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Le blog de gmanzukula-alternatif-congolais.over-blog.com

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Dans ce blog, il sera question de publier toutes les réflexions, articles, commentaires et opinions à caractère socio-économiques, politiques, culturels et religieux.


Réfugiés rwandais : le piège de Kagame

Publié par Gabriel MANZUKULA Mjrrdcongo sur 24 Octobre 2011, 09:12am

Catégories : #Actualite

Pour la deuxième fois consécutive, le Rwanda est en train de piéger la RDC ainsi que la communauté internationale autour de la gestion des refugiés rwandais. Kigali risque de les « bannir» le 31 décembre 2011. 

Auparavant, toujours Kigali, à l’époque de Habyarimana, déclarait que le « territoire rwandais était étroit» et ne pouvait accueillir des réfugiés rwandais qui devraient se considérer comme des « apatrides». La suite est connue de tout le monde : le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ont envahi la RDC qui continue à payer cette facture qui n’en finit toujours pas.

Kigali a décidé d’appliquer la «clause de cessation» des réfugiés rwandais à tout Rwandais qui n’aura pas regagné le Rwanda au plus tard le 31 décembre 2011. Bien plus, il perdra automatiquement la nationalité d’origine. Voilà la menace de Kagame qui constitue à la fois un piège pour la RDC et la communauté internationale. 

C’est dire que si au 31 décembre 2011, les réfugiés rwandais actuellement à l’extérieur ne regagnent pas le Rwanda, ils ne seront plus Rwandais et les pays qui les hébergent n’auront qu’à se comporter en conséquence. 

Il ne s’agit nullement d’une première menace de la part du Rwanda. Déjà à l’époque de Juvénal Habyarimana, alors président du Rwanda, une déclaration analogue avait été faite. Le président rwandais de l’époque disait que le «Rwanda était très étroit et ne pouvait plus accueillir tous ses ressortissants qui se trouvaient à l’extérieur». Il plaidait pour que les pays d’accueil qui hébergeaient les réfugiés rwandais les adoptent. 

Au lendemain de cette déclaration, le Front patriotique rwandais, FPR, avait pris les armes à partir de l’Ouganda pour rentrer de force au Rwanda, prouvant ainsi à Habyarimana que le Rwanda n’était pas étroit et qu’il y avait de la place pour tous les Rwandais. 

Aujourd’hui, c’est Paul Kagame qui est au pouvoir et tient pratiquement le même discours en interdisant aux refugiés rwandais de regagner leur pays. Une situation qui coûte déjà cher à la République démocratique du Congo. 

KINSHASA DOIT REAGIR

Cette menace, doublée de piège de Kagame, suscite de nombreux commentaires en RDC. Des voix s’élèvent pour inviter le gouvernement congolais à réagir dans le but de tirer au clair cette histoire. 

Approché à ce sujet, le vice-ministre des Affaires étrangères, Ignace Gata Mavita, a déclaré que «le gouvernement de la RDC promet de réagir à la menace d’appliquer la «clause de cessation des réfugiés rwandais». Déclaration faite suite à l’appel des participants à une conférence internationale sur la problématique de la présence permanente des combattants des FDLR dans l’Est de la RDC, tenue le jeudi 20 octobre à Kinshasa. 

Une présence des réfugiés rwandais qui coûte cher à la RDC. Car, selon le dernier recensement, il existe 45.000 réfugiés rwandais au Sud-Kivu et 120.000 au Nord-Kivu. A cause de cette présence, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi ont agressé la RDC en 1996 et depuis lors, la présence des agresseurs en territoire congolais est perceptible tant les FDLR n’ont jamais été neutralisés. 

Si le 31 décembre, Kigali appliquait la «clause de cessation» des réfugiés rwandais, la RDC aura un problème délicat à gérer. En effet, au Kivu, cette présence rwandaise suscite des problèmes, notamment sur le plan foncier. Des autochtones continuent à se plaindre que leurs terres sont occupées par des «étrangers». 

Une telle décision pourrait ainsi s’apparenter à une sorte d’«implantation» officielle des Rwandais en RDC. Il y a donc lieu de craindre des échauffourées entre communautés rivales. Le Kivu pourrait alors se transformer en «Proche-Orient» avec des crises armées qui n’en finiront jamais. 

Kinshasa doit absolument réagir pour autant que cette décision intervient à un moment crucial de l’histoire de la République démocratique du Congo. Celui de l’organisation des élections. Comment expliquer que Kigali prenne cette décision maintenant et pas à un autre moment ? Serait-ce dans le but de soulever les populations du Kivu et perturber le bon déroulement des élections ? La tendance serait de répondre par l’affirmative. Il n’y a pas de hasard. En plus, Kigali n’a rien à perdre s’il avait jugé sage et se comportant en «bon voisin», d’attendre que les élections aient lieu. 

La Communauté internationale concernée

L’ONU, pour ne pas dire seulement communauté internationale, devra également réagir. Cela est d’autant plus vrai et juste que l’ONU porte une grande part de responsabilité dans la situation précaire et d’insécurité qui prévaut dans la sous-région des Grands Lacs avec la présence des réfugiés rwandais en RDC. 

Pour n’avoir pas bien géré «le coup de force du FPR» en prenant le pouvoir par les armes à Kigali, elle avait créé une autre «Palestine» au Kivu. Autre constat d’échec qui a envenimé la situation ; «l’opération Turquoise». 

Le pardon de l’ONU pour les victimes du génocide rwandais en dit long. Partant, l’ONU sait pertinemment bien, par expérience désormais, que les «réfugiés rwandais» demeurent un cocktail détonnant. Mal géré, il explose et plonge toute l’Afrique des Grands Lacs dans l’horreur, l’insécurité. C’est la réalité que l’on vit dans cette sous-région depuis 1994. 

On ne peut donc tolérer le silence de l’ONU devant cette menace de Paul Kagame. Elle devrait procéder de la même manière qu’elle l’avait faite avec la RDC en exigeant avant tout un «Dialogue inter rwandais» pour que les Rwandais se parlent entre eux. Qu’une amnistie soit décrétée de manière à permettre aux Rwandais de retourner dans leur pays en toute quiétude. 

C’est le prix à payer pour le retour définitif de la paix au Rwanda et dans l’Afrique centrale et celle des Grands Lacs. Laisser des hobbies régenter cette paix en imposant des formules alambiquées, des solutions aux populations de cette sous-région, serait souscrire à une instabilité durable dans la région des Grands Lacs. 

Par Le Potentiel

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