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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Question de mémoire: Congo: Pas de stabilité au Kivu malgré le rapprochement avec le Rwanda

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 23 Mai 2013, 09:21am

Catégories : #Actualite

SYNTHÈSE ET RECOMMANDATIONS

Le plan visant à résoudre le conflit dans le Kivu en insistant sur une solution militaire est un échec. Deux ans après le rapprochement entre le président congolais Joseph Kabila et son homologue rwandais, Paul Kagame, les soldats gouvernementaux sont encore aux prises avec les milices pour le contrôle des terres et des mines. Aucune des deux parties a la force de gagner, mais tous les deux ont les ressources pour prolonger les combats indéfiniment. Pendant ce temps, les civils subissent des violences extrêmes et la situation humanitaire se détériore. Les tensions ethniques se sont aggravées en prévision du rapatriement de dizaines de milliers de réfugiés congolais qui ont fui au Rwanda durant les années 1990. Le Conseil de sécurité de l'ONU a assisté à la détérioration de la sécurité dans l'est du Congo sans s'opposer aux décisions de Kagame et Kabila. Une stratégie fondée sur des engagements secrets présidentiels, cependant, ne sera pas apporter la paix au Kivu: l'approche actuelle doit être réévaluée et élargie afin d'engager toutes les communautés locales et préparer l'avenir de la région dans un dialogue transparent qui implique aussi les pays voisins.

Au cours de l'été 2008, le Congrès national du peuple (CNDP), un groupe rebelle congolais alors dirigé par le général tutsi Laurent Nkunda et soutenu clandestinement par le Rwanda, s'est retiré des négociations avec le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC). Une crise majeure a éclaté dans la province du Nord-Kivu, attraper les autorités congolaises et la mission de maintien de la paix de l'ONU (alors appelée MONUC) au dépourvu. La communauté internationale, préoccupée par les conséquences de la conquête CNDP de la capitale du Nord-Kivu, Goma, a lancé plusieurs initiatives visant à prévenir une escalade qui pourrait mener à une confrontation entre le Rwanda et la RDC.

En Novembre 2008, le Président Kabila a tendu la main au président Kagame, son adversaire de longue date, pour mettre fin à la crise. Sans avoir recours à des mécanismes de médiation formelle favorisés par la communauté internationale, les deux dirigeants ont négocié un accord dont le contenu reste secret. L'initiative congolaise a surpris la plupart des partenaires internationaux de la région des Grands Lacs. Ils ont été soulagés, cependant, que les discussions sur une intervention internationale pour stabiliser le Kivu pourraient brusquement fin.

Kabila et Kagame travaillent actuellement à mettre en œuvre les engagements bilatéraux dans leur plan conjoint pour résoudre le conflit dans le Kivu. Il s'agit de deux grandes concessions par Kabila. Tout d'abord, il s'est engagé à répondre aux exigences politiques du groupe rebelle, le CNDP, qui a dans le passé lui a causé le plus de problèmes avec sa base électorale. Deuxièmement, il a accepté de lancer des opérations militaires qui servent plus à satisfaire les intérêts de ceux qui les mener que de protéger la population. Le succès de ce plan, y compris ses composantes politiques et économiques, dépend de la réponse de la population du Kivu à la redistribution du pouvoir local ainsi que la capacité de l'armée nationale (FARDC) pour atteindre des objectifs militaires de Kinshasa.

Le rapprochement des Congolais rwandais a modifié l'équilibre du pouvoir au Nord et au Sud-Kivu. Le général Nkunda a été arrêté en Janvier 2009 et remplacé par Bosco Ntaganda, un criminel de guerre présumé pour lequel la Cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt en 2006. Le CNDP, qui a été initialement créé pour défendre les intérêts de la communauté tutsie, a été intégré et est devenue une partie importante de l'armée nationale. Son agenda politique a été mise au premier plan dans la mise en œuvre d'un accord entre le gouvernement et les groupes armés congolais dans le Kivu. La nouvelle influence acquise par le CNDP est ressentie par les dirigeants des autres communautés qui craignent que cela désavantagerait dans les élections générales prévues pour 2011-2012.

Mais les limites de l'approche politico-militaire conçu à Kinshasa et Kigali ont déjà été atteints. Malgré trois opérations successives menées par l'armée congolaise, la situation humanitaire dans le Kivu s'est détériorée, et les cas d'extrême violence se sont multipliés. Les femmes et les filles, en particulier, ont subi les conséquences de l'impunité et d'un environnement hautement militarisé où le viol est endémique. La population est victime de deux campagnes de représailles des rebelles et des violations impunies des droits de l'homme commises par des soldats congolais.

Le groupe rebelle hutu rwandais, les Forces pour la Libération du Rwanda (FDLR), résiste désarmement par la force en formant des alliances avec les milices congolaises qui refusent l'intégration dans l'armée nationale. Il a été chassé de nombreux sites miniers qu'elle contrôlait auparavant, mais les ressources naturelles n'ont pas encore été mis sous contrôle légitime. Les dissidents du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi cherchent un soutien dans le Kivu ou à créer des coalitions armées transfrontalières. En réponse, il ya des signes croissants de l'ingérence de voisins dans le Kivu.

L'intégration rapide des anciens rebelles, impliquant des présumés criminels de guerre, dans l'armée nationale et leur participation ultérieure à des opérations militaires mal planifiées ont peu fait pour résoudre le conflit dans l'Est. L'effort des Nations Unies pour corriger cours en mettant en œuvre une nouvelle politique de conditionnalité de l'appui de ses soldats de la paix n'a pas affecté le comportement des forces congolaises. La crédibilité de la MONUC - rebaptisée MONUSCO en Juillet 2010 - a été sérieusement ébranlé par son incapacité à protéger les civils mieux.

Pendant ce temps, la lutte pour le pouvoir local a fait état de droit dans le Kivu encore plus problématique. Les conflits fonciers et les tensions intercommunautaires se sont multipliés, exacerbé par des cycles répétés de déplacement. Incohérences non résolus entre le droit coutumier et statutaire mis les chefs traditionnels en opposition aux autorités administratives qui cherchent à mettre en œuvre l'agenda CNDP. Les branches du gouvernement provincial sont des accusations de négociation de la corruption, créant ainsi une crise de la gouvernance locale. Malgré la croissance du commerce dans les villes le long de la frontière et la relance des institutions économiques régionales, le développement économique à long terme reste insaisissable.

Combinés, ces facteurs augmentent le risque d'affrontements inter-ethniques, la désintégration de l'armée nationale et de déstabilisation de la région en raison de l'ingérence voisins. Sauf si l'approche actuelle est élargie pour apporter toutes les communautés d'une manière transparente et un nouvel élan international est créé, la population va continuer à supporter le poids de l'échec des tentatives visant à établir la souveraineté de l'Etat dans le Kivu.

RECOMMANDATIONS

Pour le gouvernement du Congo, ses partenaires internationaux et la MONUSCO:

1. Suspendre les opérations militaires offensives dans l'attente de déploiement Kivu de bataillons formés à l'étranger, y compris les unités formées par les Etats-Unis, la Chine, la Belgique, l'Afrique du Sud et en Angola, et puis:

 

a) déployer les bataillons congolais formés première dans le Masisi et de Rutshuru au Nord-Kivu pour assurer la sécurité de la population, tandis que le contrat Mars 23 2009 entre Kinshasa et les groupes armés congolais est pleinement mis en œuvre et appliquer une pression militaire ciblée sur les FDLR au Nord et du Sud-Kivu, tandis que les partenaires internationaux de surveiller et soutenir ces bataillons sur le terrain;

b) concentrer forces de la MONUSCO sur la protection augmenter immédiatement de la population contre les violations flagrantes des droits de l'homme, y compris par le maintien d'un soutien rapide aéroportée et la capacité de déploiement, déploiements défensifs et des équipes de protection conjointes; aider les territoires nationaux de maintien armée laissés par les FDLR et retrouver congolaise confiance en s'assurant que les règles d'engagement sont activement mises en œuvre et la poursuite de l'arrestation de Bosco et

c) commencer un programme révisé combinée avec un nouveau programme de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR), sous la responsabilité internationale pour traiter tous les soldats qui ont rejoint l'armée nationale depuis Janvier 2008, incluant d'anciens rebelles du CNDP et congolais maintenant associés avec les FDLR, et commencer à réduire les 60.000 troupes dans le Kivu au nombre cible de 21.000 en Janvier 2010, le plan de réforme de l'armée du gouvernement.

 

Pour le gouvernement du Congo et le CNDP:

2. Mettre pleinement en œuvre l'accord du 23 Mars, notamment par:

 

a) de renouveler le mandat du Comité directeur national (CNS), qui a expiré en mai 2010, ainsi que les partenaires internationaux peuvent soutenir et surveiller le système nerveux central par des rapports réguliers sur la mise en œuvre des engagements de chaque côté, et la réouverture des discussions sur les rangs des agents des autres groupes armés congolais qui ont été intégrés dans l'armée nationale;

 

b) nommer les chiffres du CNDP aux institutions provinciales du Nord-Kivu en échange du démantèlement vérifiable des structures parallèles administratives et fiscales du CNDP, sous réserve d'une surveillance MONUSCO et les rapports de la CNS, et arrêter Bosco;

 

c) transfert de la responsabilité de la sécurité du Masisi et de Rutshuru aux bataillons de l'armée nationale formés par des partenaires étrangers et la MONUSCO;

d) engager des troupes qui ont participé à l'opération «Amani Leo» pour rejoindre le nouveau programme de DDR, de sorte que tous les ex-combattants du CNDP sont soit complètement intégrés dans l'armée nationale ou la police ou réinsérés dans la vie civile, et

e) s'engageant à ne pas se livrer à des activités politiques ou militaires avec les dissidents étrangers, y compris ceux du général rwandais Faustin Kayumba Nyamwasa.

Pour les gouvernements du Congo, le Rwanda et l'Ouganda et le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR):

3. Superviser et assurer un environnement sûr pour le retour des réfugiés dans le Kivu, notamment par:

 

a) effectuer un recensement des réfugiés sans papiers qui sont retournés au Kivu depuis l'été 2009, en partenariat avec le HCR lancement d'un processus de vérification de la nationalité et de délivrance de cartes d'électeur aux personnes admissibles avant les élections, et la relance du mécanisme conjoint de vérification Congo-Rwanda-Ouganda pour dissuader l'immigration clandestine dans le Kivu et

b) à partir de rapatriement des réfugiés en provenance du Rwanda et de l'Ouganda dans des conditions HCR, y compris le retour volontaire et la sécurité des zones de retour, les comités locaux de conciliation permanents (CLPC) doit décider si les conditions de sécurité le permettent rendement fondé sur des critères clairs et zones déterminées par la MONUSCO être sous administration parallèle ne doit pas être considéré comme ouvert pour le retour.

 

Pour le gouvernement du Congo:

4. Renforcer les institutions et les capacités pour favoriser la réconciliation intercommunautaire et de la gestion des différends, notamment par:

 

a) développer l'expertise pour gérer les conflits fonciers, y compris une commission foncière pour examiner les titres, le renforcement du STAREC, l'organisation du gouvernement congolais en charge des programmes de stabilisation, comme un mécanisme permanent de résolution des conflits; la mise en œuvre des résolutions de la conférence 2008 de Goma sur la paix et la sécurité, et en consacrant ressources et du personnel supplémentaires prises à travers un processus de recrutement transparent;

 

b) l'autonomisation des institutions provinciales avec des ressources et de l'autorité à répondre aux besoins locaux et en créant le cadre juridique et administratif pour régler les problèmes de représentation et de contradictions entre le droit coutumier et moderne politique minorités ethniques et

c) la tenue d'une table ronde avec les communautés locales, les autorités provinciales et les représentants nationaux pour définir des lignes directrices claires pour l'attribution postes dans l'administration provinciale; carte sur un processus consensuel pour éloigner les communautés locales des groupes armés, et adopter un code de conduite pour les activités politiques dans le Kivu.

Pour les présidents du Congo, du Rwanda, de l'Ouganda et du Burundi:

5. Organiser un sommet extraordinaire de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) à:

 

a) ouvrir des discussions politiques au niveau de chef d'État et présidé par la Banque africaine de développement (BAD) se mettre d'accord sur les questions de mouvements démographiques économique, la terre et, avec le but de former une vision mutuellement bénéfique pour l'avenir de la région des Grands Lacs ;

 

b) d'analyser l'histoire traumatique de la région, de manière à favoriser la réconciliation entre les Congolais et les Rwandais, et

c) s'engager à ne pas s'ingérer dans les efforts légitimes à la consolidation de l'Etat dans l'est du Congo.

 

http://www.crisisgroup.org/en/regions/africa/central-africa/dr-congo/165-congo-pas-de-stabilite-au-kivu-malgre-le-rapprochement-avec-le-rwanda.aspx

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