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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Un seigneur de la guerre est acquitté, faute de preuves

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 19 Décembre 2012, 12:18pm

Catégories : #Actualite

La culpabilité du Congolais Mathieu Ngudjolo n’a pas été prouvée. "Mais..." 
Les juges de la chambre de première instance de la Cour pénale internationale (CPI) ont acquitté à l’unanimité, mardi matin, le Congolais Mathieu Ngudjolo.

Originaire d’Ituri - riche région de la Province orientale, frontalière de l’Ouganda, à l’est du Congo -, ce quadragénaire d’ethnie lendue était poursuivi pour trois chefs de crimes contre l’humanité et sept chefs de crimes de guerre, commis dans le cadre de l’attaque de la localité de Bogoro, peuplée de Hemas, par des milices de l’ethnie rivale des Lendus, le Front des nationalistes et intégrationnistes (FNI), que Ngudjolo dirigeait, et son alliée, les Forces de résistance patriotique en Ituri (FRPI), commandées par Germain Katanga. Le massacre, commis le 24 février 2003, avait fait quelque 200 morts, dont de nombreuses femmes, violées, et des enfants.

"Pas nécessairement"

Mardi, les trois juges - un Français, une Malienne et une Belge - ont estimé, à l’unanimité, qu’il n’avait pas été prouvé au-delà de tout doute raisonnable que Mathieu Ngudjolo était le commandant des troupes qui ont attaqué Bogoro ce jour-là et qu’il fallait donc l’acquitter.

Les juges ont cependant ajouté, selon le communiqué de presse de la cour, que cet acquittement ne signifiait pas, et cela "en aucun cas", que "des crimes n’auraient pas été commis à Bogoro le 24 février 2003". Et d’ajouter "que le fait de déclarer qu’un accusé n’est pas coupable ne veut pas nécessairement dire que la chambre constate son innocence".

"La Libre Belgique" a interrogé Avocats sans frontières (ASF) sur cette curieuse atténuation du verdict. "Cela veut dire que Ngudjolo n’est pas coupable de ce dont il était accusé mais on ne se prononce pas sur autre chose", répond le coordinateur "Justice internationale" d’ASF, Luc Meissner. Cela veut-il dire que le procureur de la CPI a mal préparé son accusation ? "Oui. Il n’a pas pu présenter des preuves convaincantes et ses témoins n’ont pas été jugés crédibles."

Violation des droits de la défense ?

Un second indice de ce mauvais travail du procureur tient dans une autre curiosité du procès. Le cas de Ngudjolo avait en effet d’abord été joint à celui de Germain Katanga, son compère seigneur de la guerre lendu, dont les troupes ont pris part au massacre de Bogoro. Les deux hommes ont été jugés ensemble mais, le 21 novembre dernier, soit six mois après que les conclusions ont été déposées pour les deux accusés et alors qu’on n’attendait plus que le verdict, les juges ont décidé de requalifier le mode de responsabilité retenu jusque-là contre Katanga et ont disjoint les deux affaires.

Certains commentateurs ont soulevé la question d’une possible violation des droits de Katanga car, en suivant cette procédure, l’accusé ne connaît pas la nature exacte des charges retenues contre lui avant la fin du procès. Katanga connaîtra son sort au printemps prochain.

Mardi, alors que l’accusation souhaite faire appel, la cour a ordonné la libération de Mathieu Ngudjolo, qui "doit maintenant dire dans quel Etat il préfère être remis en liberté", a expliqué le porte-parole de la cour Fadi el-Abdallah.

Chef de milice

Mathieu Ngujolo, ancien caporal de l’armée de Mobutu, puis déserteur lors de la déroute du Léopard (1996-97), s’était fait oublier et avait suivi une formation d’infirmier à Bunia, capitale de son Ituri natal. En 2002, toutefois, ayant failli être tué par des Hemas armés, il rejoint une milice lendue avant d’en devenir un des principaux commandants.

Accusé d’avoir tué, en septembre 2003, un chauffeur de taxi-moto hema à Bunia, Ngudjolo est arrêté par les casques bleus de l’Onu alors que, justement, les FNI refusent de collaborer avec ces derniers pour le recensement des milices; il sera libéré l’année suivante, faute de preuves.

En 2005, il participe à une réunion de seigneurs de la guerre d’Ituri à Kampala, le président ougandais Yoweri Museveni continuant à jouer un grand rôle dans l’armement de milices ethniques rivales dans cette région congolaise, dont les richesses sont détournées vers l’Ouganda à la faveur des guerres ethniques. Mathieu Ngudjolo prend la tête de milices ethniques fédérées en un Mouvement révolutionnaire congolais (MRC), qui reprend les violences contre des civils en Ituri.

En 2006, il promet de démobiliser ses troupes en échange d’une amnistie et d’un grade de colonel dans l’armée de Kabila. Il sera arrêté en 2008 par les Congolais et livré à la CPI.



Marie-France Cros 

Mis en ligne le 19/12/2012 

 

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clovis simard 07/04/2013 23:38


LA RÉVOLUTION DES SEIGNEURS DE LA GUERRE(fermaton.over-blog.com)

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