont été choisis « à titre individuel »,les partis politiques étant interdits par Laurent-Désiré Kabila.

La question n'est pas de savoir si François Lumumba est !e meilleur représentant de la famille ou le chef de file des lumumbistes, ces derniers sachant ce que François a fait des nombreux atouts dont il a bénéficié ces dernières années au nom de son père. La question est plutôt de savoir quelle est, au-delà des déclarations d'intention, la véritable position de Laurent-Désiré Kabila vis-à-vis des lumumbistes. A l'approche des élections, comment ces derniers peuvent-ils espérer préparer leur avenir politique ?

A Kinshasa, la question est ouvertement posée dans les milieux lumumbistes et particulièrement parmi les anciens exilés de Brazzaville, qui ne voient pas clair dans la politique de l'AFDL. Craignant d'être évincés un à un par une Alliance qui prend de plus en plus une coloration régionale -pour ne pas dire katangaise -, nombreux sont les lumumbistes qui ont exprimé à Laurent Désiré Kabila leur désir d'avoir les mains libres pour préparer les élections.

LES RANGS DES DÉÇUS

A Kinshasa, l'opinion est que les mobutistes katangais sont lavés de tout soupçon. Dans cette vision mobutiste ethnorégionaliste, certains Kasaiens, fussent-ils membres de l' AFDL, sont d'office considérés comme agents d'Etienne Tshisekedi, président du principal parti d'opposition, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

L'arme ethnique est ainsi souvent utilisée pour voiler des enjeux politiques: le partage du pouvoir et des ressources. La logique d'exclusion dans laquelle Laurent-Désiré Kabila s'est plongé dès le départ (avec l'interdiction des activités politiques) l'amène à des stratégies que n'aurait pas reniées Mobutu lui-même et qui l'isolent de plus en plus. La peur d'être débordé à droite et à gauche amène son cousin Gaëtan Kakudji à allumer des incendies partout: au sein de l' AFDL, contre les lumumbistes, contre les notables du Nord et Sud-Kivu, etc. Et tout cela au cours du même mois de janvier 1998 ! 

Dans les milieux kinois proches des notables du Kivu, on a appelé au secours
certains membres de la diaspora restés à l'étranger, qui jouissent d'une certaine influence auprès des autorités de l' AFDL. En attendant, les rangs des déçus de Laurent-Désiré Kabila ne cessent de grossir Cette année devait pourtant être, aux dires de Kabila, l'année de la reconstruction ! .

JEUNE AFRIQUE ECONOMIE MARS 1998

Le 17 mai 1998. Un soleil de plomb, en ce début de saison sèche, au stade des Martyrs. Une heure trente de prise de parole par Laurent-Désiré Kabila, pour un véritable dithyrambe de l'action d'un gouvernement qu'il allait pourtant mettre en pièces quelques heures plus tard. Un gouvernement accusé notamment d'inexpérience, pour n'avoir pas su organiser le sommet des seize chefs d'Etat de l' Afrique des Grands lacs, qui aurait dû se dérouler la veille de cette date anniversaire. Un "sommet" annulé à la dernière minute. Mais, par-delà les arguties du pouvoir de Kinshasa, ce fiasco jette un cruel éclairage sur une certaine détérioration des rapports entre I 'homme fort de la RDC et ceux qui furent ses principaux soutiens pour la conquête du pouvoir. Justification officielle de l' annulation de cette conférence, dont les thèmes principaux étaient la paix, la résolution des conflits et la coopération africaine: le début du conflit entre I 'Erythrée et I 'Ethiopie. En réalité, le conflit érythréo-éthiopien, loin de constituer une entrave à ce sommet, aurait très bien pu en être le principal sujet. Car, au même moment où était annulée la réunion de Kinshasa, le vice-président rwandais, Paul Kagamé, réunissait à Kigali les principaux acteurs de ce conflit, à savoir l'Erythréen Issayas Afewerki et le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi. De plus, on apprendra par la suite que ni l'Ouganda ni le Rwanda n'avaient envoyé de délégation à Kinshasa pour la préparation de ce sommet. Dès lors, l'attitude de ces deux pays, naguère "amis" de Kabila, allait être interprétée comme une volonté de signifier à ce dernier que le leadership -ou, plus sobrement, le centre de décision -de la région des Grands Lacs se situait entre Kigali et Kampala, et non à Kinshasa.

UN SIGNAL AMER EN DIRECTION DU MAiTRE DE KINSHASA, QUI doit largement son trône à

cette coalition régionale composée de l'Angola, du Rwanda, de l' Afrique du Sud, de l'Ouganda et du Burundi. Peut-on alors établir un lien de cause à effet entre cette défiance à l'égard de Kabila et la visite que le président du Congo voisin, Denis Sassou Nguesso, avait rendue à la fin de la première quinzaine de mai à l'Ougandais Yoweri Museveni ? Motif de cette prise de contact: les questions relatives à la sécurité de la région et la clarification de la situation des quatorze mille réfugiés rwandais en terre congolaise, dont nombre d'entre eux ont participé au génocide rwandais de 1994. Peu après, des émissaires du président Sassou Nguesso allaient également se rendre à Kigali pour discuter des mêmes questions de sécurité. Cette manière d'enjamber l'immense Congo démocratique pour aller prendre langue sur de telles questions avec les homologues ougandais et rwandais n'allait pas laisser indifférent le pouvoir de Kinshasa. Le 21 mai dernier, après plusieurs heures de discussion avec Kabila, le ministre d'Etat Victor Mpoyo allait faire à la télévision nationale une déclaration fracassante contre Museveni, en l'accusant de sabotage du sommet et d'ingérence "inadmissible" .

PLUS SIMPLEMENT, ON POUVAIT observer que ce sommet manquait cruellement de préparation. D ' ailleurs, un membre de la délégation burundaise nous confiera que leur voyage a été annulé au dernier moment, lorsqu'il fut reconnu que le dispositif de sécurité souffrait d'un inquiétant laisser-aller. Si l'on reconnaît que toutes les mesures de sécurité étaient assurées aux frontières, grâce à la solide expérience du vice-ministre de l'Intérieur, le commandant Faustin Munene, l'impréparation du sommet concernait essentiellement l'organisation de la cérémonie en elle-même, confiée au vice-ministre de la Coopération internationale, Didier Mumengi, actuellement ministre de l'Information. Toujours est-il que, parmi les seize chefs de l'Etat attendus, seulement deux ont fait le déplacement, -Robert Mugabe et Ange-Félix Patassé -tandis que le général Sassou Nguesso envoyait un de ses ministres. Ce sommet de la médiocrité diplomatique allait provoquer l'ire du "Mzee" (sage) Kabila, et aboutir à l'opération "mains propres", tant dans les rangs du gouvernement que les caciques de l'Alliance des forces démocratiques de libération du Congo (AFDl), au sein du secrétariat général. Dans la semaine du 18 mai, une vague d'arrestations en masse allait sonner le glas du gouvernement. Pour la première fois depuis sa prise de pouvoir, Laurent-Désiré Kabila allait châtier les siens, avec la très active coopération de l' ANR (Agence nationale de renseignement), de la DEMIAP (Détection militaire des activités antipatrie) et du ministère de l 'Intérieur. Principaux suspects: tous ceux qui, de près ou de loin, avaient élaboré ce sommet de chefs d'Etat, à savoir le ministère des Affaires étrangères placé sous la coupe de Bizima Karaha, le ministère de la Coopération internationale dirigé par le sémillant avocat Célestin Lwanghy, ainsi que le ministère de l 'Information de Raphaël Ghenda, l 'homme qui allait le plus pâtir de cette opération des services de sécurité. Didier Mumengi, directeur de cabinet de Célestin Lwanghy, devait répondre de la diffusion sur la chaîne nationale, peu avant le sommet, d'un spot pour le moins ambigu, montrant des images de massacres, à un moment où la commission d'enquête de l'Onu accuse le gouvernement congolais d'avoir tué cent quatre vingt mille Hutus pendant l'avancée de l' AFDL. Pour cette même raison, le comité de gestion de la Radio Télévision nationale (RTNC) dont le directeur général, José Kajangwa, fut l'un des piliers de l' AFDL, allait être frappé d'une mesure de suspension.

Personne ne pouvait alors imaginer que Raphaël Ghenda, très proche de Kabila, porte-parole du gouvernement et ministre de l 'Information, allait être arrêté en fin de semaine. Appréhendé le 22 mai, ce chantre de la "révolution congolaise" devait subir un interrogatoire en règle par les agents de l' ANR. On connaît désormais la suite à l'issue de cet interrogatoire,
Raphaël Ghenda était placé en résidence surveillée et accusé de détournement de fonds pour un montant de plusieurs centaines de milliers de dollars.

IL S'AGIRAIT D'UNE COLLECTE QU'IL aurait entreprise et dont les montants auraient mystérieusement disparu. Par ailleurs, lors de sa "mission de clarification" à Paris en avril dernier, on l'aurait chargé d'acheter, pour le compte de la télévision nationale, du matériel qui ne serait jamais parvenu à destination. Le directeur des informations, Kitengue Kitumba, alors membre de la délégation qui s'était rendue à Paris avec Raphaël Ghenda et qui aurait dû se charger de la transaction, n'est toujours pas rentré à Kinshasa. Des proches de l'ancien ministre aujourd'hui incarcéré nous avoueront qu'il avait déjà subi une mise en examen avant le premier remaniement de janvier dernier.

Dans la deuxième quinzaine du mois de mai, tous les ministres devaient rendre compte devant Kabila de la gestion des affaires de l 'Etat, pendant que les membres des cabinets étaient interdits de sortie du territoire. A la suite de la mise en examen de Ghenda, d'autres allaient également perdre leur poste. Il s'agit de Lokombe Kitete, ministre de l'Energie, d'Etienne Mbaya, ministre au Plan, de Mututulo, ministre au Portefeuille ainsi que de son vice-ministre.

LE 1er JUIN, LE DÉCRET OFFICIEL 078 portant sur le remaniement ministériel devait consacrer le troisième gouvernement de la troisième République. Un gouvernement pléthorique de trente-sept ministres qui voit I 'apparition de sept nouveaux portefeuilles et de treize nouveaux ministres. les grands chamboulements se situent au niveau des ministères d'Etat. Victor Mpoyo, l'argentier de Kabila, perd l'Economie et le Pétrole, mais reste ministre d'Etat. Des rumeurs insistantes font état, dans les coulisses du pouvoir, de sa mauvaise santé. Mais l' on n ' oublie pas non plus que Mpoyo est l 'homme qui a fait capoter bien des contrats mirobolants: celui de l' American Minerai Field, et également celui de l' Ashanti Goldfield portant sur la concession 40 de la mine d'or Kilomoto. On note aussi, à côté de Mpoyo, la nomination d'un deuxième ministre d'Etat sans portefeuille: Déogracias Bugera, plus connu sous le sobriquet de Douglas et qui fut, pendant un temps, le numéro deux du régime. Bugera perd le poste de secrétaire général de l' AFDL au profit de Mutomb Thsibal, ex-ministre des Sports, rnais surtout adjoint, pendant la guerre de libération, de Kisase Ngandu, chef du parti lumumbiste FlNC, mort dans des circonstances mystérieuses pendant la guerre de libération. Autre surprise: la réhabilitation de Didier Mumengi, qui perd son poste de directeur de cabinet de la Coopération internationale pour arriver à la tête du ministère de I 'Information. Brillant journaliste, collaborateur de notre confrère le Monde diplomatique, Didier Mumengi est un proche de Yerodia Abdoulaye Ndombasi, à qui il devrait sa nouvelle place. Il a aussi fréquenté par le passé l'opposant M' Nimy, actuellement en exil en Belgique.

Quels enseignements tirer des derniers événements en cours ? Il semble que l' on cherche à écarter du pouvoir le dernier chef, avec Laurent-Désiré Kabila, de l' AFDL, à savoir Déogracias Bugera. Pour quelles raisons ? En février dernier, Bugera a été chargé par la présidence de redynamiser le parti. Les hauts cadres de l' AFDL ont conduit des missions d'enquête dans toutes les provinces du pays, et les résultais de ces missions n 'onl jamais élé divulgués. Néanmoins, selon certaines confidences, il apparaît que l'implantation de l' AFDL à l'intérieur du pays est tout à fait fictive et que le travail dévolu au secrétariat général n'a pas été accompli dans toute la mesure recherchée, D'où ce poste de ministre d'Etal sans portefeuille offert à Bugera, une voie de garage royale. On est en droit de se poser des questions sur l'avenir du parti lui-même : va-t-on procéder à sa liquidation pure et simple ou le vider de sa substance ?
Cependant, on note quelques progrès dans le sens d 'un apaisement de la vie politique intérieure, L'opposant Zahidi Ngorna, emprisonné depuis six mois à Buluwo, a été libéré pour des raisons de santé et devrait trouver asile en France. Les rapports avec l' opposition interne semblent s ' être adoucis. Peu avant le remaniement, Kabila recevait Tshisekedi, l'irréductible patron de l'UDPS, qui jouit de l'estime de l'Internationale socialiste dont son parti est membre. Enfin, a été créée l' Assemblée constituante qui devra entériner la Constitution du pays, et tout citoyen "n'ayant pas participé à aucun crime du pays» peut en être membre. Voilà quelques gages de "normalisation", voire de démocratisation, susceptibles enrayer le glissement du régime vers un isolement total qui pourrait entraver irrémédiablement la reconstruction du pays.

HORMIS LA ROUTE NATIONALE QUI relie Matadi à Kinshasa, quelques axes routiers dans la capitale et la réfection de l'aéroport de Lubumbashi, les grands travaux n'ont toujours pas commencé. En matière de télécommunications, les grandes promesses de Me Kinkela, ministre des PTT, semblent être demeurées lettre morte. Aucune nouvelle entreprise de télécommunications n'a encore montré le moindre empressement à reconstruire le pays. Il faut dire que les licences accordées s'élèvent à plus de deux millions de dollars, ce qui n'encourage pas l'investissement. Par ailleurs, le réseau des télécommunications nationales n'a pas encore été remis en état par l'entreprise chinoise Zhong Zing Télécom. Pour quelles raisons ? le ministère des PTT préfère garder un silence gêné sur cette question. Cependant, des signes encourageants sont à noter dans le domaine social. En matière de santé, I 'hôpital général de Kinshasa a été restauré grâce à une aide de 300 000 dollars. Selon Brigitte Kalalo, présidente de la principale organisation des femmes, le RFC, "le gouvernement comprend la position de la femme congolaise, même s' il ne la soutient pas encore suffisamment" .Toujours est-il qu'un don de 500000 dollars a été accordé aux organisations féminines pour soutenir l'émancipation de la femme congolaise. Le gouvernement de salut public va-t-il enfin prendre son envol ? Il faut l'espérer, même si les signes encourageants se font rares.

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